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GILLES VIDAL

De Sac Et De Corde


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Le jeudi 20 Avril 2017

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Gilles VIDAL




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER
Il serait faux de penser qu’il ne se passe rien de particulier dans certaines villes moyennes du pays. À Morlame, par exemple, on compte bon nombre de décès suspects, ces derniers temps. Trop pour une agglomération aussi tranquille, entourée d’une campagne bucolique. Certes, Raphaëlle Juvet est simplement morte suite à sa maladie, laissant une confession à sa fille Clara. Et Victor Guérin, à cause d’un arrêt cardiaque, probablement dû à une surexcitation fatale. Par contre, Claudie Martel a bien été assassinée par son amant du moment, qui ne voulait rien partager. Ça ne lui a pas porté chance, à lui non plus. Quant à l’épouse du riche et vieillissant Martin Kopp, on l’a trucidée également.

Le policier Ludovic Hesnard pourrait soupçonner le mari, vu l’indice accusateur qu’on a découvert. Ce serait occulter le fait que Martin Kopp a une maîtresse, avec laquelle il se montre généreux. Très généreux, même. Et cette Aurélie Langlois en a abusé avec une belle part de cynisme. Elle peut être fière d’avoir pressé le citron au maximum. Sans doute était-il temps de mettre fin à cette exploitation de Martin Kopp, en supprimant sa femme Marie, et en le rendant suspect. Le policier Hesnard a compris le jeu d’Aurélie. Pourquoi chercherait-il des preuves contre elle, alors qu’elle acceptera sans trop rechigner des relations sexuelles contre le silence du flic ? Un bon arrangement.

C’est à Morlame, au bout d’une impasse sécurisée, que réside le caïd Barreteau. Adepte des transactions douteuses et des méthodes expéditives, il est depuis longtemps cible des soupçons de la police. Mais on manque de preuves contre lui. Peut-être qu’à force de berner tant de gens pas moins dangereux que lui, ses ennemis finiront par lui faire payer l’addition. Dans la région, le banditisme est parfois plus basique. Étudiant désargenté, Philippe Bury traverse quelques mésaventures à cause de deux petits délinquants, Gaby et Franck. Voilà comment on se fait subtiliser sa voiture, en essayant de la vendre. Pourtant, à l’inverse du duo de voleurs, le jeune Bury connaîtra une certaine embellie.

Parmi la population de Morlame, il faudrait encore citer le dentiste friqué Lionel Chaudrin, qui a sûrement quelques lourds secrets sur la conscience. Et puis la médecin-légiste célibataire Claire Pachins. Certains épisodes du passé lui reviennent en mémoire quand, parmi les morts récents, elle remarque le cadavre de Claudie Martel. Celle-ci avait un frère, avec qui Claire fut quelque peu intime. Par ailleurs, le nommé Achille Roux vient aussi chercher des explications à Morlame. Grâce à un détective privé, il a plusieurs pistes exploitables. Il y aurait tant d’autres "néfastes" à citer, parmi cette population. Ville natale d’un poète au destin tourmenté, il faut espérer que Morlame en finisse avec cette série de crimes…

(Extrait) “Après tout, c’était bien fait pour cette salope, elle n’avait que ce qu’elle méritait. Et elle, Aurélie, ne regrettait rien, elle avait bien fait d’agir ainsi de sang-froid. D’ailleurs, ça faisait un moment qu’elle rêvait de la voir disparaître de ce monde ; n’avait-elle même pas prié pour qu’il lui arrive un quelconque accident fatal ? Alors elle s’était résolue à devenir la ‘fatalité’. C’était beaucoup plus simple, beaucoup plus rapide, et même si ça avait été dégueulasse – le sang partout, les cris de goret de la malfaisante, ses supplications, les excréments jaillis de ses tripailles déversées – son vœu était exaucé. Elle n’avait aucun remord.

Il faut dire aussi qu’elle avait tout bien manigancé, de manière quasi machiavélique. Sans compter ce merveilleux cadavre champêtre tombé du ciel, qu’elle avait eu la chance de rencontrer sur son chemin – un bel alibi, non ?”

Amateurs d’énigmes policières calibrées pour déterminer le nom de l’assassin et les motifs d’une affaire criminelle, il est probable que ce roman ne vous soit pas destiné. Non pas que l’intrigue manque de morts et de meurtres, de coups tordus, de personnages ambigus et malsains, ou même de tueurs et de tueuses. Au contraire, les péripéties se succèdent sur un rythme d’enfer. Ça bouge tous azimuts, dans la région de Morlame. Avant tout, cette histoire se distingue par sa construction scénaristique, plutôt insolite.

Cela rappelle le jeu du marabout (suite d'expressions ou de mots dont les premières syllabes correspondent aux dernières de l'expression précédente : Marabout, Bout de ficelle, Selle de cheval, etc.) Le récit passe d’un protagoniste à l’autre, progressant scène par scène, le tout constituant une sorte de puzzle. Il n’est pas exclu que l’on recroise tel ou telle, ce qui est cohérent puisque nous restons dans les mêmes décors. Fort peu parmi eux ont un comportement honnête et exemplaire, il faut l’avouer. Outre que cette structure originale permet un tempo vif, voilà une sacrée galerie de portraits aboutissant à former comme un tableau vivant. Un suspense mouvementé et surprenant, ça fait du bien.

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Une autre lecture du

De Sac Et De Corde

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Crimes et châtiments N°78. Parution le 29 mars 2017. 298 pages. 12,00€.

