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MEGAN ABBOTT

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Le samedi 8 Novembre 2009

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Megan ABBOTT




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

1951. Après avoir été reporter pour le magazine Cinestar, Gil Hopkins (dit Hop) est attaché de presse pour un studio hollywoodien. Son rôle consiste autant à écrire des communiqués de presse optimistes qu’à résoudre des situations à problèmes. Par exemple, il fait preuve de diplomatie avec la capricieuse starlette Barbara Payton. L’épouse de Hop, Midge, l’a quitté après un mariage orageux. Elle a rejoint Jerry, journaliste confirmé et meilleur ami de Hop. L’attaché de presse est contacté par Iolene, une actrice métis. Celle-ci éprouve toujours des remords après la disparition de son amie Jean Spangler, deux ans plus tôt. Dans cette affaire très médiatisée, Hop n’avoua pas tout ce qu’il savait à la police.

Le 7 octobre 1949, la starlette Jean Spangler quitte ses proches, prétextant un tournage de nuit. On ne retrouvera d’elle que son sac à main dans un parc, et quelques mots écrits à la hâte. Sur ce billet, elle cite un Dr Scott et un nommé Kirk. L’acteur Kirk Douglas prouve vite qu’il n’est pas concerné. Divorcée, peut-être enceinte, elle était l’amie de Davy Ogul, mafieux membre du gang Cohen. En réalité, Gil Hopkins fut un des derniers à croiser Jean Spangler. Avec Iolene, ils faisaient partie d’un groupe de fêtards s’enivrant au club Eight Ball. Il y avait aussi le duo Merrel et Sutton, stars de comédies musicales patriotiques, adulés par un public populaire. Quand ils buvaient à l’excès, Gene Merrel et Marv Sutton s’avéraient violents et pervers avec les femmes. Leur agent Bix Noonan, présent ce soir-là, ne pouvait pas faire grand-chose pour les calmer. Séduit par une peu farouche Miss Hotcha, Hop partit avant la fin de la nuit.

Iolene, qui avait quitté les fêtards au miteux club Red Lily, se sent en danger et se cache. À l’issue d‘une nuit d’ivresse, Hop raconte ce qu’il sait de l’affaire Jean Spangler à la jeune reporter rousse Frannie Adair. Le lendemain, il est conscient d’avoir trop parlé, mais se sent capable d’arranger ça. Néanmoins, Frannie mène sa petite enquête. Ce n’est pas son épouse Midge qui aidera Frannie, dénigrant Hop, quand la journaliste lui téléphone. Tout en surveillant le jeune femme, Hop recueille des témoignages sur la fameuse soirée. Bix Noonan confirme que Merrel et Sutton sont allés avec la disparue au Red Lily. Barbara Payton cite un exemple de la perversité du duo.

Hop retourne au club Eight Ball, où traîne toujours Sutton. Son compère Merrel serait soigné pour une maladie vénérienne, apprend plus tard Hop. C’est au Red Lily qu’une petite prostituée témoigne de la fin de cette fameuse nuit. Jamais Frannie ne s’approchera de cette vérité-là. D’autres révélations encore plus surprenantes attendent Hop. Un ancien cabinet médical lui offre une piste inattendue. Iolene et Jean Spangler se livraient à un jeu dangereux…

Ce roman est basé sur une véritable affaire de disparition, qui fut largement médiatisée à l’époque. Comme pour le Dahlia Noir, elle ne fut jamais résolue. Dans la réalité, ce furent les proches de Jean Spangler qu’on suspecta, mais Meg Abbott choisit une version bien différente et fort convaincante. Elle reconstitue à la perfection les coulisses hollywoodiennes de l’après-guerre. À l’opposé du mythe de l’usine à rêve, c’est la sordide face cachée de cet univers qu’elle nous présente. Les nuits orgiaques y étaient courantes, donnant parfois lieu à des scandales pas tous étouffés. Que certains comédiens célèbres aient été des salauds, sans doute. Néanmoins, l’auteur se refuse à une hypocrite candeur. Les starlettes d’alors se comportaient tout bonnement comme des putains, avides de fric et de relations dans le cinéma. Quand elles obtenaient une petite notoriété, telle Barbara Payton, leur vie chaotique amenait une dégringolade plus rapide que leur ascension. Rares étaient celles qui s’en sortaient à peu près indemne.

