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HERVE SARD

La Catin Habite Au 21


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Le jeudi 20 Novembre 2014

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Herve SARD




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Qui ne connaît pas Gabriel Lecouvreur, que l'on surnomme Le Poulpe à cause de ses longs bras façon tentacules. Témoin de notre époque et de tous ses dysfonctionnements, c'est un esprit libre qui va fouiller dans les poubelles souvent fétides de l'énigmatique. Si une vérité n'est pas destinée à être dévoilée, ça titille Gabriel jusqu'à lui donner une furieuse envie d'enquêter. Il suffit d'un fait divers dans la presse, que la plupart des lecteurs auront trop vite lu, pour que Le Poulpe se mette en chasse. Prenez l'exemple de cette prostituée qui a disparu du côté de Sainte-Mère-des-Joncs, ce bled de trois-cent-quinze âmes où un projet d'aéroport est lancé. Cette info n'excite pas grand monde, même pas les autorités. Sauf Gabriel Lecouvreur, ainsi que le Professeur Morillons, un voyant aveugle.

Jérômette Blanchon, seize ans de tapin dont trois pour une agence, grande expérience et petite vertu, se faisait appeler plus noblement Roxanne. Pas de la vulgaire pute de trottoir, ça non. Clientèle Internet qui sélectionne et qui paie recta : la société des sœurs Broutë qui l'emploie, c'est du sérieux. Disparition ambiguë, oui. Pour Morillons, Roxane “elle est perdue. Tellement perdue que certains se demandent si elle a jamais existé.” Pourtant, ses trois patronnes trouvent encore des traces de son activité. Pour cette mission pas claire, son vieil ami Pedro fournit une identité au Poulpe : Tristan Izeux, délégué du Ministère de l'Agriculture. Direction Sainte-Mère-des-Joncs, pas loin de Nantes, mais au milieu de nulle part, où le modeste Hôtel du Centre servira de camp de base à Gabriel.

Les patrons de l'hôtel sont plutôt favorables à l'installation du futur aéroport, dont ils espèrent des retombées économiques. Ce n'est rien à côté du maire qui, lui, a carrément la folie des grandeurs, imaginant un essor faramineux. Gabriel se sent surveillé. Un type bizarre que l'on surnomme Jerry Lewis, semble-t-il. C'est Sergent Pepper que le Poulpe va interroger ensuite. Ce clone vieillissant de John Lennon, emblématique des opposants au projet, est un des occupants la ZAD, les terrains destinés à l'aéroport. Des arguments, il en a quelques-uns contre ce monde où tout est “trop”. Où chacun est devenu l'esclave volontaire de sa voiture, de sa télé, de son portable. L'aéroport, projet de “trop” ?

Sous une pluie incessante, Gabriel revient au village où il a rendez-vous avec Roxane. Au 21 de la grand'rue, c'est la divine Émilie qui accueille Le Poulpe. Ce n'est pas celle qu'il cherche, d'autant qu'elle n'a pas l'air d'une pute. Celle qui lui succède n'est pas non plus Roxane : la Tatie Lucie est vieille, laide, peu soignée. Gabriel ne tient nullement à tenter une expérience sexuelle avec elle. Peu après, il est agressé par un homme aux allures de grizzly, qui finira par avoir plus de mal que lui. Ses conversations avec le patron du café des Sports, avec la nymphomane Dr Dorothée Dechines, puis avec le vieux paysan Louis pourraient l'aider à trouver une bonne piste d'atterrissage pour son enquête…

Et voici notre ami Le Poulpe reparti pour une nouvelle aventure. Toute ressemblance avec le site de Notre-Dame-des-Landes, projet contesté d'un futur aéroport, ne serait peut-être pas imaginaire. Dans cet endroit désert longtemps inexploité par l'agriculture, les enjeux écologiques pèseront-ils davantage les enjeux financiers tous azimuts ? En réalité, Gabriel n'est pas sur place pour prendre parti sur la pertinence ou non de ces installations à venir. Il s'agit pour lui de retrouver une femme. Une zézayante, une mignonne, une laide, une nympho, il va en croiser plusieurs. Et quand il est trop sollicité, il finit par ne plus être un ange, Gabriel.

