Abers Amers BECHARD169

GUILLAUME BECHARD

Abers Amers


Aux éditions PASCAL GALODE EDITEURS *

973

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Le samedi 27 Juin 2010

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Guillaume BECHARD




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Bouquiniste et journaliste, Erwan est un rennais d’une cinquantaine d’années. Son vieil ami Raoul de Tregarec l’invite au mariage de sa fille Haude avec Patrick de Poulfanc, dans sa propriété finistérienne. Pour Erwan, c’est l’occasion de se souvenir de ses années estudiantines. Ils formaient un groupe d’amis défenseurs de la culture bretonne, avec Corentin Kerniel, Dominique Frugy, Raoul, et leur égérie Vefa de Lansulliac. S’affichant toujours dans l’esprit militant, Corentin est devenu banquier. Dominique dirige un magazine, auquel Erwan a longtemps collaboré. Quant à la riche Véfa, elle vit largement de la vente progressive de ses biens. Ce n’est pas le cas de son cousin Raoul, châtelain désargenté. Certes, la belle-famille de sa fille ne compte que de détestables parvenus friqués. Raoul espère pour ses fils un avenir plus brillant, peut-être illusoire.

Erwan a sympathisé avec Annick, qui tient le bistrot local Chez Marguerite. D’un milieu modeste, la jeune femme s’épanouit ici. Après la messe de mariage, où se mêlent petite aristocratie et officiers de la Marine, vient la fête au manoir de Tregarec. Outre le vieil employé Sezni, c’est Annick qui assure le service. Erwan, Vefa et Dominique se regroupent, sans que Corentin se joigne à eux. Soudain, le mariage bascule dans le drame. Aux tables d’honneur, vingt-huit invités sont victimes d’une intoxication alimentaire. Malgré l’arrivée des secours, on ne sauve que provisoirement la mariée. Famille, nobliaux, officiers, sont décimés par un plat empoisonné. Le policier chargé des premières constatations est Arsène Le Bodiec, vieil ami d’Erwan qui le considère comme un fin limier. Il est assisté du flic Lagadu qui, lui, porte un regard suspicieux sur tous les survivants. Il est possible que l’affaire soit accidentelle, des gamins ayant joué avec du poison.

Vefa et Erwan décident de tenter la vie de couple, entre le château de Lansulliac et Rennes. Chez son amie, le bouquiniste pourra consulter la documentation paternelle, afin d’établir un ouvrage généalogique sur cette famille. C’est Vefa qui organise la cérémonie des obsèques pour toutes les victimes. L’enquête se poursuit, Vefa étant interrogée en tant que cousine du défunt Raoul. Larsonnec, vieil officier de Marine rancunier, s’accuse d’avoir empoisonné ces gens dont il était jaloux. Mais son cas relève davantage de la psychiatrie que de la justice. Par Arsène Le Bodiec, Erwan a pu suivre l’évolution du dossier. Le rapport officiel policier amène à clore l’affaire, ce que confirme bientôt une décision judiciaire. Tandis qu’Annick hérite du bistrot Chez Marguerite, Arsène est désormais un heureux retraité. Le couple Vefa et Erwan entretient de bonnes relations avec ces derniers. Pourtant, Erwan s’interroge toujours sur le drame. Un élu local haïssait-il Raoul au point de supprimer l’ensemble des convives ? La généalogie va ouvrir une piste capitale pour Erwan…

Sans doute peut-on parler de “polar régional”, puisque l’histoire est ancrée dans des références bretonnes. D’ailleurs, le fond de l’intrigue s’inspire d’une légende traditionnelle. Si le décor a son importance, c’est bien à travers les personnages que ce suspense trouve son meilleur atout. Issus de familles aristocratiques de souches anciennes (ou plus récentes), ce sont eux qui créent le contexte. Raoul sauve les apparences, Dominique est le plus authentiquement noble du groupe, Vefa ne sait que faire de sa fortune, et le banquier se nomme Kerniel (!). Sans oublier le côté villageois, avec le bistrot d’Annick et ses habitués. Une ambiance bien restituée, dans tous les cas. Même si Erwan reste un détective amateur dilettante privilégiant sa propre vie, et bien que l’enquête n’aboutisse guère, la vérité arrivera discrètement. La tonalité assez enjouée du récit rend ce roman fort agréable à lire.