Gil Hopkins incarne un de ceux qui bâtirent la légende dorée d’Hollywood. Médiateur efficace, il sait atténuer les problèmes, s’assurer que rien ne ternira l’image des stars, inventer des versions positives. Ambitieux ou arriviste, il se donne à fond pour être respecté dans ce petit monde qui ne respecte pas grand-chose. À sa façon, même si la “vraie vie” n’a plus grand sens pour lui, il reste honnête. Deux ans après les faits, il a sincèrement envie de savoir ce qu’il est advenu de Jean Spangler. Un héros à la fois pitoyable, culpabilisant au sujet de cette sombre affaire, et touchant dans sa volonté maladroite de comprendre les faits… On s’installe avec délectation dans ce récit captivant. Un roman remarquable, un pur régal noir !

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Une autre lecture du

Absente

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Traduction de l’américain par Benjamin Legrand 

« Il commençait à en avoir marre de ces conversations où il ne parvenait à suivre que des murmures de sens ». Une phrase qui nous plonge dans l’univers de l’écriture de ce roman. Du moins dans les premières pages car les dialogues sont souvent décalés, comme si les personnages poursuivent leur idée sans écouter la réponse de leur vis-à-vis. En 1949 une jeune actrice, Jean Spangler, sort de chez elle après avoir embrassé sa jeune fille pour se rendre théoriquement sur un tournage nocturne. Elle ne donnera plus jamais signe de vie. Son sac à main sera retrouvé dans un parc non loin de son domicile. Une disparition incompréhensible. Et il semble qu’Hollywood soit sujet à ce genre de disparitions inexpliquées seulement la police se casse les dents, n’ayant aucun piste fiable lui permettant de s’orienter. Un billet a bien été retrouvé dans le réticule de Jean Spangler et l’énoncé énigmatique et quelque peu obscur « Kirk, je ne peux pas attendre davantage, je vais voir le docteur Scott. Ce sera bien mieux comme ça, pendant que ma mère est absente ». Le nom de Kirk Douglas est évoqué, vaguement annoncé, mais cela ne va pas plus loin. Deux ans plus tard, Gil Hopkins, familièrement surnommé Hop, est amené à rouvrir le dossier. Hop, à l’époque de la disparition était journaliste pour le magazine Cinestar et était employé par une compagnie cinématographique, chargé de s’occuper de tout ce qui pourrait éventuellement nuire à la réputation des studios et de résoudre les problèmes dans l’intérêt de ses employeurs. Chargé depuis des relations presses, il reçoit dans son bureau une ancienne connaissance, Iolène, qui semble quelque peu apeurée et lui demande s’il se souvient de la disparition de Jean Spangler. Une nuit qu’il n’est pas prêt d’oublier, d’autant que lui-même était aux premières loges, ayant bourlingué en compagnie de Iolène, Jean et quelques autres dans différents bars de la ville. Avant que Jean s’éclipse pour ne plus jamais réapparaître. L’intrusion de Iolène, qui ne cesse de se remémorer cette nuit tragique, dans sa vie professionnelle va amener Hop à se replonger dans son passé, dans les coulisses du cinéma, à fréquenter de drôles de personnages, des acteurs qui ne sont pas si comiques que cela, du moins hors des studios, à ingurgiter force boissons alcoolisées, et à se poser moult questions qui restent sans réponses.

