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DOMINIQUE SYLVAIN

Guerre Sale


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Le mardi 2 Fevrier 2011

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Guerre sale

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Dominique SYLVAIN




Une lecture de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY

Dominique Sylvain nous livre ici son treizième roman. Les dernières sorties portant sa signature étaient des réécritures de romans anciens, repris à l’occasion de leur sortie en folio. Depuis « L’absence de l’Ogre » on se languissait donc de nouveauté, en voici une !

Lola Jost se fait vieille. C’est toujours la même : amateur de puzzle et de porto, mais de plus en plus commissaire en retraite, bougon et misanthrope. Ne trouve grâce à ses yeux que Sigmund, le dalmatien que son psychiatre de maître a commis la folie de lui confier pour les vacances. La SPA va sans doute faire un procès à Dominique Sylvain, que Pierrat devra défendre. N’est-il pas in-canin (pour ne pas dire inhumain…) de rendre , même sur le papier, un pauvre animal alcoolique ? Reste aussi dans les bonnes grâces de la retraitée : Ingrid Diesel, masseuse de jour et danseuse nue le soir, stripteaseuse dynamique qui considère son métier comme une prestation de salubrité publique. Elle redonne du bonheur à ceux qui l’ont perdu. Si poétique, inoubliable, le récit de l’effeuillage qui sublime : « l’épaule à la rondeur de soie, la joyeuse cambrure du rein, une jambe fuselée et crémeuse, un ventre de satin, des seins ensoleillés…»

Les personnages sont en place et on les retrouve avec plaisir. Toutefois, on perçoit vite dans « Guerre Sale » une tonalité plus violente, et les frontières du faubourg où se cantonnent habituellement les deux femmes, explosent rapidement. Mention spéciale au prologue qui campe une scène onirique, récit d’un enterrement à Kinshasa.

Lola n’a jamais pardonné à sa hiérarchie l’abandon des recherches après l’exécution de Toussaint Kidjo, son adjoint. Jeune métis franco-congolais, celui-ci a péri d’horrible manière, un pneu enflammé autour du cou après une affreuse séance de torture. Un supplice bien connu en Afrique du Sud, dit du « Père Lebrun ». Lorsque, cinq ans plus tard, un avocat français se trouve exécuté de la même manière, Lola soupçonne un lien. Malgré les tentatives de mise à l’écart de la police, Lola va tenir bon, et mener son enquête tambour et cœur battant, à la lutte avec le commandant Sacha Duguin, celui-là même qui a laissé une trace indélébile dans l’âme de la belle Ingrid.

Les tribulations de Lola et Ingrid vont de paire avec celle de Dugain et son équipe de la brigade criminelle. Ils ont fort à faire : les tentatives de manipulation et les embûches sont multiples. Les activités du jeune avocat et de son employeur vont mener les enquêteurs dans le monde obscur des ventes d’armes, avec ses commissions, et surtout, ses rétro commissions.

On découvre Lola plus sombre et plus violente. Elle s’interroge : «Aurais-je perdu la main avec les mots ? ».C’est aussi qu’elle se trouve diminuée physiquement dès le début de son enquête. La tentation est alors forte d’aller plus loin pour plus d’efficacité. Trop loin. Mais  « Les tornades n’aiment que les allers simples. » . Elle résiste à la tentation de la dérive. Difficilement. Du coup, Ingrid endosse, bien malgré elle, le rôle d’élément modérateur.

La violence est dans l’histoire. La drôlerie, la légèreté sont dans le style. «  Ne jouez jamais à saute-mouton avec une licorne »…ou bien encore, plus romantique « Partager un vin du sud avec un beau garçon au charme méditerranéen, il y a des façons plus stupides de passer son temps… » . Quelle femme renierait celui-ci ?