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Une autre lecture du

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PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Le mariage de la fille d’un hobereau breton dans la panade, situation qu’il tente de cacher à son voisinage et ses relations, avec le fils d’un parvenu est l’occasion idéale pour les retrouvailles de quatre condisciples de l’université de Brest. Parmi ces quatre convives qui ne se sont pas rencontrés depuis des années, échangeant de temps à autre des cartes de vœux et babioles similaires, Erwan Guillerm, bouquiniste et journaliste dans une revue consacrée à couvrir les activités de divers mouvements indépendantistes de par le monde. Son patron Dominique Frugy, il a en horreur sa particule qu’il a effacée, est l’un des ces condisciples et le seul avec lequel il entretient des relations durables, métier oblige, depuis près de trente ans. Il retrouve également Corentin, qui milita très jeune pour la reconnaissance de l’enseignement et de la pérennité de la langue bretonne, est le directeur général de la Banque Internationale Bretonne. Enfin leur hôte le comte – qui a mal géré les siens de comptes - Raoul de Trégarec, et sa cousine Véfa. Entre Véfa et Erwan aurait pu s’établir une histoire amoureuse, seulement la première fois qu’ils se sont déshabillés, la jeune femme portait des sous-vêtements taillés dans le Gwenn ah Du, tissu du drapeau breton, ce qui a annihilé immédiatement sa libido. Pourtant elle possédait une immense fortune terrienne, lui permettant de vivre sans compter jusqu’à la fin de ses jours et même plus. Erwan se rend donc dans le pays Léon, afin d’assister à la noce, et s’installe dans un café auberge tenu par une vieille femme qui n’a rien changé dans son troquet depuis des lustres. Seule nouveauté la présence d’Annick, jeune serveuse qui a délaissé sa Cornouaille à cause d’un patron trop entreprenant. Le banquet, qui se déroule sous un barnum, est conforme à la logique qui veut que chacun soit installé par affinité ou rang social. Les mariés avec leurs parents à une table, les officiers de marine invités à une autre, caste oblige, les anciens amis à une troisième, les édiles du village dont l’adjoint au maire en révolte ouverte contre Raoul élu à cause de sa notoriété nobiliaire et non pour ses capacités, et ainsi de suite. Quatre-vingts convives environ qui se goinfrent de champagne breton (du cidre bouché), de charcuterie préparée au château, et autres cochonnailles issues d’une longue lignée de cochons élevés avec amour au domaine et dégustés avec encore plus d’amour. Le dessert est gâteau de Savoie, fait maison, fourré d’un coulis maison, et uniquement pour les tables d’honneur, saupoudré de petits vermicelles en couleur censés enjoliver la pâtisserie. Pour les autres, comme Erwan et ses amis, du sucre glace, qui barbouille les vêtements comme du plâtre lorsqu’on souffle dessus, et même sans souffler d’ailleurs. Les enjolivures c’est beau mais c’est traître. La preuve, vingt huit convives décèdent suite à l’ingestion de ces vermicelles. Vingt-huit personnes empoisonnées. Selon les déclarations recueillies par les policiers venus enquêter, des gamins se seraient amusés avec des boites contenant des produits nocifs qui trainaient dans un appentis proche. L’inspecteur qui dirige les policiers n’est autre qu’Arsène, un vieux copain d’Erwan, ce qui arrondit singulièrement les angles mais Arsène, proche de la retraite, préfère refiler le bébé au SRPJ de Rennes. Seul son adjoint Lagadu s’accroche à cette affaire comme une sangsue à un morceau de viande bien saignant. Mais Erwan, lui aussi ces meurtres en série le turlupine, découvrira la solution en compulsant les archives lors d’une étude généalogique.

Abers amers est un bon petit roman même si le suspense est dévoilé bien avant l’épilogue et il pourrait sembler au lecteur qu’il ne se passera plus rien. Mais comme les enquêtes policières qui trainent en longueur, ce qui entre nous est aussi bien que d’incarcérer un innocent, tout n’est pas dit jusqu’à la fin. La profession de bouquiniste est éminemment sympathique et ce personnage ne déroge pas à la règle. Il travaille en dilettante mais ses clients ne lui en veulent pas car il lui arrive de fermer boutique pour plusieurs jours, sans raison apparente, et lorsqu’il lève le rideau ses chalands reviennent comme s’il avait toujours été derrière son comptoir. Et puis l’on en apprend des choses en compulsant les archives, comme cette profession obsolète et qui serait interdite aujourd’hui : culotteur de pipes. Des personnes payées pour culotter des pipes neuves. A part quelques petites erreurs de grammaire, qui je pense ne sont que des coquilles, par exemple « Nous aussi on pourrions… », ce roman est plaisant à lire et j’attend le prochain de cet auteur qui aime apparemment sa Bretagne sans en faire une apologie à outrance.
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