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PIERRE SINIAC

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Pierre SINIAC




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En 1943, dans le sud de la Tunisie, la petite ville d’El Fétydja a été la proie de combats destructeurs. Une unité de l’Afrika Korps tient sa position, mais le capitaine Mercier et ses artilleurs disposent d’un canon, face aux Allemands. La mission des soldats français est de protéger la banque désertée, dont le coffre-fort contient trois milliards en lingots d’or. Mercier, militaire strict, ordonne de tirer sur quiconque s’approche de la banque, ennemi ou ami. Au milieu de ce chaos, cinq légionnaires se sont réfugiés dans un blockhaus, à une centaine de mètres de la banque. Au milieu des ruines, entre les tirs sporadiques, ces quelques rescapés rêvent de l’or, qui à portée de main. Bien qu’étant le plus gradé, ce n’est pas le capitaine Schotzer qui maîtrise leur petit groupe, mais le sergent Augagneur.

Originaire de Montrouge, Édouard Augagneur garde le fusil-mitrailleur et veille à ne pas gaspiller les munitions. Son copain Félix Boisseau, soldat de deuxième classe jusqu’à là employé au mess, est prêt à suivre le sergent Augagneur pour s’emparer des milliards en lingots d’or. Le caporal Béral, ancien comptable aux Halles, venait d’être enrôlé comme infirmier au lieu d’être exempté pour dysenterie ainsi qu’il l’espérait. Ce n’est pas que le projet d’Augagneur et Boisseau l’excite vraiment, car il est assez peu courageux, mais il ne s’y oppose pas. Contrairement, dans un premier temps, au lieutenant Mahuzard. Ce dernier est un authentique baroudeur. Étant quasiment sûr que l’idée des autres est vouée à l’échec, il s’y associe quand même, quitte à rendre sa part du butin à l’Armée.

Six cent millions chacun, ça mérite de tenter le coup, après tout. Ils ont des explosifs, qui permettront de faire sauter la porte du coffre-fort. Encore faut-il les transporter depuis le blockhaus jusqu’à la banque. Cent mètres sur un terrain parsemé de mines, sous les tirs de l’Afrika Korps, et sous la menace du canon du capitaine Mercier : pas une promenade de santé ! Ce sont Boisseau, Béral et Schotzer qui s’y collent, rampant vaille que vaille vers leur but. Même s’ils réussissent à atteindre la banque, Boisseau et Béral perdent les explosifs en chemin. Rien ne dit qu’ils soient en sécurité car, ayant aperçu du mouvement de ce côté-là, le capitaine Mercier a braqué son canon en direction de la banque. À leur tour, Augagneur et Mahuzard doivent essayer de rejoindre leurs complices.

Vu l’évolution de la situation, les soldats allemands ne tarderont plus à décamper. Il faut s’attendre à une contre-attaque des Alliés, dans un très proche délai. Faute d’explosif et, dans l’urgence, ça limite les possibilités pour les rescapés. Certes, les Allemands ont laissé sur place un Panzer qui pourrait leur servir. Du moins, s’ils peuvent approcher du coffre avec ce tank. Le sergent Augagneur n’a aucunement l’intention de renoncer…

(Extrait) “Sur la place, les trois hommes avaient gagné quelques mètres. Ils se déplaçaient avec une extrême prudence, imperceptiblement. Bientôt, ils se retournèrent et purent constater qu’ils étaient assez loin du blockhaus. Ils sentirent confusément leur éloignement, comprirent que, parvenus au point où ils se trouvaient, il ne leur était pratiquement plus possible de revenir en arrière. Le capitaine était toujours en tête. Il avait les mâchoires serrées, le regard extrêmement attentif. Plus loin, le caporal Béral suait à grosses gouttes, ses yeux étaient révulsés, presque fous. Boisseau, pour combattre sa peur, faisait mine de siffloter entre ses dents. Le capitaine repartit en s’aidant des coudes. Il manqua de peu une mine, son coude se trouva à un centimètre à peine de l’engin presque totalement enterré. L’officier ne put réprimer un sursaut de surprise et se redressa légèrement. Il dut le regretter immédiatement…”

Ce livre s’inscrit dans la lignée de romans comme “Un taxi pour Tobrouk” de René Havard, évoquant le destin de soldats perdus au cœur de la guerre en Afrique du Nord. L’intrigue est basée sur le vol des lingots d’or, suggérant qu’il serait presque plus facile d’effectuer un braquage à Paris que dans ces conditions : traverser la Concorde à une heure de pointe est moins dangereux que de faire cent mètres sur un terrain miné d’explosifs.

Un petit groupe d’intrépides s’y hasarde, des Légionnaires aux motivations et aux caractères assez divergents, définis avec soin par l’auteur : le lieutenant Mahuzard accepte par goût de l’aventure, Boisseau est un "suiveur" faisant confiance au sergent, le capitaine Schotzer espère les dissuader de continuer, Béral y va parce qu’il est là, et Augagneur y voit la chance de sa vie. On n’oublie pas le contexte : ponctuellement, on jette un coup d’œil chez les soldats allemands et au poste d’artillerie tenu par le capitaine Mercier. Ces hommes sont des parigots typiques de l’époque. Béral travaille aux Halles, Boisseau vient de la Butte aux Caillles. Ils utilisent le langage populaire, vif et ironique. Quasiment tout se passe dans un décor unique, le récit de leurs tribulations étant rythmé à souhaits. Un vrai roman d’action.

On se souvient sûrement davantage du film d’Henri Verneuil (1984), dialogué par Michel Audiard, avec Jean-Paul Belmondo (Augagneur), Michel Constantin (Mahuzard), Michel Creton (Boisseau), Jacques Villeret (Béral), Marie Laforêt et François Perrot. Précisons que le couple Laroche-Fréon (le banquier et son épouse) n’apparaît pas dans cette "histoire d'hommes", seulement dans l’adaptation cinéma. Néanmoins, quelqu’un va uriner sur un câble électrique, et s’électrocuter (mais pas de “C’est bien la première fois qu’il fait des étincelles avec sa bite”). Dans le livre, c’est le capitaine Schotzer qui déclare : “Les conneries, ça se fait avant d’entrer à la Légion. Pas pendant.” une formule reprise par le lieutenant Mahuzard dans le film, le rôle du capitaine étant occulté. On peut s’amuser à relever les différences entre le scénario et le roman de Pierre Siniac, dont le dénouement n’est pas identique.

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