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NATHALIE SALMON

Un Amour De Liberté


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Nathalie SALMON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Roman historique. Parution le 15 février 2018. 314 pages. 21,00€.

Quand tu chantes je chante avec toi liberté

Dans la joie ou les larmes je t'aime

Les chansons de l'espoir ont ton nom et ta voix

Le chemin de l'histoire nous conduira vers toi

liberté, liberté…

Après trois semaines de traversée à bord d’un bateau à vapeur, Adolphe Salmon, Lorrain de naissance, aperçoit enfin New-York accoudé à la rambarde. Il n’a que vingt-six ans, et après sept années d’armée, et avoir travaillé comme vendeur au Bon Marché au rayon textile, il désire s’établir sur le nouveau continent.

Le 3 octobre 1865, le navire accoste enfin. Le débarquement et la déclaration de migrant ne sont que de simples formalités, et il se rend dans la Bowery, à une adresse qui lui a été signalée. Il loge dans un immeuble sans confort, sans commodité, mais au moins il possède un toit et ne manque pas de ressources. Non, il n’a pas d’argent, mais des idées. Et il décide de s’installer comme couturier. Il découd une chemise, étudie les différents morceaux, puis à l’aide de tissus qu’il a acheté, il en fabrique des neuves qu’il revend avec un petit bénéfice. Il les propose à des magasins et bientôt le succès est au rendez-vous.

Sur les conseils d’un ami, il achète une machine à coudre et la petite entreprise s’agrandit. Il se procure d’autres machines à coudre, il embauche des couturières, il aménage dans une belle maison, mais pour autant il ne se comporte pas en parvenu. Et il reste célibataire, le travail avant tout.

Néanmoins, il se fait des amis, dont Léon Meunier, journaliste, et de Louis Lewengood, industriel spécialisé dans la confection de tailleurs, et sa femme Hanne, mère d’une progéniture nombreuse.

Il se rend souvent chez les Legenwood et c’est ainsi qu’il fait la connaissance de Samson Laubheim et de sa jeune femme Sarah, mère d’une petite fille de trois ans, Rosetta.

Cette femme qui porte divinement la robe et étonnamment la culotte n’a que vingt ans et pourtant elle possède déjà derrière elle une expérience de la vie. Elle a accompagné sa mère et ses sœurs à bord d’un charriot jusqu’en Californie, parmi une troupe composée d’hommes ou de familles, à la recherche de l’aventure, de l’or, ou simplement pour s’installer dans un pays édénique, y ont vécu durant quelques années et s’est mariée mais ils ont regagné New-York. Lui est malade et sa santé décline. Si Adolphe Salmon se trouve sous le charme de la jeune femme, il a aussi d’autres idées en tête. Constituer un cercle français comme d’autres migrants, Italiens, Irlandais, l’ont déjà fait.

Salmon est resté Français, très attaché à sa terre lorraine natale et comme bien d’autres migrants, la défaite de Sedan en 1870 le marque profondément. La Lorraine et l’Alsace sont annexées par l’Allemagne, ce qui provoque souvent un éclatement familial, bon nombre d’entre eux préférant rester Français.

C’est dans ce contexte qu’il rencontre Bartholdi, jeune sculpteur plein d’avenir, inconnu aux Etats-Unis mais possédant déjà une certaine notoriété en France. L’artiste a pour projet une statue grandiose qui personnifierait la Liberté guidant le monde et servant de point d’attache entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde. Pour cela, il faut lever des fonds, et le gouvernement Grant n’est pas chaud pour mettre la main à la poche. Et de plus, il va lui falloir convaincre de placer cette statue sur une petite île, Bedloe’s Island, à l’entrée du port de New-York, île qui pour l’heure est une base militaire.

Samson Laubheim se meurt et avant de passer à trépas il demande à Adolphe Salmon, qu’il considère comme son frère, de s’occuper de Sarah lorsqu’il sera décédé. Ce qu’accepte Adolphe, en toute logique, mais sans précipiter les événements. Toutefois, Samson se rend aux eaux, en famille, en Europe, sans réelle conviction, pensant que peut-être il pourrait se refaire une santé. Peine perdue.

Devenue veuve, Sarah accompagne, malgré certaines mauvaises langues, il y en a toujours, au théâtre ou dans des lieux publics. Puis à Paris, car Adolphe, qui se languit quand même de sa patrie, doit rencontrer Bartholdi. Le sculpteur ressent comme un coup de foudre lorsqu’il voit la jeune femme. Pas un coup de foudre amoureux, mais celui de l’artiste face à une représentation inespérée de celle qui pourrait personnaliser sa statue. Et si un jour vous avez la possibilité de voir la Statue de la Liberté, immédiatement vous penserez à cette femme qui a posé comme modèle.

