L'innocence Des Bourreaux ABEL163

BARBARA ABEL

L'innocence Des Bourreaux


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Le mercredi 14 Mai 2015

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Barbara ABEL




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Une supérette ordinaire quelque part dans l'agglomération parisienne, rue des Termes. En ce vendredi de mai, le patron Gilbert Delcroix s'en va, laissant son employé âgé de vingt-quatre ans, Guillaume Vanderkeren, s'occuper de la clientèle. Le jeune homme remplace son amie Camille, qui a un rendez-vous urgent chez le gynéco.

Il n'y a pas foule cet après-midi. Léa Fronsac s'est absentée de chez elle, ayant besoin de couches pour son enfant de trois ans, Émile. Germaine Dethy, irascible octogénaire en fauteuil roulant, est accompagnée de son aide familiale pour faire quelques courses. Aline, quadragénaire, a bousculé son fils Théo, ado captivé par les jeux et les écrans, l'obligeant à la suivre pour aller voir le grand-père, en passant par la supérette. Comptable marié, Thomas vient de tromper sa femme avec Sophie, jeune réceptionniste ayant parié de le séduire. Ensemble, ils ont des achats à faire. Et puis, il y a Joachim Fallet.

Jo est un junkie de dix-neuf ans. Énervé, car il a besoin de drogue. Rageur, car il lui faut du fric pour en acheter. Déterminé, car il possède un petit flingue chargé. Braquer une supérette anonyme, ça lui paraît à sa portée. Effectivement, l'effet de surprise va jouer. L'employé Guillaume n'a pas de raison de résister, pour à peine deux cent Euros dans sa caisse. Arme en main, Jo réalise sa puissance, et la terreur qu'il inspire aux gens présents. Un instant de pouvoir excitant. Pas de motif de s'apitoyer sur la détresse de Léa qui pense à son petit garçon, ni d'avoir de sentiment charitable envers les autres clients. Chacun est solidement attaché, tandis que le rideau métallique de la supérette est baissé. Personne ne viendra ainsi perturber le braquage de Jo.

La corpulente aide familiale de Germaine est victime d'une attaque cardiaque fatale. Ce qui ne choque guère son employeuse, mais aggrave le cas du junkie. Un défibrillateur ne servirait pas davantage que les massages cardiaques prodigués par Aline pour sauver la victime. C'est alors qu'intervient Théo, l'adolescent attendant sa mère à l'extérieur, ayant compris qu'il y avait un problème. Ce qui va causer immédiatement une pagaille générale dans la boutique. La situation dégénère très vite. Il suffit d'un coup de feu pour devenir un assassin. D'autant moins excusable quand on tire dans le dos de quelqu'un qui ne vous met nullement en danger. La plus claire des conséquences, c'est que les clients-otages deviennent des témoins gênants. “Cinq ennemis à abattre” ?

L'un d'eux est sévèrement blessé d'une balle au genou, alors qu'il tentait de réagir. Germaine est emmenée par les fuyards : étant impotente en fauteuil roulant, elle ne risque pas de leur fausser compagnie. “La vieille dame ne se laisse pas démonter, au mépris des menaces qui pèsent sur elle. Elle est insupportable, mais sa gouaille et la verdeur de son tempérament forcent l'admiration.” Dans la supérette, une autre victime sera à déplorer. Quant au petit Félix, huit ans, il aura son rôle à tenir dans cette aventure. Il est probable que le pedigree de certains clients intéresse la police, le moment venu…

Grâce à cet excellent roman, voici une nouvelle occasion de saluer le talent de Barbara Abel. Plutôt que le qualificatif commercial de "thriller", supposant très souvent des effets morbides ou du grand spectacle, préférons-lui celui de "suspense". Notion plus mesurée, qui inclut autant de tension dans le récit. N'oublions pas que, chez cette auteure, point de super-héros : c'est à partir d'un quotidien absolument normal que se développe l'intrigue, afin de lui apporter toute son intensité. Un braquage virant à la prise d'otage, la routine bascule vers le drame. Évocateur et crédible, puisque personne ne peut se croire à l'abri d'un fait divers de ce genre.

Rares sont les réels actes de bravoure autour de nous, ils n'apparaissent donc pas indispensables dans la fiction. Par contre, les petites lâchetés ou les éventuels secrets de chacun, l'inquiétude d'une jeune mère ou un certain cynisme chez une mamie, une mère protectrice ou un mari infidèle, ce sont des faits ou des traits de caractères proches de l'authenticité. Barbara Abel sait nous faire partager l'état d'esprit de ses personnages, ne leur faisant "pas de cadeaux" si la suite des évènements en dépend. La vie n'est pas exempte d'ironie, parfois. Un suspense captivant à souhaits !

Retrouvez
CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

L'innocence Des Bourreaux

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 14 mai 2015. 320 pages. 18,50€.