Noir zébré de drôlerie et d’aphorismes de Sun Tsu (« l’Art de la Guerre ») « Guerre Sale » expose sans dénoncer les obscurs couloirs du pouvoir de l’argent. La vision élargie du monde à laquelle oblige cette enquête n’a rien de rose et l’œil que pose Lola Jost sur son époque est désenchanté. Le talent d’écriture de Dominique Sylvain la conduisant plutôt à l’élégance de la légèreté, il nous appartient d’en tirer nous-mêmes les conclusions amères.

Le rythme et la technique mettent ce roman dans la catégorie que j’affectionne : celle de mes préférés, les « mine de rien » qui sous les fausses apparences de la fiction, vous racontent notre époque mieux qu’un essai. Mais pour cela… il y faut du talent.

Ne nous y trompons pas, il y a, sous cette langue de velours, une plume de fer !

18€ 318 pages

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Une autre lecture du

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PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

C’est une bien sale affaire qui échoit à Sacha Duguin, promu commandant à la criminelle sous les ordres d’Arnaud Mars, lequel l’a préféré à la non moins compétente Emmanuelle Carle. Le cadavre carbonisé d’un homme a été retrouvé sous le plongeoir de la piscine olympique de Colombes dans la proche banlieue parisienne et les gendarmes se sont débarrassés promptement de l’enquête. L’homme dont l’identité va être bientôt révélée, a été assassiné, un pneu passé au tour du cou et menotté. De l’essence, une allumette et en un rien de temps il est devenu un brasier vivant. Un meurtre qui sent, outre le caoutchouc brûlé, le souffre car Florian Vidal, tel est son nom, vivait dans l’ombre de Richard Gratien, avocat d’affaires spécialisé dans les contrats d’armement. Florian Vidal, issu d’un milieu très modeste, a débuté sa carrière comme chauffeur de Gratien, puis peu à peu est devenu son assistant, son bras droit, son ami. Sa femme Nadine, pénaliste elle-même, n’appréciait guère cette entente confinant presque parfois à des rapports père fils entre les deux hommes. Richard Gratien, connu aussi sous le sobriquet de monsieur Françafrique, a partie liée avec Candichard, un ex-ministre dont l’espérance de se présenter aux présidentielles est annihilée par une vague histoire de rétro commission. Le portable amélioré de Vidal est retrouvé au fond de la piscine. Inutilisable, la puce s’étant volatilisée dans la nature. Mais il est bien connu que les puces n’apprécient pas le contact de l’eau javellisée. Ce qui n’arrange guère les services de police. Le meurtre de Vidal est similaire à celui de Toussaint Kidjo, un officier de police, survenu cinq ans auparavant.

Lola Jost qui a pris sa retraite depuis un an, lasse de sa fonction de commissaire, est prévenue par un de ses anciens collègues. Or Kidjo, sous un air angélique (je ne pouvais pas la manquer celle-là !) appartenait à son service et Lola n’a toujours pas digéré ce meurtre. En compagnie d’Ingrid Diesel, masseuse le jour et danseuse nue dans un cabaret la nuit, et de Sigmund, un chien dalmatien qui leur a été confié par son propriétaire parti se reposer au soleil, Lola s’immisce dans l’enquête dirigée par Sacha Deguin. Au grand dam de celui-ci. Mais Lola est opiniâtre, persévérante. Son sens de l’enquête, elle n’a pas été commissaire pour rien, l’amène parfois à précéder Duguin dans ses recherches et ses intuitions. Bon gré mal gré ils deviennent obligés, avec l’accord tacite d’Arnaud Mars, à collaborer, à échanger leurs informations. Remontant le temps et les connaissances de Gratien et de Kidjo, ils découvrent qu’un célèbre journaliste du Congo-Kinshasa, Norbert Konaté, a été assassiné quelques mois avant la mort de Kidjo en ayant le temps de remettre à celui-ci un paquet. Konaté aurait été en possession de carnets secrets appartenant à Gratien. Et qui dit secret dit brûlot. Des carnets convoités par le juge d’instruction Sertys. Et quand la DCRI, qui est le mariage arrangé entre les RG et la DGSE, le FBI français, s’en mêle, on ne peut que s’attendre à des embrouilles supplémentaires.