Ceci se déroule en mars 1875. La déclaration de l’indépendance a été signifiée le 4 juillet 1776, une sécession entre les treize colonies britanniques de l’Amérique du Nord et la Grande Bretagne. Et cette statue doit être érigée en commémoration de cet événement.

Cette idée d’offrir une statue représentant la Liberté provient d’un homme politique français, Edouard de Laboulaye. Observateur attentif de la vie politique des États-Unis, et admirateur de la constitution de ce pays, il contribua à faire connaître et aimer ces institutions, soit par ses cours extrêmement suivis, soit par ses ouvrages, soit, enfin, en faisant partie de comités d'organisation démocratique. On le voit présider une réunion publique en faveur des esclaves affranchis d'Amérique, à Paris en janvier 1865. Moins connu que Tocqueville, il fut un personnage influent et président du Comité de l’union franco-américaine. Au départ l’architecte Viollet-le-Duc devait réaliser la structure métallique, en cuivre repoussé, et à la mort de celui-ci, en 1879, Gustave Eiffel prit la relève. Enfin, la statue put être inaugurée le 28 octobre 1886, après bien des aléas et des contretemps.

Si la statue tient un place importante dans le récit, d’autres éléments, et non des moindres, offrent une vision intéressante sur la vie des USA à cette époque, et principalement à New-York.

L’arrivée des migrants permis à cette jeune nation de rapidement s’imposer, et il est intéressant de constater que justement, à l’heure où dans la plupart des pays les immigrés sont rejetés, ceux-ci ont apporté un souffle prépondérant dans la force, la vitalité, l’expansion, la richesse d’une nation en devenir.

Le rêve américain existait, les migrants étaient à la recherche de la fortune, mais également fuyaient les régimes politiques de leurs pays. Notamment les Allemands qui se sont tournés vers un pays neuf après la révolution de 1848.

Quant aux Juifs, ils étaient chassés de partout ou presque, car parmi les nombreux reproches qui leur étaient fait, celui d’être riches et donc voleurs prévalait. Ce qui est très réducteur, car comme dans le cas d’Adolphe Salmon, c’est bien par le travail, la volonté de réussir, de ne pas végéter et d’attendre une main secourable qu’il a progressé dans son entreprise.

A Bartholdi qui déclare qu’il va pouvoir travailler dans les meilleures conditions, ayant trouvé un logement, Adolphe rétorque :

Alors vous serez servi, monsieur Bartholdi. L’Amérique est terre de travail.

Puis un peu plus loin :

J’ai les meilleures relations d’affaires. Pourquoi les meilleures ? Parce que je ne les dois à personne. Je les ai construites au fil des années par mon seul effort. S’ajoutent mon expérience et ma réputation. Je ne suis lié à aucun mouvement politique, je n’ai pas d’ambition de ce type bien que j’ai des opinions que je qualifierais d’humanistes et républicaines. En venant ici je me suis juste fixé pour but de construire ma position. A une condition que j’ai toujours respectée : ne faire de tort à quiconque et servir le bien commun.

A signaler une petite anecdote tombée dans l’oubli : Au début du XIXe siècle, en Bavière, Les Juifs devaient absolument obtenir des autorités un matricule, une sorte de numéro, juste pour pouvoir exister légalement. Pour demander à s’établir, par exemple. Sans matricule, pas de requête possible. Vous n’existiez tout simplement pas.

Il n’y en avait pas pour tout le monde. Alors il fallait attendre qu’un plus vieux meure pour espérer récupérer le sien. Et encore, à condition d’être bien placé parce qu’on était plusieurs dessus. Ce qui signifiait souvent payer, et payer cher… Impossible de se marier sans ça.

Ce qui se traduisait par Pas de métier, pas de mariage. Pas de mariage, pas d’enfants. Une communauté plus facile à contrôler, plus facile à restreindre.

Etonnant, non ?

Les préposés à l’enregistrement des migrants étaient assez laxistes, et pour établir les papiers nécessaires à chaque immigré de trouver un logement et un travail, il suffisait de donner son nom. Seulement bon nombre d’entre eux ne parlaient pas anglais, et c’est ainsi qu’un homme qui n’avait pas compris la question de l’employé répondit Trenton, ville où il devait se rendre. C’est ainsi qu’il a été enregistré sous ce nom en toute bonne foi. Allez faire des recherches généalogiques après ça.

Ce roman historique, narré à la première personne est donc un rétrospective de la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis, le regard porté sur une vie consacrée au travail, à la Liberté, à l’expansion d’un pays. A l’implantation des migrants qui comme partout s’érigeaient en communauté, formant des ghettos parfois, afin de se retrouver, de parler du pays quitté, un rapprochement nécessaire pour ne pas se sentir absorbé par la foule et garder sa propre personnalité. Un roman riche d’enseignements. Le roman du courage.

Ce roman-récit reprend et approfondi l’ouvrage Lady Liberty I love you coécrit par Nathalie Salmon et Alain Leroy, publié en 2013 aux éditions De Rameau.

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