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KATE SUMMERSCALE

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Kate SUMMERSCALE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En 1895, la famille Coombes habite Playstow, quartier ouvrier de la région londonienne. Le père est employé d’une compagnie maritime, la mère (Emily) est femme au foyer. Ils ont deux fils : Robert, treize ans, et Nathaniel (dit Nattie) âgé de douze ans. Alors que leur père est en mer, à destination de New York, les deux frères se retrouvent seuls à la maison, leur mère semblant partie pour quelques jours. Ils "invitent" un traîne-patin du port, John Fox, à habiter chez eux durant l’absence de leurs parents. Robert Coombes s’efforce de trouver de l’argent, en s’adressant à des prêteurs sur gage. Mais au bout de quelques jours, leur tante et une amie de leur mère s’alarment d’être sans nouvelle de Mrs Coombe. Le cadavre de celle-ci est découvert dans sa chambre. Robert avoue à sa tante avoir poignardé sa mère.

Robert, Nattie et John Fox sont immédiatement inculpés et bientôt envoyés à la prison de Holloway, en attente de jugement. Une enquête est menée, tandis que les journaux décrivent de façon misérabiliste le quartier de Playstow. À son arrivée à New York, le père de Robert et Nattie est informé du crime. Il exprime son opinion sur la santé mentale de Robert : “Dès son plus jeune âge, il a commencé à se comporter bizarrement. En grandissant, il a montré une intelligence inhabituelle pour quelqu’un de son âge. Il était un phénomène par certains côtés, et cependant il y avait chez lui des traits indiquant la présence d’une espèce de défaillance cérébrale. Les médecins que nous avons vus ne sont pas parvenus à poser un diagnostic sur son problème.” Lors des étapes du procès, le cas psychologique de Robert Coombes sera évoqué, de façon contradictoire.

Sans doute le jeune garçon est-il plus imaginatif que dément. Ce qu’il a cultivé en lisant des romans d’aventure bon marché, comme ceux ayant pour héros Jack Wright qui voyage à travers le monde. En suivant de près des affaires criminelles aussi, tel le procès de Jack Canham Read qui assassina une de ses compagnes. D’ailleurs, Nathaniel révélera que son frère comptait les entraîner, avec John Fox, suite au meurtre de leur mère, dans un voyage en Inde. La question des romans lus par Robert se posera lors du procès, car il a sûrement été influencé par la fiction. Selon certaines proches de la victime, Mrs Coombes était trop indulgente envers ses fils. Robert s’attend à être condamné à la pendaison, ce qui ne lui fait pas peur. Il fait preuve d’une apparente légèreté durant le procès. Certains l’estiment “amoral plutôt que fou”.

Incontestablement, le cas psychologique de Robert Coombes est particulier. Il est bel et bien condamné pour homicide volontaire, mais envoyé à l’asile de Broadmoor – où il passera le reste de sa jeunesse. En janvier 1914, Robert va finalement rejoindre son frère Nathaniel en Australie, colonie britannique, où débutera pour lui une nouvelle vie. À partir de ce changement, il se comporte en citoyen honorable…

 

Dans ses livres, Kate Summerscale ne présente pas une version romancée des faits, mais les restituent tels qu’ils sont avérés. Elle s’appuie sur les documents d’époque, rapports de police ou compte-rendus de justice, articles de journaux (dont elle corrige les côtés souvent approximatifs). Dans l’épilogue, elle explique sa démarche, ses recherches. En Grande-Bretagne, à la fin du 19e siècle, l’époque victorienne affiche une certaine modernité, mais les archaïsmes sociaux restent stricts. D’une part, il y a l’élite, aristocratique, scientifique ou artistique ; de l’autre, la population, les sans-grade, vivant plus que modestement. Peu de classes sociales intermédiaires. Même ceux qui ont un emploi, comme le père de Robert, sont considérés tels de bas besogneux. Le système judiciaire fonctionne à l’image de ce temps-là, avec sévérité.

Un matricide était un crime très rare en cette fin 19e siècle. On n’en compte que deux par an en moyenne, beaucoup moins que cent ans plus tard. Ça explique que la presse populaire d’alors ait largement exploité le drame, de façon tapageusement morbide ou politique. La criminologie et son interprétation psychologique sont alors en plein essor, mais cerner la singularité de Robert Coombes n’est pas si simple. Étrange affaire, sans nul doute. En détaillant très précisément son histoire, Kate Summerscale nous fait partager les circonstances autant que le profil incertain du jeune coupable. Une reconstitution très vivante, qui captive en nous immergeant dans cette époque. Un livre à ne pas manquer.

 

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