Mort à Florence VICHI198

MARCO VICHI

Mort à Florence


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Le mercredi 1 Novembre 2017

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Marco VICHI




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

L’automne 1966 est très pluvieux sur Florence et cette région d’Italie. Le commissaire Franco Bordelli est un célibataire âgé de cinquante-six ans. Bien qu’une vingtaine d’années se soient écoulées, il n’oublie pas le temps où il combattit dans la Résistance. D’ailleurs, il s’agace que la nostalgie du fascisme reste présente dans son pays. La meilleure amie de Bordelli est l’ancienne prostituée Rosa Stracuzzi, qui lui prodigue des massages délassants et dîne volontiers avec lui. Le policier fréquente assidûment le restaurant de Toto, cuisinier talentueux. Il éprouve une vraie sympathie pour Ennio Bottarini, qui vit de combines, et pour Dante Pedretti, avec son allure de savant fou. Bordelli se montre paternel avec son adjoint sarde âgé de vingt-deux ans, Pietrino Piras, déjà enquêteur efficace.

Giacomo, treize ans, a disparu entre son établissement scolaire et son domicile. Une fugue étant improbable, il a plus sûrement été kidnappé et on peut craindre qu’il soit mort. C’est sur une colline boisée des environs, un coin à champignons, qu’est découvert le cadavre nu de l’adolescent. Selon le légiste Diotivede, Giacomo a été victime d’un viol collectif, avant d’être étranglé et sommairement enterré. Se promenant autour du lieu où le corps a été trouvé, Bordelli recueille un chaton femelle, et déniche un vague indice. Cet élément le conduit à un boucher quadragénaire, qu’il met sous surveillance policière. Toutefois, le CV de cet homme plaide plutôt pour son innocence. Si ce n’est qu’il fait partie des cercles qui vénèrent encore la mémoire du Duce. Mais cela fait-il de ce passéiste un criminel ?

Tandis que Piras est partisan de poursuivre la filature du boucher, le commissaire Bordelli traite les affaires en cours. À l’occasion de l’agression d’un homosexuel, il admet que les invertis ne sont pas plus pervers que la moyenne. Et certainement moins cruels que les assassins du petit Giacomo. Par ailleurs, il éprouve un coup de foudre pour une vendeuse brune, Eleonora. Il s’avoue maladroit pour l’approcher et, surtout, se refuse à réaliser que la séduisante jeune femme aurait l’âge d’être sa fille. C’est un événement climatique qui va encore retarder l’enquête de Bordelli. Les pluies diluviennes ont entraîné les crues de l’Arno, inondant Florence. Toute la ville est sinistrée, le commissaire étant lui-même bloqué chez lui. Fort heureusement, Rosa et Ennio sont eux aussi sains et saufs.

Le désastre amène diverses conséquences, entre arnaques et désordre. Le nettoyage des dégâts crée une certaine solidarité entre habitants. Bonne occasion pour Franco Bordelli de lier plus ample connaissance avec la belle Eleonora. Hélas pour l’affaire Giacomo, les inondations ont effacé des traces à une adresse que Bordelli avait repérée, peut-être là où fut maltraité et tué l’enfant. La suite le met sur la piste d’un ex-fasciste zélé, très impliqué dans le régime de Mussolini, et d’un avocat boiteux paraissant ami avec le boucher. Quant à un quatrième suspect éventuel, il sera intouchable. Par contre, Bordelli et son entourage ne sont pas à l’abri d’une riposte du coupable…

(Extrait) “Il reconnut la fosse où le petit Giacomo avait été enterré et serra les dents. Sur place, il s’immobilisa devant la terre meuble, les bras ballants. Il revoyait le pied nu qui jaillissait du terrain, le cadavre boueux, les vers remuant dans les orbites vides. Le crissement d’un tronc agité par le vent retentit tout près de là, et il lui sembla que c’était le son le plus triste de la Terre. Il inspecta le sol en retournant les feuilles du bout du pied mais il n’y avait là que des douilles de fusil, ainsi que de rares champignons rabougris. Il gaspillait son temps. Mais avait-il le choix ? Valait-il mieux rester dans son bureau à chauffer son fauteuil ?

Il s’éloigna en dessinant des spirales de plus en plus larges. Malgré tout, il n’avait pas entièrement perdu espoir. Certes, il s’agissait d’une illusion insensée, pourtant il n’avait rien d’autre à quoi s’accrocher. Il ne demandait pas grand-chose, bon sang ! Un bouton, un mégot de cigarette, une allumette grillée…”

Ce roman de Marco Vichi a été récompensé en 2009 par le prix Scerbanenco, prix littéraire distinguant un ouvrage de littérature policière italien (en référence à l’écrivain Giorgio Scerbanenco (1911-1969). Si certains honneurs de ce genre sont légitimes, ça paraît une évidence dans le cas de “Mort à Florence”. On est ici largement au-delà du simple polar, ou du roman noir ordinaire. Nul besoin de multiplier les meurtres pour obtenir une excellente intrigue criminelle : kidnapping, viol en groupe sur mineur, et assassinat posent les bases d’un dossier sordide et macabre. Il y a un demi-siècle, pour peu que le tueur soit assez prudent, la police pouvait être désarmée face à un tel cas. Malgré la volonté de Bordelli et l’obstination du jeune policier Piras, l’enquête risque de s’enliser.

Outre cet aspect, le roman restitue l’ambiance de l’Italie d’alors. On observe le quotidien de la population, les journaux et les chansons de ces années 1960. On se promène avec le commissaire dans les rues de sa ville. On appréciera une virulente diatribe de Bordelli au sujet des privilégiés : “Ils se moquaient bien d’être gouvernés par le fascisme ou par la démocratie, ils voulaient juste qu’on les laisse s’enrichir tranquillement. Ils étaient avides, mesquins, stupides…” En tant qu’ancien Résistant, marqué par cette expérience, il espérait un avenir plus sain pour l’Italie. Car Bordelli est fondamentalement altruiste, humain et compréhensif envers les gens modestes, y compris quelques petits délinquants.

Le récit restitue encore avec crédibilité un épisode dramatique de l’histoire de Florence, les crues de l’Arno, cet automne-là. L’auteur nous montre que les habitants surmontèrent leur désarroi pour essayer d’effacer les effets des inondations. Enfin, la vie privée de Franco Bordelli n’est pas occultée, lui qui espère toujours le grand amour – même si la prédiction d’une voyante n’est pas trop encourageante. Avec ses facettes complémentaires et sa tonalité humaniste, ce “Mort à Florence” est un superbe roman, riche et fascinant.

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