Ce que l'on appelle l'effet domino !

Vous avez tous sûrement vu un reportage montrant ces dominos soigneusement placés les uns derrière les autres et tomber par un petit coup de pichenette, s'entraînant les uns les autres dans une course folle franchissant de nombreux obstacles dans un parcours minutieusement élaboré et préparé.

La lecture de ce roman est tout aussi réjouissante, et l'auteur a dû passer un temps fou à assembler ses personnages-dominos, les faire évoluer dans une petite ville de province, avec de nombreux aiguillages, des voies sans issu, d'autres qui se coupent et se recoupent, et les protagonistes s'affaler comme ces briquettes, sans pour autant que la machine infernale s'arrête avant le final programmé.

Le point de départ se situe à Boston (Massachussetts) en 1967. Deux individus interrogent violemment Willard Matthews à propos d'un objet qu'ils recherchent. Il ne se souvient plus très bien mais sous les coups la mémoire lui revient en partie. Munis de leur renseignement partiel, les deux hommes repartent en laissant derrière eux un cadavre.

Le dernier domino franchit un pont et est catapulté de nos jours à Morlane, ville de province traversée par la Meure, qui s'enorgueillit de posséder parmi ses hommes célèbres un poète maudit, Aristide Ridore, vénéré partout dans le monde mais qui fut également un assassin et un brigand.

Tout commence, ou presque lorsque Serge Persigny ressent dans la cage de l'escalier du petit immeuble où il habite comme une odeur de gaz. C'est sa voisine Mademoiselle Juvet, Clara de son prénom, qui a déposé sa tête dans le four de la gazinière. Bonsoir Clara, comme chantait Michel Sardou, direction la morgue.

Ce qui ne gêne en rien Serge Persigny sauf que cela l'a retardé quelque peu, mais il n'est pas aux pièces non plus. Après avoir récupéré une arme à feu, je ne rentrerai pas dans les détails, marque, calibre ou autre, il se rend au rendez-vous fixé par son employeur. Il ne travaille pas aux impôts, mais c'est tout comme, puisqu'il est chargé de recouvrer l'argent prêté auprès de clients récalcitrants. Et le voilà chez Victor Guérin, un vieil homme qui se montre plus malin que l'encaisseur. Et l'encaisseur n'a pas le temps de défourailler son arme qu'il encaisse quelques projectiles en pleine tête. S'il n'avait pas de plomb dans la cervelle, maintenant il est servi.

Victor Guérin, son forfait accompli, après tout il n'avait pas demandé à ce que Persigny vienne l'embêter, part en sous-bois récupérer quelque chose dans un arbre. Arrivé à place, ses coronaires jouent à se faire un sac de nœud, et exit Guérin, affalé sur une branche. Bien mal acquis, et à qui, ne profite jamais. Parait-il.

Un couple s'installe sous la ramure de l'arbre afin de batifoler, et lorsque la jeune fille regarde l'envers des feuilles, elle aperçoit quelqu'un qui les mate, couché sur une branche. Ce quelqu'un, vous l'avez deviné, c'est Guérin, mais ce que vous ne savez pas, c'est que Fred Gomez et sa copine Claudie trouvent dans la besace du défunt une grosse poignée d'argent. Plus grosse que ça même, et sous le matelas de billets, deux armes que seul Fred a aperçu. Allez hop en voiture, et après un repas à base de hamburgers italiens, oui pizzas si vous voulez, un repos digestif à l'hôtel. Et comme Fred n'est pas partageur, il se débarrasse de Claudie, dont il ne connait même pas le nom, à l'aide d'un sac poubelle. Je comprends maintenant pourquoi on veut interdire les emballages plastiques. Mais Fred est un perdant, mais il ne le sait pas encore.

Sur ce quittons cet embranchement et allons voir d'autres rangées de dominos qui continuent leur petit bonhomme de chemin. Et parmi ces personnages on retrouve par exemple un policier vénal - si ça existe, désolé de le préciser - ou encore un chirurgien-dentiste digne héritier des arracheurs de dents d'antan qui se fait des pivots, des lingots veux-je dire, en or sur la denture de ses clients en les massacrant, d'où peut-être l'expression des sans-dents. Bref il a les crocs. Comme d'autres personnages évanescents qui arrivent presque tels des cheveux sur la soupe, et repartent aussitôt dans une éclaboussure. Sans oublier un parrain local, ses hommes de main et d'aujourd'hui, un automobiliste qui percute un homme, lequel venait d'échapper aux policiers, qui se fait voler sa voiture, véhicule retrouvé un peu plus tard avec deux cadavres déguisés en charbon de bois à l'intérieur...

Parfois on a l'impression qu'il y a engorgement, un bouchon qui bloque tout, mais que nenni, une briquette se dégage et la route des dominos se scinde, se prend pour une autoroute ou un chemin vicinal, jusqu'à l'arrivée qui est parallèle au point de départ.

Si Gilles Vidal nous propose un roman tortueux, il le fait avec talent, et avec cette méticulosité, cette minutie propre à un artisan qui aime son métier. Il relève plus de l'ébéniste que du menuisier. Tout s'enchaîne inexorablement, les tiroirs multiples coulissent sans à-coups, les cachettes secrètes se dévoilent peu à peu, tout s'emboîte à la perfection, un petit trésor de construction et d'ajustement avec moult péripéties décrites en pleins et en déliés.

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PAUL MAUGENDRE
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