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AHMED TIAB

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Ahmed TIAB




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

De nos jours, Franck Massonnier est commissaire de police à Marseille. Il est divorcé de sa bourgeoise épouse Catherine. Celle-ci vit avec l’avocat à catogan qui s’est occupé de son affaire de divorce. Franck et son ex-épouse ont une fille adolescente, Maï. Elle semble avoir de louches fréquentations, et consommer du cannabis assez souvent. Le dialogue entre Maï et ses parents est une impasse paraissant sa solution. D’autant que la jeune fille supporte mal la nouvelle vie de son père. Franck est en couple avec un de ses collègues policiers. Originaire du Nord de la France, Lotfi Benattar aura bientôt trente-quatre ans. Il garde le contact avec son père, mais c’est plus compliqué avec sa mère. À cause de la santé de celle-ci, et de ses convictions religieuses musulmanes très fortes. L’homosexualité est très mal vue par les pratiquants de l’Islam, plus encore que dans d’autres croyances.

Une femme arabe est retrouvée morte dans un hangar, à proximité d’un quartier sensible du nord de Marseille. Elle a été martyrisée, tuée par des jets de boules de pétanque. Son mari est interrogé : c’est un homme jaloux, extrêmement strict sur la religion, ce qui était prétexte à brimer son épouse. Ce n’est probablement pas un assassin. Dans le hangar, les enquêteurs relèvent des signes en langue arabe et un dessin en guise de signature. Ugo, un des collègues de Franck et Lotfi, est en mesure de décrypter le "message". Par ailleurs, un véhicule est découvert carbonisé, avec deux victimes. Celui qui était enfermé dans le coffre avait une main coupée, traditionnel châtiment des voleurs. La police pense qu’il s’agit d’un récent "go fast" qui aurait mal tourné, la drogue n’ayant pas été livrée. Quant à la voiture, elle servait parfois au petit copain actuel de Maï.

Franck suit une piste le menant au Country Lounge, un club de Fréjus. Ce fut la plaque tournante d’un trafic de drogue, mais le propriétaire d’aujourd’hui se veut plus honnête. La mort des deux petits malfrats immolés n’est pas forcément l’œuvre des milieux du banditisme marseillais. Comme pour la femme arabe lapidée aux boules de pétanque, ça répond à une toute autre démarche. Le logo-signature ainsi que la diffusion de vidéos meurtrières sur des réseaux sociaux permettent aux policiers d’avancer : “Un groupe de fanatiques s’amuserait à appliquer la charia dans les cités Nord de Marseille. Ils se sont proclamés Califat islamique du Treize”. Bien que Lotfi interroge un jeune imam diplômé, cultivé et pacifique, ce n’est pas ce religieux qui lui apportera des indices. Sans doute est-ce le “Califat du 13” qui met bientôt la pression sur Franck, en s’en prenant à sa fille…

(Extrait) “Les choses prirent une tournure inattendue lorsque Ugo surgit justement dans le bureau de Franck pour lui annoncer qu’on avait retrouvé l’Audi blanche en question, carbonisée dans une carrière de graviers du côté de Marignane. Elle recelait un corps en cours d’identification. Règlement de comptes. Les habitués de la pègre marseillaise appelaient cela un barbecue.

Bien qu’il vînt d’appeler Maï quelques minutes plus tôt, Franck ressentit un frisson rétrospectif lui parcourir le dos et lui glacer l’épiderme. Il venait de lui proposer de passer la prendre au lycée après les cours pour l’inviter ensuite au restaurant. Elle avait prétexté un ciné avec un copain. Elle avait bien appuyé sur le mot "copain" pour agacer son père. Qu’importe, elle était sauve et c’était le plus important. Il se dit avec soulagement qu’elle allait attendre longtemps son rendez-vous, en espérant tout de même que le corps trouvé ne soit pas celui de son nouveau béguin, ça la rendrait encore plus insupportable.”

Marseille est indissociable du grand banditisme et des trafics en tous genres. Chercher à améliorer l’image de cette métropole, à coups de clichés provençaux positifs, n’y change rien. Sous diverses formes, la pègre est installée là depuis trop longtemps pour espérer la fin de ses exactions. Des petits voyous jusqu’aux puissants caïds, c’est un univers d’une complexité inextricable. Si autrefois des "parrains" contrôlaient tant soit peu la situation, il y a belle lurette que cette version est caduque. La moindre bande veut sa part du gâteau, même si ce ne sont que quelques délinquants plus frimeurs qu’expérimentés. Ça génère toute une économie parallèle, en particulier dans les quartiers Nord, nous dit-on. Pas sûr que tous ces petits malfrats récoltent des sommes astronomiques, mais le mythe est là.

L’ambiance de violence va de pair avec ce banditisme tous azimuts. Et puis, ces dernières années, s’est développée une autre forme de gangs, ceux mêlant trafics et religion. Ils ne parlent pas correctement la langue arabe, ils n’ont pas lu une seule sourate du Coran, mais ils s’inventent un combat islamiste "sur mesure". Radicalisés, convertis : ces notions ont-elles vraiment un sens pour eux ? Inutile de rejoindre les djihadistes, en débâcle depuis, s’ils peuvent jouer au héros à Marseille, y imposer leur charia et glaner au passage pas mal d’argent. Telle est la menace, entre fanatisme et folie cruelle, planant sur les populations, à laquelle sont ici confrontés les enquêteurs. Quant au banditisme plus traditionnel, il reste néanmoins présent.

Ahmed Tiab ne se contente pas d’évoquer cet aspect criminel. C’est aussi de la vie privée des policiers dont il nous parle avec humanité. Ce métier complique la vie de couple, ou peut entraîner des états dépressifs, on le sait. Dans certains cas, bien difficile d’être à la fois père et policier, ce que nous indique cette histoire. Être policier n’interdit pas de vivre avec quelqu’un du même sexe. Peut-être l’auteur a-t-il pensé à Xavier Jugelé, victime d’un attentat en avril 2017 sur les Champs-Élysées. C’est une illustration du monde actuel que nous présente ce polar sociétal, avec ses facettes sombres et de trop rares lueurs d’espoir. Une observation réaliste et vivante de notre temps, qui démontre une fois encore le talent d’Ahmed Tiab.

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