Évidemment, c'est sous le signe de l'humour que se déroule cette enquête tâtonnante. Par exemple : “[au sujet de la prostituée] d'après l'architecte, il y a tromperie sur la marchandise. Il avait réservé un canon, on lui a refilé un boulet” ou encore “Aucune agence immobilière ne propose de maisons avec fissures, plancher en pente, vue sur l'autoroute ou truffées de termites et à portée d'odorat d'une décharge publique. Dans le petit monde de l'immobilier, il n'existe que des bonnes affaires...” L'auteur nous dresse les portraits d'une galerie de personnages hauts-en-couleur, délicieusement caricaturés. On connaît le talent d'Hervé Sard pour nous raconter de savoureuses histoires. Son épisode du Poulpe s'avère parfaitement réussi.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

La Catin Habite Au 21

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Le Poulpe N° 287. Parution le 9 octobre 2014. 184 pages. 9,50€.

Une adresse à retenir ?

A l'origine, traiter une représentante du sexe féminin de catin était éminemment sympathique et adressé affectueusement à l'adresse d'une fille de la campagne. Encore de nos jours dans certaines de nos régions et au Canada, cela signifie également une poupée. Et je vous laisse imaginer la tête des parents, d'origine urbaine mais pas forcément polis, qui entendent quelques commères attribuer ce substantif à leurs gamines, pensant immédiatement à la terminologie triviale qui entoure ce mot. C'est comme cela que naissent les conflits. Un détournement de la langue française, et une guerre peut se déclencher.

Ce point lexical précisé, entrons maintenant dans le vif du sujet et suivons notre ami Gabriel Lecouvreur dans sa nouvelle aventure.

Une nouvelle fois Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, a du vague à l'âme. Sa copine Cheryl, coiffeuse de son état, est partie se ressourcer en Bretagne, avec au programme flagellation aux algues dans une centre de thalassothérapie haut de gamme. Cela n'empêche pas notre céphalopode de lire le journal, et d'être intrigué par un fait divers relaté dans le Parisien, son canard favori lorsqu'il stationne au café-restaurant du Pied de Porc à la Sainte-Scolasse. Ce n'est pas tant l'implantation d'un aéroport moderne à Sainte-Mère-des-Joncs qui le chagrine, quoiqu'il suit avec attention ce projet, mais parce qu'une femme a disparu du village où doit être aménagé ce terrain d'envol pas franchement indispensable. Et deux points d'interrogation se superposent dans ses rétines. D'abord la police n'a pas lancé d'enquête officielle. Ensuite parce que c'est un professeur à classer dans la catégorie des voyants extra-lucides qui a débusqué l'affaire en la signalant aux médias.

Francis l'amnésique, qui n'oublie pas de vider ses bocks de bière, connait bien le professeur Morillons, qu'il range dans la catégorie des fous intelligents. Et son truc à Morillons, outre d'avoir à l'origine créé un cabinet avec un confrère du nom de Rud, donnant ainsi l'appellation Rud & Morillons (jeu de mot avec Rue des Morillons, où se trouve le dépôt parisien des objets trouvés), son truc n'est pas pour déplaire au Poulpe. Le devin lit l'avenir dans la mousse de bière. Ce qui ne le fait pas mousser plus que ça. Dans la conversation, l'idée d'un tueur en série est lancée et une tournée de dix bières est en jeu. Pas pire qu'autre chose comme pari, faut faire marcher les petits commerces.

