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TITO TOPIN

L'exil Des Mécréants


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Le jeudi 17 Fevrier 2017

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L'exil des mécréants

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Tito TOPIN




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER
Ça devait arriver un jour : les pouvoirs religieux dominent désormais la quasi-totalité du monde. Sous la pression des états les plus puissants, des gouvernements théocratiques se sont installés dans la plupart des pays. La foi est devenue obligatoire, la religion est la norme imposée. Interdiction de s’afficher païens ou athées, les hérétiques sont traqués, maltraités, enfermés dans des camps d’inoculation de la foi, jusqu’à leur repentir. Il n’y a plus de citoyens, seulement des "fidèles". À condition qu’ils ne soient ni homosexuels, ni divorcés, ni famille monoparentale, etc. Le sort des femmes, en particulier, régresse sous la houlette des autorités religieuses. Ceux qui restent réfractaires n’ont, provisoirement, d’autre choix que de fuir vers des territoires pas encore touchés par ces dictatures.

Âgé de trente-huit ans, Boris P. était journaliste, s’attachant à traiter des sujets sensibles. S’il fut un temps protégé par la police, en la personne de la lieutenante Gladys Le Querrec, Boris est maintenant un "gêneur". Un évêque omnipotent a mis sa tête à prix. Depuis des décès suspects dans son entourage, Boris restait sur le qui-vive. Muni de fausses pièces d’identité, sous l’aspect d’un pasteur, il fuit en train vers le Sud. À cette occasion, il fait la connaissance de la jeune Anissa. Venue de Bruxelles, elle est enceinte de presque sept mois. Une fille-mère, ça entre dans la catégorie des gens à persécuter, aujourd’hui. Grâce à sa légitimité apparente, la faisant passer pour son épouse, Boris réussit à la protéger. Le couple s’arrête à Avignon, où l’ex-journaliste peut espérer un répit chez une amie.

À trente-cinq ans, Soledad Ruiz y Garzón est styliste, habitant Avignon. Complices depuis l’enfance, Boris et elle ne sont jamais parvenus à former un couple ensemble. Si elle n’est pas enchantée par l’irruption de son ami et d’Anissa, elle les accueille et aide la jeune femme enceinte à ressembler aux faux-papiers que possède Boris. Gladys Le Querrec a bien compris que l’Évêque userait de son autorité pour la rétrograder dans son métier. La policière réussit à alerter Boris : son supérieur ne va pas tarder à l’arrêter. Le fuyard se débarrasse de ce flic, entraînant Soledad et Anissa dans des conséquences incertaines. Ils braquent un commerçant et volent une voiture, avec son conducteur qui a des allures de vieux gangster. Ce Pablo semble être plutôt un mythomane qu’un aventurier dangereux.

Le quatuor se dirige vers l’Espagne. Mais Barcelone n’est qu’une étape vers Lisbonne. Si Gladys Le Querrec rejoint le Portugal, ce n’est pas tant pour rattraper Boris afin de le ramener en France. Toutefois, l’Évêque a par ailleurs engagé Abdelmalek Chaambi, tueur cynique ayant pour mission d’abattre Boris et ses amis. Certes, le quatuor a trouvé un refuge précaire où loger à Lisbonne, et peut se ravitailler chez le nommé Brahim. Mais la menace devient de plus en plus évidente autour d’eux…

(Extrait) : “Le policier en uniforme porta la main à sa hanche, empauma la crosse d’un gros calibre. Boris fut le plus rapide. Ses réflexes jouèrent sans besoin de les commander. La déflagration le surprit. Avec le recul, l’arme manqua de lui échapper. Dans la panique, il ne vit pas le policier projeté en arrière, son corps faisant un arc de cercle en l’air avant de s’abattre sur les marches, un geyser de sang jaillissant le la cuisse, fémorale ouverte.

Merrilloux n’eut pas le temps de réagir. Un projectile le traversa de part en part, entamant au passage le foie, la vésicule, l’estomac, le côlon et le pancréas, et faisant voler en éclats la statue en plâtre polychrome d’une Madone tenant le petit Jésus dans ses bras. Détachée, la tête de l’enfant frappa Boris à l’épaule, rebondit, se fracassa dans l’escalier.”

Même si c’est un roman, le postulat fictionnel interroge. Une union internationale plaçant les principales croyances à la tête des États ? Situation présentée comme une solution pour éviter toute guerre au nom d’un Dieu ? Une perspective qui ne réjouit pas du tout, rappelant la meurtrière Inquisition. Des convictions personnelles, aussi respectables soient-elles, quelle que soit la religion, ne peuvent servir d’idéaux collectifs dans les pays laïcs. La France brade parfois le principe, laissant les appartenances religieuses interférer dans l’espace public. Demain, aurons-nous encore le droit de conserver notre libre-arbitre envers toute croyance ? Certes, il serait paranoïaque de s’en inquiéter dans l’immédiat. Mais en une époque où tant de choses basculent brusquement, sait-on jamais ?

