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Enquêtes Sur Gaboriau N°64/65


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enquêtes sur gaboriau n°64/65

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Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Gaboriau n'avait pas mis tous ses œufs littéraires dans le même panier, même si Lecoq reste le roi de la basse-cour.

Si le nom d'Emile Gaboriau reste attaché comme le créateur du roman judiciaire et le romancier ayant influencé Sir Arthur Conan Doyle dans la conception d'un personnage qui occultera l'œuvre de l'écrivain britannique, Sherlock Holmes, il serait injuste de cantonner le natif de Saujon (Charente-Maritime) dans des ouvrages souvent réédités et dont le personnage principal est l'inspecteur Lecoq. C'est ce que s'attachent à démontrer dans ce numéro double et copieux les différents contributeurs, en présentant l'écrivain et en analysant son œuvre. Car Emile Gaboriau n'est pas simplement le rédacteur de L'affaire Lerouge, du Crime d'Orcival, de Monsieur Lecoq, du Dossier 113 ou encore du Petit vieux des Batignolles, mais d'un ensemble de romans qui forment une peinture sociale de son époque.

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer quelques extraits empruntés à l'introduction de ce dossier signée par Thierry Chevrier.

Le dossier consacré à ce pilier de la littérature policière et de la littérature populaire que fut Emile Gaboriau entend approfondir la connaissance de l'auteur, et lui rendre sa variété, souvent occultée par les éléments saillants de sa carrière.

Après un premier article où je situe les trois grandes phases de l'œuvre du romancier saintongeais, et j'explique comment elles se sont enchaînées historiquement, Louis-Pierre Coradin propose un portrait nuancé du personnage, évoquant des détails biographiques grâce à des documents issus des archives familiales, qui permettent de retracer finement son parcours...

Le dernier article de Pierre-Louis Coradin éclaire ce que Gaboriau rêvait d'être (et a été, même si la postérité ne l'a pas retenu) : un peintre social, capable de donner une idée fine et nuancée de son époque et de ses travers, rien moins qu'un "autre Balzac". Ce texte resitue Gaboriau dans son siècle au milieu des événements qu'il connut, sur le plan technique que culturel, et étudie les éléments critiques contenus dans quatre de ses romans à tendance plus engagée...

...il (Ulrich Schulz-Buschhaus) s'appuie sur Le crime d'Orcival, modèle de ce qu'il appelle le "feuilleton policier" mais aussi véritable roman social dont il décompose la structure, montrant combien sa logique échappe à la critique habituelle du "laisser-aller" teinté d'improvisation du romancier pressé qui écrirait au jour le jour....

Gaboriau, sa vie, son œuvre, et plus encore. Ce copieux dossier qui ne pouvait entrer dans un numéro simple du Rocambole démontre que le romancier, s'il fallait le préciser, était plus que le père de l'enquêteur puis inspecteur Lecoq. Quelles furent les débuts dans la vie littéraire de celui qui, bien avant les romanciers américains, effectua une multitude de petits boulots afin de subsister et se consacrer à sa passion de romancier, dédaignant l'étude notariale paternelle en préférant s'exiler à Paris. Ses débuts en demi-teinte, puis la reconnaissance du public grâce à la parution en feuilleton, en deux temps, la première fois dans Le Pays qui passa inaperçu et la seconde fois dans Le Soleil dont Eugène Chavette (Aimé de son concierge) était le rédacteur en chef, de L'affaire Lerouge.

Heureusement les différents contributeurs de ce numéro du Rocambole nous rappellent, et la bibliographie est là pour le démontrer, que d'autres ouvrages méritent qu'on s'attardent dessus, tant par la qualité que par le contexte social qu'ils décrivent. Je ne prendrai pour exemples que La Clique dorée et La Vie infernale que l'éditeur malouin Pascal Galodé a eu l'heureuse initiative de rééditer alors que ces textes n'avaient pas été réimprimés depuis des décennies (et depuis disponibles en Epub et autres versions numériques). Et Pascal Galodé n'entend pas en rester là en publiant, prochainement j'espère, La Marquise Brinvilliers, le premier roman de Gaboriau, sous le titre Le Diable de la Bastille et La Dégringolade qui date de 1871, jamais reparu depuis le XIXème siècle. Ce n'est pas peu dire que voilà un véritable travail d'éditeur que de dénicher des perles rares en en permettant l'accessibilité à un lectorat qui ne soit pas restreint.

Le dossier sur Gaboriau n'eut pas été complet sans la recension des adaptations de l'œuvre de Gaboriau au théâtre, au cinéma, à la radio ou encore à la télévision. Mais un autre article retiendra l'attention des bédéphiles, c'est Gaboriau en planches ou son œuvre illustrée et mise en bandes dessinées. On y retrouve les noms de Godefroy Durand, son premier illustrateur, d'Henri Lanos, de Paul de Sémant, de Guy Marcireau pour une bande dessinée parue en feuilleton dans Le Parisien dans les années 1960, de Jacques Caron ou encore Florent Bory dans des projets d'adaptation. Et sans oublier une nouvelle Les deux gazetiers (1867) ainsi qu'un pastiche : Le dossier 114 par Abel Valabrègue, et les continuateurs dont Fortuné de Boisgobey qui écrivit La Vieillesse de Monsieur Lecoq en 1877, quatre ans après le décès de Gaboriau. Gaboriau s'est éteint de maladie le 29 septembre 1873, il n'avait que quarante et un ans.

Ce nouveau numéro du Rocambole indispensable à tout amateur de littérature populaire, de littérature tout court, réserve d'autres surprises aux curieux et aux passionnés de la vie littéraire du XIXème siècle et ils se rendront compte que cette œuvre n'est pas désuète mais au contraire prend toute sa force et sa signification encore aujourd'hui, à l'instar de l'œuvre de romanciers qui ne sont pas tombés dans les oubliettes tels Balzac, Flaubert, Hugo ou Dumas.

Des écrivains tels que Paul de Kock, aujourd'hui oublié, dont Daniel Compère pose la question de savoir s'il était un romancier populaire, ont droit à des articles intéressants. Et dans celui justement consacré à Paul de Kock, il est amusant de lire qu'un critique littéraire fustigeait ces romanciers qui écrivaient pour vivre. Il s'agissait de Sainte-Beuve (et je m'en voudrai d'ajouter, comme un lycéen qui dans une copie en planchant sur un texte de ce littérateur affirma : Cette sainte avait raison) dont l'article paru dans La Revue des deux mondes en 1839 sous le titre La littérature industrielle. Autres auteurs bénéficiant d'un article : Michel Morphy, inoubliable créateur de Mignon, Léon Sazie et Gustave Le Rouge.

Sans oublier quelques rubriques concernant des autographes dénichés ça et là, des lettes de romanciers éclairant un peu mieux leur vie quotidienne et littéraire et l'annonce de parutions de revues et d'ouvrages spécialisés ou encore de rééditions d'auteurs majeurs ou méconnus du XIXème siècle, début du XXème.

Une véritable mine d'informations propre à contenter tout un chacun qui s'intéresse de près ou d'un peu plus loin à la littérature dite populaire des décennies passées.

Et, appliquant le principe du qui aime bien châtie bien, je n'ai pu m'empêcher de relever sous la plume d'un chroniqueur dans une notule consacrée à une étude publiée par Volum édition : Malgré la présence de nombreuses coquilles récurrentes, j'ai pensé à ce court film L'arroseur arrosé de Louis Lumière. En effet, nul n'est parfait, de nombreuses coquilles émaillent certains articles de ce numéro double ce qui est fort dommageable.

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