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MARK TWAIN

Plus Fort Que Sherlock Holmes


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Mark TWAIN




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Traduction de François de Gail. Parution le 2 juin 2016. 192 pages. 12,00€.

ISBN : 9782815914840.

Quelques nouvelles de bon aloi !

Ce recueil, méconnu, de nouvelles de Mark Twain est paru en 1907, soit trois ans avant le décès du créateur de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn.

On y retrouve cet humour particulier qui est néanmoins empreint de réalisme envers la société américaine, mais également de pessimisme concernant les excès de civilisation, voire de l’immoralité érigée en morale. Et c’est tout naturellement que ses récits ont souvent pour décor le Sud des Etats-Unis, puisque l’auteur est né dans le Missouri.

La première de ces nouvelles, Plus fort que Sherlock Holmes, qui donne son titre au recueil, narre la navrante aventure d’une jeune fille riche éprise d’un jeune homme pauvre. Ceci se déroule en Virginie en 1880. Le père de la jeune fille s’oppose au mariage, qui toutefois sera célébré. Mais le lendemain, le jeune marié prend sa femme à part et lui annonce que désormais sa vie sera un enfer. Oh, il ne la battra pas, mais il la torturera moralement, psychiquement. La jeune femme ne dit rien, ne se rebelle pas, elle reste stoïque devant les affronts.

Ce qui exaspère l’homme qui un soir l’entraîne dans les bois, la bat et la laisse nue avant de s’enfuir vers un autre destin. Six ans plus tard, on retrouve cette jeune femme, mère d’un petit garçon de cinq ans prénommé Archy et qui possède des dons particuliers. Outre sa nyctalopie, Archie est munie d’un odorat lui permettant de retrouver sans coup férir des objets dissimulés par sa mère ou de pouvoir indiquer les pages d’un livre qu’elle a caressé.

Quelques années plus tard, Archy sur la demande de sa mère part à la recherche de son père afin de lui faire subir les mêmes tourments psychiques qu’elle a vécu en sa compagnie. Il le piste, parcourt le monde à sa poursuite et enfin il s’installe dans un camp de mineur de Hope Canyon. Un gamin est martyrisé par un des mineurs et lui aussi mûrit sa vengeance. Il se prétend le neveu de Sherlock Holmes qui justement arrive sur le site au moment où un meurtre, à moins que cela soit un accident, est perpétré.

L’histoire serait banale si la description du fameux détective n’entamait pas le panache du Britannique. Pourtant il démontre et analyse les faits et les mineurs ne peuvent que se louer de sa présence, mes arguments sont dénués de fondement.

La nouvelle suivante, Cannibalisme en voyage, comme son titre l’indique, est une histoire imprégnée d’un humour noir morbide. Deux voyageurs conversent dans un compartiment ferroviaire et l’un d’eux narre comment lui et d’autres voyageurs ont été amenés à se sustenter de leurs compagnons, leur train étant bloqué sur les voies à cause d’une tempête de neige.

L’homme au message pour le directeur général se déroule début février 1900, à Londres, ville dans laquelle le narrateur réside alors. Il discute avec l’une de ses connaissances, lequel vitupère envers le Département de la guerre. En effet un de ses amis vient de mettre au point une chaussure qui, il en est persuadé, serait utile aux soldats qui se trouvent dans le Sud Africain. Alors le narrateur lui demande de quelle façon l’homme s’y est pris pour vanter sa marchandise. Et il relève de nombreux points qui ont desservi le créateur. Alors il raconte l’histoire de deux gamins, l’un, Tommy, seize ans, vide les puisards sous les ordres de son père ; l’autre, Jimmy, quatorze ans, est ramoneur de son état. L’Empereur du pays dans lequel ils vivent est très malade, tout comme la plupart des soldats de son armée. Ils sont atteints de dysenterie et les médecins ne parviennent pas à enrayer cette affection contagieuse. Jimmy possède une solution mais il se demande comment faire parvenir aux oreilles de l’empereur la panacée. Alors Tommy lui offre cette solution, qui effectivement résout le problème de la communication. Une solution simple qui joue sur le bouche-à-oreille, mais sans se tromper d’intermédiaire.

Les Geais bleus est une aimable digression sur le comportement de cet oiseau sensé être plus intelligent que l’homme.

Comment j’ai tué un ours est l’histoire d’un homme, pas chasseur pour deux sous, mais qui allant ramasser des mûres dans la forêt proche de son village, se trouve nez à nez avec un plantigrade qui est tout aussi surpris que lui. Et comment, lorsqu’en rentrant au village il informe sa femme, fort marrie de constater que son mari revient bredouille, et ses amis de son exploit peu banal.

Un chien à l’église, cela peut sembler bizarre mais pourquoi pas, il y bien d’autres animaux dans ce genre d’édifice. Des corbeaux me souffle-t-on, mais je ne ferais pas de mauvais esprit. Tom, onze ans environ, assiste à la messe, mais il s’ennuie. Le curé est si long dans son sermon. Tom est intéressé par le manège d’une mouche mais celle-ci possède un vif désir de s’échapper alors il reporte son attention sur une boîte qu’il détient dans sa poche. Dans cette boîte, pas d’allumettes, mais un scarabée. Et naturellement, le chien qui passait par là est intrigué par le coléoptère.

Une victime de l’hospitalité et Les droits de la femme par Arthémus Ward complètent ce recueil. A noter que les droits de la femme met en scène des suffragettes qui revendiquent légitimement l’égalité homme-femme, mais il existe des façons de revendiquer qui ne sont pas toujours de bon goût.

Tout le talent de Mark Twain éclate dans ces nouvelles dans ces nouvelles différentes dans leur inspiration et leur traitement. Toutefois il existe une constante, c’est l’insertion d’une ou plusieurs histoires dans l’histoire, comme par un effet boule-de-neige. L’humour est toujours présent, même si parfois il est plus dilué, les circonstances ne se prêtant guère à rire. Mais l’ironie quelque fois mordante est efficace, et il s’agit presque de mini-reportages sur une époque révolue mais dont certains ingrédients pourraient être, et ils le sont, utilisés de nos jours.

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