Le Diamant Jaune VALCQ187

PHILIPPE VALCQ

Le Diamant Jaune


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Le mercredi 17 Novembre 2016

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Philippe VALCQ




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En 1906, Le Touquet-Paris-Plage est une station balnéaire en pleine expansion sur la Côte d’Opale. À son retour d’Afrique, où il a passé dix années, c’est là que compte s’installer Armand Lamier. Âgé de trente-deux ans, il se nomme en réalité Rémi d’Andrézy. Après un passage dans le Légion, il partit pour le Transvaal, en Afrique du Sud, pour combattre aux côtés des Boers. Il y fut accusé du meurtre de son ami Jacob Joubert. Celui-ci possédait un exceptionnel diamant jaune, le Jua Jicho, que le véritable assassin a dérobé. Ensuite, Rémi se joignit à une mission archéologique en Égypte, avant de regagner la France.

Au Touquet, la veuve de Jacob et leur fille Anne ont trouvé refuge chez un cousin, Herloff van Straaten, courtier en diamants. Il souhaite un prochain mariage entre son fils Ernst et Anne, dix-huit ans. Ernst n’est autre que le meurtrier de Jacob. Il est acoquiné avec les Liebmann, qui habitent un château près de Longwy. Ceux-ci sont des fabricants de canons prêts à livrer aux Allemands des secrets sur les nouveaux modèles. Ernst séjourne chez eux à cette époque. Si sa prudente mère Hortense approuve tant soit peu le mariage à venir de sa fille, Anne ne paraît pas enchantée par cette perspective.

Rémi d’Andrézy va habiter dans la maison de ses défunts parents. Son père adoptif a été condamné et exécuté pour un crime qu’il n’a pas commis. Rémi lui-même est toujours soupçonné du meurtre de Jacob. Il peut compter sur le soutien de Clarisse, l’employée de sa voisine, Mme Hoursine. Puisqu’on cherche un précepteur pour donner des rudiments de culture à Anne, Rémi se propose et obtient ce poste. Tous deux ne tardent pas à éprouver des sentiments amoureux mutuels. Néanmoins, la position de Rémi reste instable. Car des sbires d’Herloff van Straaten veillent, s’interrogeant sur le nouveau venu.

Une lettre posthume de sa mère laisse entendre que les origines réelles de Rémi ne sont pas ce qu’il croyait. Un certain Arthur Brisson est détenteur de mystérieuses informations, mais il est assassiné chez Rémi avant d’avoir pu les lui révéler. C’est alors qu’intervient le commissaire parisien Brochard. Il croit reconnaître le cambrioleur qu’il pourchasse depuis plusieurs années. Raoul d’Andrésy, se faisant aussi appeler Limézy, loge ponctuellement à la villa L’Arlésienne, au Touquet, où il est rejoint par son assistant, Grognard. Ni Raoul, ni Rémi ne savent qu’ils sont frères jumeaux. Leur famille ayant été autrefois ruinée, ils ont été élevés séparément. En Normandie ou au Touquet, des gens s’en souviennent-ils ?

Si le notaire qui employa naguère Rémi reste amical, d’autres lui veulent du mal. Il lui est bien difficile d’identifier ce joueur de limonaire (orgue de barbarie) présent lors des crimes récents. Quant au commissaire Brochard, il pense tenir son coupable. Grâce à Anne, Rémi parvient à s’échapper lors de son transfert en train vers Paris. Puis c’est Clarisse qui va l’aider à vivre dans la clandestinité. De son côté, sous le nom de Limézy, son frère Raoul fréquente la haute société de Paris-Plage, avant d’espionner ces industriels de l’armement qui semblent bien trahir la France. Le meurtre de la mendiante Maria dans la maison de Rémi, puis celui d’un tailleur de diamants d’Anvers dans le métro parisien, vont relancer l’enquête du commissaire Brochard…

(Extrait) “Le jeune homme ne répondit pas tout de suite. Il réfléchissait. Le plan de ce fourbe était à la fois simple et machiavélique. Il épousait Anne et lui offrait le diamant jaune comme cadeau de mariage de la part de son père. Ainsi, dans l’hypothèse où d’autres personnes auraient eu connaissance de la destination de cette pierre, celle-ci ne pourrait pas alors être considérée comme volée.

