Ombres Et Soleil SYLVAIN276

DOMINIQUE SYLVAIN

Ombres Et Soleil


Aux éditions VIVIANE HAMY


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Le vendredi 8 Mars 2014

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Dominique SYLVAIN




Une lecture de
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Au troisième jeudi de novembre, depuis des temps immémoriaux, les caves à vin et autres bistroquets proposent au consommateur assoiffé un ballon de Beaujolais Nouveau. Tantôt agrémenté d’un arriéré gout de cerise ou de framboise, parfois d’une saveur de poivre ou de muscade, ce breuvage transporte de joie les amateurs de boissons simples et naturelles.

Quatre ans après la première décennie du second millénaire de l’ère chrétienne, courant mars, les rayons des librairies vont se charger de la nouvelle livraison de Dominique Sylvain, sixième opus de la saga du couple Ingrid et Lola.
Est-il vraiment indispensable de présenter celle qui au fil des ans a acquis le statut de monument de la littérature policière français, à l’égal des auteurs les plus grands ?
Mais quel rapport entre le Beaujolais Nouveau et le Nouveau Dominique Sylvain ? Aucun, si ce n’est que l’un et l’autre égayeront vos journées de labeur à l’idée de les retrouver à la nuit venue.

De Paris à Hong Kong en passant par Abidjan, Ingrid et Lola se démènent, au péril de leur vie, dans le seul but d’innocenter Sacha Dugin qui, pour l’IGS, est le coupable idéal du meurtre d’Arnaud Mars.
Mais qui est Sacha Dugin et Arnaud Mars ? Ce serait faire injure aux lecteurs de « Guerre Sale » que de les présenter. Disons seulement qu’ils se sont retrouvés au centre d’une affaire qui sent bon le Karachigate, attentat vers lequel ont conflué tous les égouts malodorants d’une certaine république qui n’était pas bananière faute de bananeraies.

Lors de son précédent opus, Dominique Sylvain avait entamé une rupture avec le polar d’obédience purement criminelle, sans pour autant se départir de sa signature textuelle, pour s’aventurer dans les contrées hostiles et fétides de la raison d’État qui nourrit les bassesses politiques. Elle confirme ici ce virage de façon radicale tout en conservant la tessiture syntaxique qui fait sa poétique si particulière.

« Ombres et soleil », un polar sombre, à lire comme l’on déguste le Beaujolais Nouveau, avec parcimonie, histoire de mieux le savourer.



