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OLEN STEINHAUER

À Couteaux Tirés


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Le mardi 19 Decembre 2017

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Olen STEINHAUER




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Henry Pelham et Celia Harrison sont tous deux quadragénaires. Désormais mariée à Drew Favreau, mère de deux enfants en bas-âge, Celia habite en Californie, à Carmel-by-the-Sea. Si elle mène une vie ordinaire dans cette charmante petite ville, cela contraste avec sa vie précédente. Elle fut longtemps agent de la CIA, se retrouvant en poste à Vienne. Au sein de l’équipe intégrée à l’ambassade, Celia était proche de son supérieur, Bill Compton, par ailleurs mal marié. En 2006, si elle occupait une fonction en retrait qui ne l’amenait pas "sur le terrain", Celia était parfaitement informée des secrets politiques européens. Le FSB de Vladimir Poutine inquiétait, sachant qu’on pouvait leur attribuer l’exécution d’Anna Politkoskaïa et l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko, entre autres.

Agent secret pour le même service à Vienne, Henry Pelham était alors plus impliqué dans l’action, les réseaux d’espionnage. Celia et lui devinrent amants, bien que leur couple ait été un peu bancal, à cause de leur métier incertain. Un jour, l’équipe de Celia reçut une alerte à prendre au sérieux. Un avion en provenance d’Amman, en Jordanie, fut piraté par des terroristes islamistes. Il y avait cent vingt passagers à bord, dont quelques Allemands. Sans grande surprise, les djihadistes réclamaient la libération avant quarante-huit heures de cinq prisonniers, deux en Autriche, trois en Allemagne. Autour de Bill Compton, tout le monde fut mobilisé. Celia se renseigna après de son contact Aighar Mansur, mais cette Arabe ne savait rien sur l’opération terroriste en cours.

Les services secrets américains avaient toutefois un allié parmi les otages. Cet Ahmed Najjar parvint à transmettre quelques détails. On avait des précisions sur les djihadistes à l’origine de ce détournement d’avion. Dans l’univers des agents secrets, la manipulation est omniprésente : il reste très compliqué de décrypter les renseignements obtenus, de définir le rôle des interlocuteurs. On sait que le nommé Ilyas Shishani fut impliqué dans la suite d’événements en question, mais pour qui travaillait vraiment ce Tchétchène ? Certes, les Russes du FSB combattaient son peuple, mais avait-il plus intérêt à faire confiance à la CIA ? Sur l’aéroport de Vienne, tout cela se termina par un carnage.

Cinq ans plus tard, Henry Pelham renoue avec Celia, à l’occasion d’un voyage aux États-Unis. Ils se donnent rendez-vous pour dîner dans un restaurant de Carmel. Henry prétexte un vague rapport de conclusion sur ce dossier qui provoqua la démission et le changement de vie de Celia. Elle confirme avoir choisi de rompre avec cette vie-là, d’évacuer le passé – d’ailleurs, elle évitait déjà de s’encombrer de souvenirs à cette époque. Bien que Celia se comporte avec naturel, Henry n’oublie pas qu’elle est très rusée, habile à noyer le poisson. Lui-même n’est pas forcément adroit ou subtil dans sa manière de l’interroger. Pourtant, il faudra bien que soient éclaircis les points obscurs de cette dramatique affaire…

(Extrait) “Notre spécialiste de la programmation et du cryptage, Owen Lassiter, est assis dans un coin, sous un petit nuage noir. Non content de tirer en permanence une tête de six pieds de long, il cligne beaucoup des yeux comme s’il venait toujours d’émerger d’un univers sombre, foisonnant de zéro et de un et résonnant de bips. On dirait un fêtard sortant d’une boîte de nuit au petit matin. J’aimerais avoir de la sympathie pour lui – nous en sommes tous là, j’imagine – mais il ne nous facilite pas les choses.

Ce n’est pas le genre de personne dont je rechercherais la compagnie si j’avais le choix et, en des moments pareils, j’en viendrais presque à regretter de ne pas être encore dans la rue. Henry, lui, est probablement en train de boire un café avec une source, d’échanger avec elle blagues et cigarettes. En même temps, je sais pertinemment que je suis faite pour la vie de bureau et le chauffage central. Henry et moi sommes à nos places respectives.”

Né en 1970, Olen Steinhauer s’est imposé depuis le début des années 2000 comme un maître du roman d’espionnage (La variante Istanbul, Le touriste, L’issue, L’étau). Ce genre d’intrigues ayant connu ses heures de gloire au temps de la Guerre Froide, on pouvait penser que les histoires d’agents secrets passeraient de mode. Si quelques potentats se montraient trop dictatoriaux, ça ne perturbait guère les grandes puissances. Mais le 11-septembre 2001 fit de nouveau surgir une menace internationale. Ce qui alimente depuis des scénarios-catastrophe de fiction, hélas parallèles à de véritables actes terroristes.

Si “À couteaux tirés” se base sur un sujet d’espionnage, l’auteur nous présente ici un suspense que n’aurait certainement pas renié Alfred Hitchcock. Car la structure narrative est magistrale. Elle donne alternativement la parole à Henry et à Celia. N’exerçant pas les mêmes fonctions au moment des faits évoqués, ils ont logiquement chacun leur version. Ce qui permet aux lecteurs d’approcher l’état d’esprit qui les animait, de comprendre les choix de vie de l’une comme de l’autre. Sans omettre le contexte géopolitique tendu entre Ouest et Est, ainsi que l’essor du djihad en ces années-là (Anna Politkoskaïa, Alexandre Litvinenko, Tchétchènes provoquant les Russes, projet d’un califat islamiste…). C’est avec une superbe finesse qu’Olen Steinhauer nous embarque dans un roman impeccable.

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