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GERARD STREIFF |
Le CagibiAux éditions SKAVisitez leur site |
831Lectures depuisLe mercredi 9 Juillet 2025
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Une lecture de |
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| Alors qu’il effectuait sa ronde dans le sous-sol du bâtiment, le corps de Paloma est retrouvé dans la salle des archives par un vigile. La chute accidentelle d’un buste de Lénine, vestige d’un passé révolu, lui aurait fracassé le crâne. Peu intéressé par ce fait divers, le Calmar, Poulpe sous pseudonyme, dépose les armes devant l’entêtement de sa compagne et accepte d’enquêter sur la déconcertante mort de l’archiviste du 2, place du Colonel-Fabien, ce bâtiment rétro-futuriste, haut lieu du prolétariat, classé monument historique en 2007 et qui à l’occasion se métamorphose en temple de la haute couture. La première découverte du céphalopode plonge ce dernier dans un océan de perplexité. Paloma Jolras, lointaine jumelle de Milla Jovovich, l'actrice du Cinquième Élément, était la petite fille du secrétaire de l'Internationale communiste, œil de Moscou en Espagne pendant la guerre civile, un stalinien pur sucre qui coordonna les Brigades internationales dont il dirigea le centre opérationnel, et qui se distingua en "imposant une discipline de fer, instruisant des procès expéditifs, ordonnant, voire participant, à des exécutions sommaires". La mort de Paloma serait-elle en rapport avec le passé trouble de son aïeul ? En tentant de l’exonérer des crimes dont on le tenait pour responsable, aurait-elle fâché quelque force obscure ? La deuxième découverte du Calmar, devenu pour les besoins de l’enquête électricien au siège du PCF, l’immerge plus profondément encore dans les eaux saumâtres des limbes. Dame Paloma aimait à fréquenter le Blackeros’s, un établissement exclusivement dédié aux arts et pratique du SM. Gérard Streiff, faisant preuve d’une verve de conteur aux relents anar, entraine le lecteur dans les sous-sols du PCF, les sous-sols de son siège, mais aussi de son histoire. Avec une forte dose de nostalgie, il évoque la guerre d’Espagne et met en lumière les enjeux qu’elle représentait dans le rapport de force entre les classes. Et, même s’il est affirmé après le mot Fin que ce récit n’est que de fiction, il précise dans un Post-Scriptum « Le personnage de Dupré père a effectivement existé. Nous avons simplement changé le patronyme. Il a connu le destin retracé ici, et écrit ses Mémoires, en 1942. Les citations données dans ce livre sont authentiques. On peut consulter ces Mémoires à la Bibliothèque nationale de France. » Mais que le lecteur peu addicte de nostalgie se rassérène, l’humour enserre dans ses rets ce récit . Tant et si bien que le lecteur découvrira, par exemple, ce que les SM désignent sous le doux vocable de rosebuds. |
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