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MARC VILLARD

Sur La Route Avec Jackson


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Le vendredi 23 Novembre 2018

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Marc VILLARD




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En 1956, dans l’est des États-Unis. Patti Fraser –“vingt-cinq ans, cheveux courts, poitrine menue, et cerveau légèrement supérieur à ceux qu’on rencontre en Nouvelle-Angleterre” – est originaire du Vermont. Vivant alors dans le Maine, Patti se montre rassurante avec sa mère Rachel au téléphone. Pourtant avec son frère aîné Dan et un ami à lui, Steeve, ils ont formé un petit gang à trois. Ce jour-là, c’est une banque de la ville de Bingham qu’ils vont braquer. Pas vraiment de résistance de la part des employés et clients présents. Le trio dérobe environ 38.000 dollars en billets – marqués, qu’il sera difficile d’écouler. Plus deux tableaux se trouvant dans la salle des coffres. Après avoir buté un policier, Steeve est lui-même blessé, sans que ça gêne de trop leur fuite à tous les trois.

Patti se renseigne par téléphone auprès de sa mère, amatrice d’œuvres d’art, sur la valeur des deux toiles volées. Rachel connaît parfaitement la célébrité de leur auteur, Jackson Pollock. Dont chacun des tableaux abstraits obtient une cote faramineuse. Si les billets de la banque sont inutilisables en l’état, les toiles de Pollock sont invendables. À moins de les négocier en s’adressant au peintre ? se dit Patti Fraser. Mais il y a belle lurette que Pollock a sombré dans l’alcool, dont il n’émerge qu’en de rares moments. Comme quand il explora en 1951 les rites indiens et les arts navajos, son ami Edgar Dashee lui ayant servi de guide sur leur territoire. Encore que, cette fois-là, Pollock s’étant alcoolisé à son habitude, il se laissa entraîner à des jeux d’argent qui ne furent pas sans conséquences.

Évidemment, les deux tableaux volés par Patti Fraser à la banque de Bingham ont un propriétaire. Et non des moindres, car il s’agit de Dee Gorman. Ce vieux caïd indien, au cœur de bien des trafics, n’est pas de ceux qui se laisse entourlouper. Le directeur de la banque ayant failli, il le paiera cher. Le premier sbire qu’envoie Gorman sur la piste de la petite bande est un Asiatique. Il va rapidement dégoter la trace des voleurs, grâce au maillon faible du trio. Entre-temps, Patti cherche toujours la meilleure solution pour se débarrasser avec profit des tableaux de Pollock. Mais le trio a par ailleurs des soucis avec le fils de Dan, le neveu de Patti. Et un repli stratégique chez Rachel n’est peut-être pas la solution, car un deuxième sbire de Gorman y a pensé également…

(Extrait) “Elle récupère son verre de bière et avale goulûment le houblon. Au moment où elle va pour payer, elle remarque sur la table mitoyenne la une du Portland Press Herald. Un titre se détache au centre de la page : « Hold-up de Bingham, la police piétine. »

‒ Depuis bientôt quinze jours, le trio de braqueurs de la Camden Bank de Bingham court toujours. Le butin est estimé à 500.000 dollars, sans compter le contenu des coffres. Rappelons que l’agent Fred Malloney, héros de la guerre en France, a été tué dans l’exercice de sa mission […] Monsieur Dickinson, directeur de la banque, a été grièvement blessé et sera immobilisé durant plusieurs mois, ainsi que l’époux d’une employée présent sur les lieux et qui a eu le tort de résister aux tueurs. Ceux-ci seraient dirigés par une femme et, de sources sûres, le trio n’aurait pas quitté le Maine…”

Est-il encore besoin de rappeler que Marc Villard est un virtuose français de la nouvelle et du roman court, sans doute le meilleur de ces catégories ? L’Amérique et ses mythes l’ont depuis longtemps inspiré, en particulier tout ce qui concerne le jazz. Cette fois, l’époque des débuts du rock’n’roll lui permettent d’évoquer en filigrane Bill Haley et Elvis Presley.

Toutefois, c’est le peintre Jackson Pollock qui reste le pivot de cette histoire. Après des œuvres "classiques" ne rencontrant qu’un très modeste succès, à partir de 1947 Pollock innove. Il déverse la peinture directement des pots, contrôlant la fluidité et l’épaisseur des lignes obtenues, et surtout l’égouttement de la peinture sur les toiles à plat. La technique du "dripping" séduit le monde artistique, et les acheteurs.

Ne nous y trompons pas, ce n’est pas une énième biographie de Jackson Pollock que nous présente Marc Villard. L’intrigue à suspense relève du polar, avec des personnages qui ne manquent pas de singularité, ni d’une noirceur certaine pour quelques-uns d’entre eux. Il suffit au styliste qu’est l’auteur de quelques descriptions ciselées pour décrire chacun des protagonistes – ainsi que les lieux et les situations. Puisqu’il n’y a nullement nécessité à emberlificoter un tel scénario, jusqu’à un dénouement épatant, Marc Villard concentre admirablement son écriture pour nous livrer un roman court subtil et convaincant.

