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JOHANN ZARCA

Le Boss De Boulogne


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Le dimanche 16 Fevrier 2014

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Johann ZARCA




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Y-a-t-il un traducteur dans la salle ?

Doit-on chroniquer en bien un livre qu'un auteur vous a dédicacé ?

La courtoisie aidant, je serais tenté de dire oui. Mais si on réfléchit bien, la flatterie est un produit hypocrite et la notule s'en ressent. Ne pas en parler serait le plus simple. Oui mais, les goûts des uns n'étant pas forcément ceux des autres, et qui aime ou déteste un roman n'a pas forcément raison. Un roman est bon pour les uns et complètement nul pour les autres. Alors soyons réaliste, franc et avant de dire si j'ai pris du plaisir avec ce roman ancré dans notre époque, étudions l'histoire.

Le Narrateur possède un curriculum vitae plus impressionnant que celui d'un patron du CAC 40, et pourtant ceux-ci accumulent les satisfécits qu'ils se décernent sur le dos des petites gens. Consultons son palmarès :

Condamnations pour vandalisme, baston, vol avec violence, outrage à agent, baston, stup, encore stup, agression, rébellion, vandalisme, baston.

Après avoir purgé une peine de quatre mois de prison, il retrouve ses potos (l'on sent l'influence de l'écriture rapide liée à l'envoi de messages électroniques, car normalement l'on écrit Poteau, en référence à ce bout de bois qui sert à s'appuyer dessus, lequel est un copain sur lequel on peut compter. Théoriquement !), lesquels potos lui proposent de fêter l'événement. La sortie en boîte, ce qui est un non-sens parce que en général on y entre, est déclinée. Le narrateur préfère une petite virée au Bois de Boulogne. Il veut se refaire en proposant de la drogue, du foin amélioré et autres produits toxiques aux prostituées et éventuellement à leurs clients.

Aussitôt la virée s'élance, deux voitures occupées par Souleymane, Makita, Youssouf, Vamp, Miki, Ahmé ou encore Farid, une escapade sur les chapeaux de roues. Mais le coin du Bois que Le Narrateur et ses comparses ont élu comme base est envahi par des Brésiliennes. Enfin, plutôt des Brésiliens, des travestis, des transsexuels. Et le Brésil n'est pas la seule nation représentée. Bien éméchés par les diverses boissons alcoolisées qu'ils ont ingurgitées, et qu'ils continuent de boire en abondance, ils agressent verbalement et physiquement les résident(e)s. Leurs neurones sont atteints par l'éthylisme et la drogue et ils ne se contrôlent plus. Ségrégation, ostracisme, pointe de racisme, ils portent ces sentiments malsains comme un étendard. Pourtant ils se méfient de la maréchaussée qui rôde et à la moindre alerte se cachent dans les buissons et les chemins environnants. Pourtant ils arrivent à alpaguer quelques clients en manque, des prostituées aussi. Il faut être réaliste et pragmatique. Même s'ils se montrent comme des êtres abjects, ils pensent aussi à leurs portefeuilles. Et ils vont faire la connaissance de Paola...

J'ai arrêté à ce moment ma lecture, incapable de continuer, aussi je vous livre le reliquat de la quatrième de couverture : Le business fait florès jusqu'au jour où Paola, un trans brésilien, véritable star du Bois, est assassiné. La police quadrille tout le secteur. Mauvais pour les affaires. D'autant que ce meurtre n'est que le premier d'une longue série des plus violentes.

Verdict :

Sur le fond, nous lisons une banale histoire de drogue, de violence, de prostituées et de meurtres déjà surabondamment exploitée par le passé. Seule la forme est nouvelle dans l'emploi d'un langage issu de Nord, du Sud, de l'Ouest ou de l'Est, sans oublier l'argomuche parigot, dans un amalgame complexe d'idiomes, d'un pot-pourri de néologismes, de verlan, d'argot manouche le tout assaisonné par le rebeu (le beurre en verlan ?). Là encore l'argot fut une forme d'écriture dans les années cinquante qui mit en avant des auteurs comme Simonin et Bastiani. Mais ces deux romanciers, s'ils écrivaient en langue verte, sans emprunter à d'autres formes qui aujourd'hui sont l'apanage, parait-il, des marginaux des cités, ont eu l'élégance et la courtoisie de placer en fin de volume un lexique ou un glossaire.

En mon âme et conscience, je peux vous avouer que si je n'ai pas aimé, ce qui ne veut pas dire que ce roman est mauvais, car tout est subjectif, des lecteurs âgés entre vingt et cinquante ans s'en délecteront peut-être, retrouvant un quotidien et un vocabulaire auquel je ne suis pas habitué.

Mais si je vous proposais un petit exemple :

Souleymane à l'avant finit de rouler un djockoss. Il ne tise pas Souleymane, c'est haram. Mais il se rattrape comme il faut sur le bédo. Il éclate son splif et fait tomber une boulette sur le siège. Le Rabza le grille en force et s'énerve : "Putain mais fais belek, cousin ! T'es un bouffon ou quoi mon gars ? Elle est à mon daron, la gova, pas à moi !"

Et oui, il faut s'adapter, lire et relire et enfin assimiler ce dont il s'agit. On comprend, avec un petit effort, ce que l'auteur veut écrire. Mais s'il ne s'agissait que d'un paragraphe, ce serait un moindre mal. Non, le lecteur déboussolé (moi) n'a pas réussi à garder son attention durant cent-quatre-vingts pages. Et s'il ne s'agissait que de l'écriture, cela pourrait encore passer, quoique, mais je n'adhère pas à ces énergumènes qui se conduisent en voyous arrogants et malsains.

Nous n'avons pas les mêmes valeurs !

Ce qui ne m'empêche pas de vous signaler que Johann Zarca possède un site que vous pouvez consulter gratuitement :

Le mec de l'underground.

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