Tous à terre ! Le premier qui bouge, je le bute !

Il se fait comprendre quand il veut, Joachim Fallet, jeune drogué en manque et désargenté. Les rares clients de la supérette et le caissier sont stupéfaits et interloqués à cette annonce brutale qui les dérange alors qu'ils déambulent dans les travées.

En ce vendredi midi, il n'y a guère de chalands dans le magasin sis dans un quartier résidentiel. C'est ce qui a poussé Joachim, affublé d'une cagoule, à entrer et braquer le caissier. Il lui faut de l'argent au plus vite afin de s'acheter sa dose.

Une quadragénaire et son gamin de quinze ans, qu'elle a eu du mal à emmener avec elle, lui arrachant sa manette de jeu vidéo et balançant son téléphone portable avant de l'entraîner. Théo n'était pas emballé pour rendre visite à son papy, qui ne se souvient même pas de son nom et l'oublie aussitôt le seuil franchi. Non, Théo aurait préféré rester chez lui les yeux rivés sur son écran à s'abrutir devant un jeu de massacre. Elle l'a traîné presque de force et installé dans la voiture. Pour l'heure il n'est pas encore dans le magasin, il est assis à la place du mort, attaché sur le siège avant du véhicule.

Une vieille dame impotente, posée sur un fauteuil roulant conduit par une sexagénaire, son aide familiale, dame de compagnie, femme de ménage infirmière intermittente. La vieille dame est du genre acrimonieux, toujours à critiquer négativement tout ce qui constitue son quotidien, et surtout à houspiller son accompagnatrice.

Un couple adultère qui vient de passer un bon moment entre les draps défaits d'un hôtel proche. Eux aussi ont la mine défaite d'ailleurs. Et adultère pas trop. Lui il est marié, elle est célibataire. Adultère à moitié donc. Il a fourni à son patron un prétexte fallacieux pour justifier son absence, elle avait une liste de courses à acheter, et ils en ont profité pour comparer leur anatomie et plus si affinité.

Une jeune mère de famille, qui vit seule avec son gamin de trois ans, est descendu précipitamment de chez elle afin de palier un manque d'ingrédients, laissant son gamin scotché devant des dessins animés.

Et puis le caissier qui a remplacé au débotté sa collègue malade, enceinte paraît-il de ses œuvres, le résultat de l'unique fois où ils se sont retrouvés ensemble dans le même lit.

Huit personnes donc face à un homme en manque et surtout face à une arme à feu. Dévaliser la caisse, demander à tous ceux qui sont là, tétanisés, de vider leurs poches, de balancer leurs portefeuilles, et attendre le bon vouloir du braqueur qui se demande maintenant ce qu'il va faire de ses otages. Baisser le volet roulant afin d'empêcher d'autres clients d'entrer, et puis les attacher, et enfin prendre la poudre d'escampette. C'est sans compter sur l'impondérable, ce grain de sable qui n'était pas invité dans cette petite réunion.

D'abord la dame de compagnie qui rend l'âme en même temps que son cœur qui lâche, et d'autres incidents qui bientôt vont transformer le braquage en drame. Surtout quand l'ado, qui trouve que sa mère n'est pas assez rapide et étonné de voir le volet roulant s'abaisser, s'invite dans cette supérette-partie, prenant de revers le voleur surpris.

Avec brio Barbara Abel nous délivre un suspense implacable, décrivant tout d'abord les affres de ce drogué en manque, déclencheur de drames, puis revenant quelques moments en arrière afin de nous présenter les différents protagonistes de cet début d'après-midi mouvementé. Avec toutefois quelques cachoteries de bon aloi qui entretiennent le suspense.

Et le lecteur pourrait, à juste raison, penser que cette histoire va se clore avec l'arrivée salutaire de la cavalerie, gyrophares bruyants en guise de trompettes de la victoire. Eh non ! Car Barbara Abel, en romancière perverse (c'est un peu fort comme vocable mais c'est bien pour démontrer tout le talent de conteuse déstabilisante qui l'anime), nous offre une vie après la vie, un enchaînement inéluctable de scènes tragiques teintées parfois d'humour noir.

Car certaines victimes de ce braquage, ou ce qu'il en reste, ne réagissent pas selon des critères bien définis. Les moralisateurs et les technocrates peuvent toujours édicter leurs consignes à respecter lors d'un hold-up, on ne sait jamais quelle sera notre réflexe dans ce genre de situation particulière, le subconscient et le caractère inhérent à chaque individu réagissant parfois différemment à ce qui est programmé.

Un roman beaucoup plus sensible et percutant, à mon avis, Que derrière la haine et Après la fin, dont les prologues dévoilaient trop l'épilogue, ôtant de ce fait le sel de l'intrigue et la montée en puissance du suspense.

Retrouvez
PAUL MAUGENDRE
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