La réputation de Tito Topin, écrivain chevronné, n’est plus à faire. Avec ces personnages en fuite, il a choisi une trame scénaristique où "tout peut arriver". C’est donc la promesse (tenue) de multiples péripéties sur fond de danger. Pour que le lecteur adhère, se sente en phase avec les protagonistes, il ne faut pas omettre la part psychologique des héros. Telle la relation contrariée entre Boris et Soledad ou, à l’opposé, le caractère tyrannique de cet évêque, par exemple. Si le récit nous donne des traces d’humour, il est assez grinçant, au-delà de la simple ironie. Logique, dans cette ambiance malsaine due à un totalitarisme grandissant. En moins de deux cent pages, un auteur inspiré tel que Tito Topin est capable de nous entraîner dans un roman vif, solide, absolument convaincant.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

L'exil Des Mécréants

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 9 février 2017. 192 pages. 15,90€.

Athées moi d'un doute...

Lorsque les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et Israël se coalisent pour décréter que les non-pratiquants d'une religion monothéiste seraient désignés à la vindicte des religieux, prônant que seule la Foi dominerait le monde, remplaçant les gouvernements laïques, voici ce que cela pourrait donner.

Et les mécréants, les athées, partent en masse, s'enfuient en de longues cohortes, s'exilent, reproduisant un exode de sinistre mémoire.

Aux abords de la gare, la foule immense se presse pour tenter de partir à bord du train à destination du Sud. Parmi ces voyageurs potentiels, Boris, vêtu en clergyman, parvient à monter dans le wagon muni de son billet et à trouver une place de libre.

Boris est recherché par les policiers suite, entre autres, à des articles qu'il a écrit et notamment des dénonciations de prêtres pédophiles, ou sur le caractère sanglant des conquêtes du prophète Mahomet, et naturellement cela n'a pas plu au nouveau gouvernement dirigé par des religieux, et plus particulièrement un évêque actuellement ministre et autres représentants de religions admises. Ce qui explique son déguisement et sa nouvelle identité, désormais il se prénomme William, ce qui ne veut pas dire que c'est une bonne poire, et il possède en outre un passeport pour son amie Soledad qu'il doit rejoindre à Avignon.

Boris est installé près d'une jeune femme enceinte, et lorsqu'un policier, ou un douanier, leur demande leurs papiers, Boris prétend que la parturiente est sa femme. La photo sur la pièce d'identité n'est guère ressemblante mais un léger incident détourne l'attention du policier, ou du douanier.

Elle se nomme Anissa, et au début la fille-mère est réticente, très réticente même, mais les événements et la force de persuasion de Boris opèrent une inversion dans sa décision de voyager seule et que la proximité d'un membre du clergé ne peut que lui être profitable et salvatrice. Boris lui propose de descendre à Avignon et de rejoindre en sa compagnie son amie Soledad, une amie d'enfance qui habitait juste à côté de chez ses parents.

Soledad héberge Boris et Anissa, et tandis qu'elle vaque, Boris répond à un appel téléphonique. Au bout du fil Gladys. Elle pensait que ce serait Soledad qui lui répondrait, mais lorsqu'elle reconnait la voix de Boris, elle ne peut que dire : Barre-toi, vite.

Gladys Le Querrec est inspectrice de police, adjointe du capitaine Merrilloux, et ils devaient se rende ensemble à Avignon. Mais l'évêque ministre n'aime pas les femmes, surtout dans les forces de l'ordre, alors Merrilloux est parti comme un grand. Gladys, qui connait Boris voulait prévenir Soledad que quelque chose se tramait, et elle avait raison.

C'est le début d'une longue cavale pour Boris, Anissa et Soledad, rejoints bientôt par Pablo un petit braqueur. A leurs trousses, outre Gladys, qui finalement ne leur veut pas de mal, Abdelmalek Chaambi, un tueur recruté par le ministre évêque, ou l'évêque sinistre.

Avec ce roman Tito Topin forge, sous forme de parabole, une satire féroce contre l'emprise de la religion, et de ceux qui s'en font les hérauts, dans la vie politique française en particulier, et mondiale en général.

La religion qui prend de plus en plus de place dans les débats politiques, qui impose ses règles et ses lois, au mépris de la liberté de penser. Une résurgence de l'Inquisition, qui pourrait sembler fictive, chimérique, mais qui pourtant devient de plus en plus prégnante. Sans citer de nom de religion, on peut penser à ce qu'il se passe dans quelques pays du Moyen-Orient, sous l'impulsion d'intégristes, mais il ne s'agit pas d'un leurre car en France, certains hommes (et femmes) politiques aimeraient réduire quelques acquis sociaux.

Ceci n'est qu'une anticipation proche, mais il n'est pas exclu que cela n'arrive pas un jour, si l'on n'y prend pas garde. Restons vigilants.

Retrouvez
PAUL MAUGENDRE
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