Une autre lecture du

Ombres Et Soleil

de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY
Lola  Jost, on la connaît grincheuse, teigneuse, voire carrément désagréable.  Dans « Ombres et Soleil » on voit se développer son côté sombre, quasi dépressif.Jugez-en : notre mamie commissaire ne quitte plus sa robe de chambre, ne se lave plus, picole plus qu’elle ne mange, déprime en cherchant la place d’une idiotie de pièce de puzzle dont finalement elle n’a pas grand chose à faire. Elle se remet mal de l’éloignement de son fils, de la disparition du charmant commissaire Dugain sans compter le départ de la belle Ingrid pour des cieux plus cléments. Car rappelez-vous : à la fin de l’opus précédent, Ingrid se trouvait soudain face à la mort. Depuis, elle a décidé d’aller se déshabiller sous le soleil de Las Vegas après que le jeune policier qui venait la retrouver pour lui donner des renseignements ait été abattu sous ses yeux.Jusqu’à il y a peu, je visualisais notre Lola Jost comme une mamie à l’œil fatigué mais capable d’éclats acérés. Une sorte de Simone Signoret en plus frais, si l’on veut. Pas celle de « Casque d’Or » évidemment, mais plutôt de « La Veuve Courderc ». C’est ainsi que nous la conte d’ailleurs Dominique Sylvain. Seulement la télévision s’en est emparée sous les traits improbables d’une blonde hirsute habituée des mimiques de commedia dell’arte… Sans compter l’épisode qui transformait notre sculpturale Ingrid en blackette de banlieue qui balançait des « fucks » de pacotille à l’accent aussi crédible que moi dans le rôle de Cruella (comment ça, l’exemple est mal choisi ?).Ici, finalement, peu importe que la sauce prenne bien ou pas, les personnages suivent leur trajectoire… Deux ou trois fausses pistes, un rebondissement, notre Lola va jusqu’à Hong-Kong… en revient, va traîner en Afrique et la Terre est toujours ronde… Lola s’agite, vit de plus en plus mal sa vieillesse, son éloignement des affaires, mais garde ses fidélités pour lesquelles elle se sent prête à affronter les voyages intercontinentaux. Et ça marche... presque.  On attend la trouvaille, l’embardée fictionnelle ? Dominique Sylvain vous ficelle ça très proprement. On revient à Paris, un peu désorienté, en compagnie d’un barbouze qui se révèle surprenant…Dire que c’est le meilleur des opus  de la série « Lola-Ingrid », non. Je me suis sentie trop gênée par les parasites télévisuels… j’en conviens. Ils m’ont fait perdre le sel de ma relation avec cette ronchon au grand cœur à laquelle je m’étais attachée. J’ai hâte de retrouver la plume légère, le ton de Dominique Sylvain avec d’autres personnages, d’autres aventures, libérés des présupposés d’un scénario.Ce roman ravira les inconditionnels du duo découvert dans « Passage du Désir » si joliment nommé et les amateurs d’une autre vision du polar, loin du gore et de ses torrents d’hémoglobine. Toutefois, malgré la légèreté du ton, se glissent des vérités qui ne s’annoncent pas autrement que comme des fonds de scène politiques. À lire l’œil ouvert
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JEANNE DESAUBRY
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Une autre lecture du

Ombres Et Soleil

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Be bop à Lola !

Depuis sa mise à la retraite de ses fonctions de commissaire et le départ de son amie Ingrid qui se produit dans un cabaret à Las Vegas, Lola Jost s'ennuie. Alors elle passe son temps à rassembler les morceaux de puzzle d'un Corcovado. Pas facile de monter le Christ Rédempteur qui ouvre les bras à la baie de Rio, enfin, je veux pas facile d'assembler toutes les pièces, mais il faut bien s'occuper.

La visite inopinée et impromptue de Philippe Hardy, oui presque comme le roi de France Philippe III qui avait été ainsi surnommé pour des raisons qui importent peu dans le bon déroulement du récit, cette visite d'un membre de l'IGS a donc le don d'énerver Lola. Et tout ça pour lui apprendre qu'Arnaud Mars, le commissaire divisionnaire, a été retrouvé une balle dans le crâne dans un lotissement en construction à Abidjan, Côte d'Ivoire. Une fin peu glorieuse après une fuite qui ne l'était pas moins, glorieuse. Mars, aimé et détesté à la fois.

Ceci la renvoie à quelques mois auparavant, lorsqu'un motard a tiré sur Ingrid, tuant le lieutenant Stéphane Ménard, le plus jeune officier du groupe de Sacha Duguin. L'homme qui aurait commandité cet assassinat serait selon toutes vraisemblances Richard Gratien, avocat et émissaire de marchands d'armes, surnommé Mister Africa. Quelques carnets précieux sont en jeu et Mars en posséderait une copie. Mais rien n'a été retrouvé. Gratien est en prison mais il aurait pu commanditer la tentative d'assassinat d'Ingrid. Sauf que tout ceci a été filmé par un passant à l'aide de son téléphone portable. Et Hardy convoque Ingrid dans ses locaux afin de visionner ce mini reportage pris sur le vif. Et il en ressort que le motard aurait changé de cible au dernier moment, abattant froidement Ménard. Il ne s'agit donc pas d'une bavure. Lançant en partant Pour Antonia Gratien !...Une forme d'intimidation ou un leurre ?