Ce plan devait comporter une suite abominable. Une fois marié, il s’arrangerait pour se débarrasser des deux femmes et récupérerait le plus légalement possible le Jua Jicho. [Rémi] devait contrecarrer à tout prix ce dessein diabolique…”

Il n’est pas rare que, chez de petits éditeurs, on déniche des romans d’excellent niveau. À cet égard, la collection "Belle Époque" de Pôle Nord Éditions apparaît fort prometteuse. Ce titre retient d’autant plus l’attention que l’on peut le lire comme une nouvelle aventure inédite d’Arsène Lupin. Il ne nous échappe pas que Raoul d’Andrésy n’est autre que le célèbre gentleman-cambrioleur, le nom de Limézy figurant parmi ses autres pseudonymes. Le prénom Clarisse fait également partie de la mythologie lupinienne : ce fut celui de la compagne d’Arsène. On sait encore que la jeunesse du futur roi du cambriolage comporte bien des zones d’ombres. On aura noté les initiales d’Armand Lamier (A.L.), fausse identité de son frère Rémi. Un jumeau ? Eh oui, pourquoi pas ? Aussi intrépide que lui, bien sûr.

Hormis les références à l’univers de Lupin, c’est le contexte utilisé par l’auteur qui offre un charme certain à cette intrigue. Que Philippe Valcq soit incollable sur cette région de la Côte d’Opale et sur Le Touquet-Paris-Plage, c’est l’évidence même, puisque cet érudit a bon nombre d’ouvrages à son actif sur ce sujet. En effet, à l’instar de Sable d’Or les Pins (en Bretagne) et de quelques autres, des stations balnéaires ont été créées "ex nihilo" dès la fin du 19e siècle. Les dunes du Touquet firent partie de ces expériences imaginées par des promoteurs d’alors. Par ailleurs, nous sommes à l’époque où Louis Blériot envisage de traverser la Manche en avion, où le préfet Lépine règne sur la capitale, et où les rapports avec nos voisins Prussiens s’enveniment de jour en jour. Un thème patriotique qui figure aussi dans certaines aventures d’Arsène Lupin, faut-il le rappeler ?

La caractéristique principale des pionniers de la Littérature Policière, dont on publiait les romans en feuilletons, était de présenter une suite incessante de péripéties, captant ainsi l’intérêt des lecteurs. Du mystère, certes, mais des rebondissements à foison, du nouveau tout au long du scénario. Révéler quelques détails n’empêche pas d’attiser la curiosité, on sait déjà que la suite sera autant trépidante. C’est dans cet esprit que Philippe Valcq a conçu le présent récit, conformément à cette grande tradition. Un roman très réussi.

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Une autre lecture du

Le Diamant Jaune

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Belle époque.  Parution octobre 2016. 436 pages. 12,00€.

C'est le plus grand des voleursOui mais c'est un gentleman

Après avoir été injustement accusé du meurtre d'un Boer six ans auparavant, Rémi d'Andrésy est de retour en France.

Il a quitté le Transvaal, recueillant le dernier souffle de Jacob Joubert, lequel détenait un magnifique diamant jaune, une rareté dont s'est emparé Ernst van Straaten, un lointain cousin du Boer.

En ce 21 septembre 1906, Rémi d'Andrésy arrive à Etaples, après avoir bourlingué durant dix ans, d'abord comme militaire puis ensuite en Egypte aidant des archéologues sur le site de Thèbes. De bonnes et mauvaises surprises l'attendent lorsqu'il arrive à la ville nouvelle de Paris-Plage.

Il retrouve Hortense, la femme de Jacob Joubert, et Anne, sa fille, qui étaient en Europe lors du drame. Elles vivent dans une villa chez Herlof von Straaten, le père d'Ernst. Celui-ci est absent pour quelques mois, en voyage d'affaire en Prusse. Ce pourrait être la bonne nouvelle. Quant à la mauvaise, c'est d'apprendre que ses parents adoptifs sont décédés. Le père guillotiné, accusé d'avoir tué une jeune femme, quoiqu'il s'en défendit. La mère est morte de chagrin quelques mois plus tard.

Grâce à la voisine, qui n'a pas vécu ces événements mais les a appris lors de son installation, il peut entrer dans ce qui est devenu son chez lui. Il se présente comme un parent éloigné, ayant changé de nom lors de sa cavale. Désormais il répond au patronyme d'Armand Lamier. C'est ainsi qu'il est engagé comme précepteur d'Anne afin de prouver l'innocence de son père nourricier.

Mais il apprend également qu'il possède un frère jumeau qui a été élevé comme lui par une nourrice, mais dans un autre village de leur Normandie natale. Il se rend chez le notaire, obligé de fournir sa véritable identité, afin de régler quelques problèmes concernant son héritage. Ce qui va l'aider à vivre quelque temps, étant complètement démuni et sa place de précepteur compromise.