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Une autre lecture du

Sur La Route Avec Jackson

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Editions Cohen & Cohen. Parution le 18 octobre 2018. 100 pages. 16,00€.

ISBN : 978-2367490571

Il voyage en solitaire

Et nul ne l'oblige à se taire.

Ni à boire ! Pourtant, en ce mois de juin 1951, Jackson Pollock, qui boit comme un gouffre, se fait accompagner en voiture parce qu’il ne connait pas la région de Gallup au Nouveau Mexique.

Edgar Dashee, son contact navajo, doit l’emmener chez Rick Feinway, un ami auquel il a promis deux toiles, dont il s’est muni et qui sont bien enveloppées dans du papier kraft. Seulement, lorsqu’ils arrivent près d’Acoma, c’est pour lire sur une petite pancarte accrochée à la porte que Rick vient de décéder.

Dashee en profite pour lui montrer une peinture sur sable que va réaliser Don Begay en l’honneur d’une vieille femme malade. Pollock est intéressé par cette prestation puis il descend dans une petite ville, Dashee lui ayant réservé une chambre dans un motel. Le Navajo est obligé de l’abandonner momentanément pour des raisons familiales, mais Pollock n’est pas embarrassé. Du moment qu’il y a du whisky à boire… !

Seulement, dans le bar du bled, il s’incruste à une partie de poker. Il ne perd pas sa chemise, mais presque car pour régler ses dettes de jeu il offre à l’un de ses adversaires les deux toiles qu’il trimballait. L’homme accepte ayant un copain collectionneur dans le Maine.

Juin 1956. A bord d’une voiture volée à Portland, dans le Maine, Steve Hammond et ses deux amis, Patti et Don Fraser, ont l’intention de braquer la Camden National Bank de Bingham. Patti et Don sont frères et sœurs. Don est plus vieux que Patti, mais c’est elle qui réfléchit pour le trio. Ils ont retrouvé Steve quelques mois auparavant, mais ils se connaissent depuis l’école, lorsqu’ils habitaient dans le Vermont. C’est loin tout ça. Depuis, Don s’est marié, mais il est séparé de sa femme, ayant en garde son fils Cary, son gamin de huit ans atteint de problèmes psychiques. Quant à la mère de Patti et Don, elle vit toujours dans le Vermont, à l’écart du village.

A cause d’une parole malheureuse d’un employé de la banque quelques années auparavant, ils ont décidé de se venger en braquant le réservoir à pognon. Ils annihilent rapidement les velléités de refus de la part des employés, du directeur et même des clients et s’emparent du fonds de caisse, raclant les tiroirs. Et comme Patti n’en n’a pas assez elle descend à la salle des coffres, prélève des bijoux ainsi que deux toiles de Pollock. Steve qui au dehors devait surveiller les alentours s’introduit dans l’édifice. Il est blessé au bras, un policier n’ayant pas apprécié ce braquage.

C’est la fuite, mais que vont-ils pouvoir faire des toiles de Pollock ? Patti a sa petite idée. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que la banque sert de couverture à des mafieux et ceux-ci n’ont pas donné leur accord pour ce hold-up. Et naturellement, ils vont lancer un homme de main, un Japonais, aux trousses des braqueurs.

On pourrait penser à une nouvelle histoire façon Bonnie and Clyde ou Sailor et Lula. Sauf qu’il existe une différence notable, Patti et Don sont frère et sœur, ce qui change moralement la donne. Si, si, j’ai bien écrit moralement. Et le braquage de banque pourrait n’être qu’un épisode parmi tant d’autres dans la longue lignée des petits braqueurs confrontés ensuite à la Mafia. Car on ne spolie pas impunément cette association de malfaiteurs, quel que soit le pays dans laquelle elle est implantée.

C’est le personnage de Pollock qui au début et à la fin du récit s’impose, et donne du volume et des couleurs à l’intrigue. Pollock au Nouveau-Mexique puis ensuite chez lui à Springs, dans l’état de New-York. Pollock était très connu de son vivant et considéré comme le pionnier de l’expressionnisme abstrait. Connu mondialement, sauf dans certains coins reculés des Etats-Unis, on n’est pas toujours prophète en son pays.

Un épisode dans la vie de Jackson Pollock qui aurait pu réellement se dérouler, d’ailleurs certaines données sont extraites de sa vie, et surtout de sa mort, avec des personnages ayant existés. Mais Marc Villard ne serait pas Marc Villard si dans ce roman, outre les références picturales et des personnages réels qui sont associés à cette relation narrative, ne se glissaient pas d’autres références, musicales celles-là. Comme la présence auditive d’Elvis Presley.

Un texte court, dense, lumineux et des personnages attachants malgré une moralité douteuse.

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