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Russell WANGERSKY




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

À Saint-Jean, capitale de la province insulaire canadienne de Terre-Neuve, entre l'estuaire du fleuve Saint-Laurent et l'Atlantique. Anonyme parmi les deux cent mille habitants de cette agglomération, le quinquagénaire Walt vit dans McKay Street. Il a longtemps été marié avec Mary, qui n'est plus là. En repensant parfois à son épouse, Walt admet que leur couple fut déséquilibré. Parce qu'en se mariant, elle voulait surtout fuir sa famille. Et parce que leur foyer resta sans enfants. Peu de relations de voisinages, non plus. Il faut dire que dans le couple Quinton, par exemple, le mari était horripilant. Ça se résume, depuis qu'il est seul, à de la politesse minimale. Solitaire par nature, Walt préfère la pêche à la mouche en rivière, dans les décors vallonnés et boisés de Terre-Neuve.

Il est employé d'entretien dans un supermarché. Sa marotte consiste à collectionner les listes d'achats jetées par certains clients. Il réussit quelquefois à trouver l'adresse de la personne concernée, puis à repérer le plus discret poste d'observation pour la surveiller. Walt n'est pas un voyeur pervers, un agresseur sexuel. C'est son hobby, il est poussé par la curiosité. Ces derniers temps, il cible une femme de vingt-cinq ans, Alisha Monaghan. D'autant plus facilement qu'elle raconte sa vie sur son compte Facebook. Son voyage au Mexique, entre autres. Ce qui permettra à Walt une visite clandestine en son absence, chez elle. Alisha a la sensation d'être pistée, elle découvrira des traces de l'intrusion. Mais les impressions ne sont pas suffisantes pour convaincre la police, ni même ses parents.

Séparé de sa compagne Julie, l'inspecteur Dean Hill fait maintenant équipe avec le sergent Jim Scoville, au sein de la Gendarmerie Royale de Terre-Neuve. Une unité placardisée, que l'on charge d'affaires mal élucidées. Telles les quatre ou cinq encore récentes disparitions de femmes. Le cas de Mary, l'épouse de Walt, trouble Dean Hill. À cause de l'indifférence affichée du mari, en particulier quand ils mènent une énième perquisition à son domicile. Sans inquiétude face à la police, Walt dit ignorer ce qu'est devenue Mary, voilà tout. On ne va pas l'enquiquiner pour ses listes de courses des clientes. D'ailleurs, la police va arrêter bientôt un maniaque, suspect de plusieurs agressions. Les cas de Mary et de Lisa Tapper, autre disparue, ne sont pas résolus pour autant. Pour Dean Hill, Walt est le coupable.

L'année précédent son départ, Mary se montra toujours plus indépendante. Bénévole à l'hôpital St Clare's, elle s'intéressa de près au Dr Patterson. Walt s'infiltra aux urgences, à plusieurs reprises, afin d'observer leur comportement. Peut-être davantage une façon de se prouver qu'il pouvait passer inaperçu, que vraiment par jalousie. Par ailleurs, la cabane isolée en forêt près d'une rivière où Walt aimait se relaxer, il n'a jamais averti la police que s'y trouvait un cadavre de femme. Certes, comme pour Alisha Monaghan, Walt a ses petits secrets. Manquant de preuves malgré le harcèlement policier, les interrogatoires par Dean Hill et Jim Scoville ne semblent toujours pas perturber Walt…

Avant d'aborder le côté suspect de l'affaire, il serait dommage de ne pas retenir l'aspect sociologique de ce roman. Avec la détestable attitude des clients de supermarchés : “Le seul fait d'être un employé vous rend invisible aux yeux des clients, du moins jusqu'à ce qu'ils aient besoin de vous. Et quand on est chargé de l'entretien, c'est encore pire… Pareil avec les caissières. À croire qu'elles ne sont pas censées entendre quoi que ce soit...” La courtoisie et le respect ont disparu, signe de l'individualisme régnant dans notre monde. En tant que piéton, Walt aimant marcher dans les rues pentues de Saint-Jean, il est tout autant invisible des chauffards. Quant aux "listes de courses", elles sont révélatrices de nos vies, c'est exact. Et puisque de nos jours, telle Alisha, chacun étale ses faits et gestes via les réseaux sociaux, que l'on ne viennent plus réclamer de la confidentialité.

Au centre de l'intrigue, le débonnaire Walt est en partie victime du regard des autres : “Comme je suis un solitaire, les gens se figurent que je me crois supérieur et, à coup sûr, ça indispose la police. On entend tout le temps des histoires sur des flics qui s'en prennent à quelqu'un uniquement parce qu'il paraît bizarre – "C'est forcément lui. T'en connais, toi, des mecs qui jouent du hautbois ?". Ou ce genre de trucs. Ils ont même un mot pour ça : le "rétrécissement du champ visuel". Il leur suffit de trouver un type à l'air étrange et de chercher toutes les raisons pour lesquelles il a forcément fait quelque chose.” Il ne faut pas grand-chose, c'est incontestable, pour désigner un quidam comme suspect. Limiter sa "vie sociale", avoir le goût de s'isoler, choisir le rythme de son existence, sont-ce des critères déterminants qui autorisent à accuser sans raison factuelle ?

À travers sa narration personnelle, avec des images passées et sa vie présente, le portrait de Walt se dessine progressivement. Non sans conserver un certain flou. Soulignons que la notion de voyeurisme est parfois abusivement associé aux pulsions sexuelles. C'est plus subtil dans la tête de Walt. L'inspecteur Dean Hill a lui aussi quelques états d'âme, bien plus que son collègue Jim Scoville. Il faudra bien qu'ils obtiennent des résultats, quand même ! Quelques intermèdes nous présentent encore la jeune Alisha, "victime" jusqu'à quel point ? Non dénué d'un aspect sociétal, un suspense troublant qui installe un certain malaise. Ce dont on ne se plaindra pas, car ce roman est très prenant.

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