En effet un individu s'était engouffré chez lui, narrant à Armand/Rémi ses origines, où du moins ce qu'il en savait, lui apportant d'autres précisions sur des dénommés Liebman, fabricants de canons, mais il ne peut poursuivre étant abattu par un coup de feu tiré de la fenêtre. La bonne de sa voisine, la jeune et belle Clarisse qui ne lui veut que du bien, a aperçu deux hommes. L'un dégingandé et attifé de vêtements clownesques, l'autre vieux joueur de limonaire. Notre héros décide de porter le corps sur l'estran où il sera découvert le lendemain.

Le commissaire Brochard, qui traque depuis des mois un monte-en-l'air dont les exploits défraient la chronique, s'introduisant chez de riches bourgeois afin de s'emparer de leurs bijoux, le commissaire Brochard ayant appris que ce malfaiteur aurait été vu à Etaples et sa région, est sur place et il hérite de l'enquête, le policier local étant absent pour des raisons familiales ou autres.

Il arrête Armand/Rémi, à cause de sa ressemblance avec son cambrioleur mais en coulisse d'autres personnages veillent. Et s'enchaînent alors une succession de péripéties toutes plus épiques les une que les autres.

Armand/Rémi s'évade du train dans lequel il est emmené à Paris en compagnie de Brochard et ses deux adjoints, grâce à Anne qui veillait. Mais Longues jambes, le dégingandé, et le joueur d'orge de Barbarie étaient eux aussi dans le train.

Philippe Valcq, tout comme le faisaient les feuilletonistes du XIXe et début XXe siècles, enchaine les mystères, les meurtres, les retournements de situation, les drames, les situations cocasses, les personnages ambigus, malsains, ou au contraire qui essaient de dénouer les avatars subis avec brio, une pointe d'espionnage et les idylles amoureuses, l'homme fiancé deux fois, la première étant à but lucratif, les courses poursuites, le double-jeu, les traitrises.

Il emprunte à ce que l'on pourrait prendre pour des clichés, le rarissime diamant disparu, les frères jumeaux ignorant tout ou presque de leurs origines, car leur mère, rejetée par un père n'acceptant pas la grossesse de sa fille, est décédée sans divulguer le nom du géniteur, les imbrications de secrets et d'histoires de famille, les quiproquos résultant de cette situation, et pourtant, cela semble neuf et inédit.

Si les feuilletonistes, étant payés à la ligne, écrivaient parfois plus vite que leur stylo, Philippe Valcq soigne sa narration et ses dialogues tout en laissant une part d'ombre et de suspense dans son intrigue légèrement complexe et parfois elliptique.

Des personnages atypiques tels que le commissaire Brochard, un policier imbu de lui-même, pontifiant, obtus, dont les déductions hâtives sont toujours à côté de la réalité, accusant sans preuve, ne voulant pas reconnaître qu'il puisse se tromper. Ses adjoints, répliques antérieures des Dupont/Dupont. Longues jambes et son compère le Limoneux, la cantatrice Hélène de Bouliquet, ancienne maîtresse de Raoul d'Andrésy, le poète Albéric de Gervisy, et la liste n'est pas exhaustive.

D'autres, ayant réellement existés ceux-là, font leur apparition au détour des pages, Louis Blériot par exemple qui procède à des essais sur son aéroplane, ou encore le préfet Lépine.

Paris-Plage, créé en 1882, sur la pointe du Touquet, par un Français et un Anglais, connu dès ses débuts une vogue touristique marquée par la construction de nombreuses villas huppées, habitées en saison par des Britanniques, des Belges et Hollandais, et naturellement des gens du cru. Mais l'auteur entraîne le lecteur également à Paris et en Allemagne, dans un rythme effréné, pour une histoire qui comporte des énigmes qui s'entremêlent.

Naturellement les lecteurs que la littérature populaire n'effraie pas, heureusement il en existe de moins en moins, connaissent l'identité de Raoul d'Andrésy, mais je n'en dis pas plus, laissant le plaisir de la découverte aux autres. Et certains épisodes font également penser à Gaston Leroux, surtout avec son roman Rouletabille chez Krupp. Mais les références à Rocambole d'Alexis Ponson du Terrail sont également présentes.

Et l'on s'aperçoit que le réchauffement climatique n'est pas un vain mot.

Le 11 octobre 1906, Armand déposa son bouquet de jonquilles sur le marbre et, un genou en terre, se recueillit.

De nos jours les jonquilles fleurissent de février à mai. Quant on vous dit que le temps est détraqué !

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