Duguin aussi est convoqué par Hardy. Le commandant a effectivement effectué un séjour à Abidjan! afin de retrouver Mars, en vain. Hardy est comme un molosse qui ne veut pas lâcher son os, négligeant le sac de croquettes qui est à côté de lui. Lola décide de prendre l'enquête à son compte et par le bon bout. Direction la Côte d'Ivoire, mais auparavant elle consulte un vieux calepin contenant le nom de contacts susceptibles de l'aider dans ses démarches. D'abord un journaliste, Bianco, qui lui rafraichit la mémoire sur Borel, l'ancien président, décédé une dizaine d'année auparavant, ses relations avec Gratien, l'affaire qui avait plombé Candichard, candidat malheureux aux élections présidentielles face à Borel, les fonds dont il aurait disposé grâce à des rétro commissions. Et puis il ne faut pas oublier Joseph Berlin, un ancien de la DCRI, qui possède toujours des accointances dans le milieu et peut apporter des informations intéressantes, ni Thomas Franklin qui officie à l'Institut Médico-légal, ou encore Sénéchal, l'homme de l'ombre qui a placé Borel en plein soleil, lui imprimant une marque de président affable et cultivé.

Tandis que Duguin est appréhendé par Hardy, Lola embarque enfin pour Abidjan en compagnie de son amie Ingrid de retour des USA, et ce ne sera pas une partie de plaisir. Elle s'y attendait mais quand même, se faire tabasser par des inconnus alors qu'elle enquête avec Ingrid auprès de personnes susceptibles d'avoir connu Mars, l'avoir fréquenté et qui sait avoir assisté à son meurtre, ça laisse des traces. Mais plus de traces par contre de la clé USB que portait en permanence Mars, clé qui recélait la totalité des informations contenues dans les carnets de Gratien. Une véritable bombe en pendentif. Et comme Gratien s'est fait égorger dans sa cellule par un codétenu - mais que font les geôliers ? - une piste d'efface. Pas tout à fait car une autre se profile du côté de Hong-Kong, et un nouveau voyage est prévu.

Ombres et soleil est tout autant un roman policier qu'un roman noir, mais avant tout c'est un roman de politique-fiction dans lequel le lecteur trouvera quelques repères concernant des affaires qui plongent encore les hommes politiques français dans l'embarras, quoi qu'ils s'en défendent. Les dates sont changées mais on reconnaîtra sans peine l'affaire de Karachi et ses convulsions encore prégnantes dans l'esprit des Cherbourgeois. Mais Dominique Sylvain, au contraire de Jean-Hughes Opel qui dans Réveillez le Président avait placé des personnages facilement reconnaissables, joue entre deux eaux et deux gouvernements.

Le lecteur pourra s'amuser à placer un nom sur tel ou tel personnage, mais il lui faudra déconstruire le puzzle qui constitue certains des protagonistes. En effet Dominique Sylvain emprunte des traits physiques ou de caractère à des présidents qui ont été en exercice, à des ministres et à des conseillers, à des hommes qui œuvrent dans l'ombre.

Cela commence comme un air de rock n'roll, avec des phrases et des actions hachées, rythmées, cela continue dans une ambiance jazz, mais pas le genre Chet Baker, délicatesse, fragilité et mélancolie, non ce serait plutôt une atmosphère à la John Coltrane, énergique, dynamique, novatrice et technique, puis on change de musique, on aborde Beethoven et sa troisième symphonie dite Héroïque et enfin on se tourne résolument vers Wagner et sa chevauchée des Walkyries.

Dominique Sylvain revisite à sa manière l'actualité, puisant dans les arcanes du pouvoir, démontrant les bassesses des uns, les aspirations des autres, les deux se conjuguant dans une atmosphère délétère de conspiration, de violence, de manipulations, de coups bas, de victimes collatérales, afin de mieux s'accaparer le pouvoir.

Dominique Sylvain a construit un roman tout en finesse et machiavélisme, avec de petites touches d'humour, prenant pour entame la fin de l'épisode précédent décrit dans Guerre sale, et on ne peut que s'écrier ou écrire Chapeau l'artiste !

La phrase du jour (extrait de dialogue) : Les électeurs sont majoritairement cons mais c'est grâce à eux qu'il y a des hommes politiques. C'est à dire des types capables de se faire élire sur la base de promesses mensongères ou invraisemblables.

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PAUL MAUGENDRE
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