Effectivement le professeur Morillons se pose en farfelu. Il avoue être spécialiste en perte sans profit, d'ailleurs il est cul-de-jatte et aveugle, mais il n'a pas perdu tous ses esprits, d'ailleurs il connait le Poulpe sans que quiconque lui ai présenté son interlocuteur. Annie Jérômette Blanchon, la fille de joie disparue, alias Roxane pour les intimes payants, dépendrait de l'agence Ahhhhh! des sœurs Broutë, assistantes paternelles. Cette Roxane ne fait pas partie de leur cheptel, qui d'ailleurs officie via Internet, mais elle continue d'exercer tout en étant disparue. Gabriel est près d'y perdre son latin, son grec et son sanskrit. Une dernière petite visite s'impose avant de débarquer à Sainte-Mère-des-Joncs, celle à son ami Pedro qui lui fournit un attirail de journaliste sous le doux nom de Tristan Yzeux.

Débarqué à Sainte-Mère-des-Joncs, après un long et fastidieux voyage, notre ami céphalopode va débuter son enquête en s'installant dans une auberge dont la patronne zozote, puis il va faire la tournée des boutiques, commerces, officines des lieux, se rendant de l'un chez l'autre comme un homme qui veut traverser un torrent en sautant allègrement d'une pierre affleurant l'eau bouillante, à une autre pierre glissante, le tout en équilibriste assez confiant en ses possibilités malgré les pièges cachés. Et des pièges, il ne manque pas d'en trouver lors de sa traversée. Un mari jaloux qui le suspecte de le cocufier et lui démontre en voulant le tabasser qu'il ne doit pas s'amuser à se prendre pour un coucou. Ce que Le Poulpe n'avait nullement l'intention de faire, même s'il ne refuse pas les bonnes fortunes. Un autre personnage s'incruste dans le décor, digne émule de Jerry Lewis.

Si tous les habitants de la commune semblent d'accord pour l'implantation de l'aéroport, c'est qu'il y a de l'argent à gagner à la clé avec tous les touristes qui vont affluer, du cabaretier au notaire en passant par l'édile et quelques autres, seul un écologiste convaincu qui vit dans les bois, Sergent Pepper de son surnom, n'apprécie pas vraiment. Il serait bien le seul. Et ceux qui manifestent, ce sont des gens d'ailleurs, une petite balade dominicale soi-disant. D'abord il y a même au 21 de la Grand-rue une maison close qui abriterait l'acte d'amour tarifé. Sauf que les deux femmes qui vivent là, une jeunette à peine pubère et une dame à laquelle on ne voudrait guère confier son anatomie, ne connaissent pas cette Roxane. Il y a bien une photo, mais c'est tout. Et lorsque le Poulpe se renseigne auprès de tout ce brave monde, personne ne connait vraiment Roxane. Certains l'auraient juste aperçue, mais c'est tout.

S'appeler Roxane, ne pas être recherchée pas la police, malgré le battage médiatique, voilà de quoi faire réfléchir Gabriel Lecouvreur qui se demande où il a pu fourrer ses guêtres, lorsque la solution finale lui apparait dans toute sa limpidité.

Le Poulpe peut être assaisonné à toutes les sauces, cela dépend du talent et de l'inspiration du cuisinier qui le prépare et lui concocte de nouvelles aventures. Hervé Sard nous l'a préparé aux petits oignons et au Muscadet ou au Gros Plant, et non pas à l'huile car malgré ce que certains affirment (Hervé Sard dîne à l'huile) il est contre ce qui poisse mais au contraire pour tout ce qui est gouleyant, littérairement parlant.

Certains pensaient Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe en perte de vitesse, mais ce n'est pas vrai, même si parfois à cause de ses bras trop long il semble ramer. Au contraire il s'est trouvé depuis quelques aventures de nouveaux supporters de talent, et j'avoue, Hervé Sard fait partie de ces défenseurs de céphalopodes qui lui offrent des aventures dignes de sa notoriété. Les grincheux, il y en a toujours, objecteront que ce petit roman est facile, d'accord, mais l'épilogue est sublime, et je soupçonne Hervé Sard de pratiquer la pêche au leurre.

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PAUL MAUGENDRE
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