L’affaire Jean Spangler, tout comme celle du Dahlia Noir en 1947, a été évoquée par Steve Hodel dans un ouvrage publié en France en 2004. C’est donc à partir d’un fait divers réel que Megan Abbott a construit son roman mais en mettant en scène des personnages fictifs. Les duettistes Sutton et Merrell n’ont heureusement pas existé, dont on ne soit pas sûr qu’ils ne soient pas la transposition d’acteurs qui eux ont réellement sévi à Hollywood, les jeunes filles naïves qui débarquaient avec des étoiles pleins les yeux et se retrouvaient à végéter comme serveuses et plus si affinité, les malfrats, les bas fonds d’une cité qui rayonnait d’une aura magique, les coups bas et les coups durs enregistrés par une flopée de grossiums et de minables, représentent l’envers du décor, un envers sulfureux, un décor de pacotille enveloppé de dorures. Et Megan Abbott délivre un épilogue convaincant à une affaire qui est restée en point de suspension. On aimerait y croire, et puis après tout, ce n’est qu’un roman. Mais un roman puissant, plus fiable que certaines résolutions d’affaires criminelles relatées dans les faits divers journalistiques. Après l’appréhension ressentie à la lecture des déclarations et appréciations de ses confrères, je confirme que Megan Abbott est un écrivain dont l’avenir semble bien engagé. Quant à la qualifier de nouvelle Reine du roman noir, on attendra ses prochains ouvrages pour en juger.

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PAUL MAUGENDRE
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Une autre lecture du

Absente

de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY

Megan Abbot, quintessence rêvée des années noires 

« Absente » Livre de poche 2011, sonatine 2009

Traduite par Benjamin Legrand

 J’ai beau surveiller attentivement les sorties chez « Sonatine », celle-là m’avait échappée. C’est pour cela que je découvre avec ravissement « Absente » de Megan Abbott grâce à sa sortie en livre de poche.

Hollywood, début des années 50. Vie de stars, de starlettes. Strass et paillettes, mais aussi avorteurs et bouis-bouis sordides.Pour une fois, le héros n’est ni flic, ni même détective. Pas davantage journaliste, ou plutôt, plus journaliste. En effet, après quelques années de piges à tirer le diable par la queue, Gil Hopkins est devenu attaché de presse pour un gros studio de cinéma. Sa fascination pour les femmes aux jambes interminables, tout à la fois attachantes et désespérantes, en fait un homme grandement vulnérable quand bien même lui se pense en acier inoxydable. Iolène, exotique danseuse de revue, troublante femme de couleur, vient titiller la mémoire de Gil. Se souvient-il de la disparition de Jean Spangler, brune affolante ? Ce soir-là, Jean, Iolène et Gil ont arrosé la nuit au bourbon. Puis Jean est partie, en compagnie de deux comédiens, de ceux que le boulot de Gil consiste à pouponner.

Tu veux un peu d’héroïne ? Une fille ? Un taxi ? Il faut arroser un journaliste, ou le manipuler, qu’il oublie une frasque, un cliché compromettant ? Gil est l’homme de la situation. Il est là, payé pour ça. La disparition de la trop jolie Jean Spangler aurait pu compromettre un duo masculin incarnant à lui seul l’esprit patriotique d’une Amérique victorieuse. Alors Gil efface les traces. S’il était aussi cynique qu’il le pense, ce ne serait pas un problème, mais Gil a le cœur beaucoup trop tendre et l’âme trop chatouilleuse.

S’imbibant avec conscience de whisky, craquant pour les filles du Middlewest venue chercher la gloire, s’arrachant le cœur à ne plus vouloir aimer sa femme, Gil va mettre en marche sa cervelle et ses réseaux…Megan Abbott a créé là un personnage mélancolique, infiniment touchant dans sa fragilité qu’il nie. Gil avance en effet, dans une errance affective, navigant de sourires en cœurs brisés, sans aucune illusion sur ces femmes qui le fascinent, prêtes à tout pour une miette de gloire.

Son style rutile de réalisme transcendé et pourtant, Megan Abbott affronte tous les décalages : héros masculin quand elle a tout elle, de la fragile poupée, et décalage temporel, remontant à la jeunesse de nos (grands-) mères quand elles abandonnaient l’idée du corset. Le ton sonne étonnamment juste, quand Gil appelle « Poupée » une blonde sculpturale au chemiser ajusté… Les romans de Megan Abbott sont progressivement traduits en France, et c’est bonheur de découvrir son talent ! 

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JEANNE DESAUBRY
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