Après un premier chapitre qui ressemble à une feuille de laurier dans un plat de poulet, feuille que l’on jette et dont on se rend compte plus tard que cet ingrédient avait son importance, Dominique Sylvain nous entraîne dans une histoire alambiquée à souhait, comme un puzzle dont toutes les pièces s’emboitent à la perfection à la fin, sauf une qui est manquante. En effet l’épilogue est traité comme une fin ouverte laissant au lecteur le loisir d’imaginer une suite, un prolongement que l’auteure nous livrera peut-être dans un prochain roman. Les moments de décompression nous sont fournis par Ingrid Diesel, une Américaine dont le français est parfois approximatif. Ce qui nous réserve quelques dialogues savoureux. Dominique Sylvain n’est pas avare de bons mots, de petites phrases bien senties, de métaphores hautement jouissives. Ainsi : « La caste des hauts fonctionnaires a remplacé la noblesse de Louis XIV, en reprenant les mêmes mauvaises habitudes. On dépense sans compter, on ne se remet jamais en question et on gouverne de haut ». Ou encore : « Quand la vie dénichait une victime de choix, elle ne détestait pas s’acharner ». Une petite dernière pour la fin ? « Quelque chose me dit qu’une rétro commission n’a rien à voir avec le fait de faire ses courses dans les années cinquante, ajouta Ingrid ». Quant au titre, ne peut-on penser qu’il s’agit d’un pléonasme, une guerre étant par définition sale, sauf la guerre en dentelle, et encore.

Vous pouvez retrouver un entretien avec Dominique Sylvain sur Bibliosurf.
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PAUL MAUGENDRE
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Une autre lecture du

Guerre Sale

de
L A

L A

Pour son treizième roman Dominique Sylvain nous entraîne dans un voyage hors les murs parisiens, vers un continent longtemps considère comme une simple excroissance du territoire national. Voilà, peut-être, pourquoi ce voyage, que n’effectueront jamais les protagonistes enquêteurs, est avant tout historique. Extension du domaine nation, extension du domaine de la lutte, extension du domaine de la guerre… sale parce qu’obscure.

Au cœur de l’intrigue, un survivant des temps où la politique africaine se faisait et se défaisait dans les antichambres de l’Élysée. Autour de cet homme, au pouvoir encore intact, s’organise un réseau complexe d’intrigants, dont chaque ramification court après des carnets où sont consignées plusieurs décennies de commerce rétro commissionné.

Au cœur monsieur Françafrique et sa horde de favoris, intrigants à sa survie ou sa chute : journalistes, avocats, juges, politiciens, flics, membres de polices occultes, gardes du corps…

Au cœur de cette guerre inachevée, ses cadavres brûlés ou atrocement massacrés, ses survivants  aux exterminations aveugles, ses vengeances qui couvent sous l’amas du souvenir.

C’est dans cet univers hostile et insaisissable que vont évoluer Lola Jost, Ingrid Diesel, Sigmund, Sacha Duguin et son équipe. Excepté Sigmund, aucun n’en émergera sans blessures profondes, même si les coupables des faits sont démasqués, mais à quoi bon quand d’autres mains meurtrières sont déjà sur le pied de guerre.

 

Rompant avec ses intrigues purement criminelles, Dominique Sylvain s’aventure dans une contrée d’où tout espoir est banni puisqu’y confluent les égouts des états, des industriels et des truands. Pour autant, elle ne s’enferre pas maladroitement dans le néo polar dénonciateur, fidèle à ses personnages elle les tient éloigné de toute morale simpliste et les laisse vivre tels qu’ils sont, bougon pour les uns, insouciants pour d’autres, toujours innocents.

Et c’est, peut-être, ce qui éradique totalement toute trace d’espoir, et hisse « Guerre sale » au rang des plus grands romans noirs.

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