Morvan De Chien RIVIERE136

LAURENT RIVIERE

Morvan De Chien


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Le jeudi 3 Juillet 2014

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Laurent RIVIERE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Originaire de Nevers, Franck Bostik est policier depuis huit ans. Son père envisageait pour lui une grande carrière de footballeur. Durant un temps, Franck fut animateur sportif dans sa région. Il débuta ensuite comme flic à Police-Secours dans le 93. Puis, il fut affecté à un commissariat de quartier dans Paris. Franck pratique la police scientifique, laissant les arrestations à ses collègues. Il vit avec sa compagne Cécile, comédienne aux activités aléatoires, et son chien Paf. Un couple déséquilibré, proche de la rupture, pas seulement à cause de leur séduisante voisine Laure. Sa mère, qui habite Nevers, alerte Franck sur la disparition d'un jeune de dix-huit ans, qu'il a connu à l'époque où il était entraîneur. On le nommait “Patte-de-poulet”, mais il s'appelle Mathieu Lechartier.

La rupture avec Cécile étant inévitable, Franck s'accorde quelques jours de congés. Tant pis si son supérieur a besoin de lui. Avec le chien Paf, il prend la direction de la Nièvre. Ils vont loger chez Mathilde Lechartier, la sensuelle mère quadragénaire du disparu. Elle est l'amante du patron facho d'une discothèque locale, le Blue Box. En fait, celui-ci a essayé de se montrer bienveillant envers Mathieu, mais le jeune homme ne l'a jamais accepté. Franck interroge le voisin Simon, animateur au club de football qui traîne une mauvaise réputation, ainsi qu'un ado boutonneux du coin, le jeune mécano Alex. Il enquête aussi au Café de la Paix, dernier endroit où l'on ait vu Mathieu à Nevers.

Deux ou trois pistes se dessinent. Selon la police locale, un SDF prénommé Thomas mais qu'on appelle Le Sanglier pourrait être impliqué. Il y aurait aussi une fille au look gothique, qui fut vaguement amie avec Mathieu. Une autre fille, chanteuse d'un groupe rock métal, copine du jeune homme, semble moins concernée. Par ailleurs, on a peut-être vu Mathieu à la gare de Château-Chinon peu avant qu'il disparaisse. Ça reste assez confus de ce côté. Avec l'ado Alex, Franck visite les squats des toxicos et des clodos de la ville, fuyant même un tatoueur agressif. Ils finissent par retrouver la gothique Anaïs, dans les vapes mais en vie. Bien qu'on l'héberge chez Mme Lechartier, la jeune fille n'est guère coopérative.

L'amie rockeuse confirme une partie de l'emploi du temps de Mathieu, le soir où l'on perdit sa trace. Franck repère finalement Le Sanglier planqué dans une tour de la cathédrale de Nevers, blessé suite à une altercation. Il se montre méfiant, sa mémoire apparaît sélective. Néanmoins, il donne au policier une nouvelle piste, dans les forêts du Morvan rural. Dès le lendemain, Le Sanglier l'accompagne dans ces paysages naturels mais rudes. Ils ne sont pas loin de Château-Chinon, où Franck tente de trouver des témoins à la gare. C'est au hameau des Bardiaux que l'affaire prend un tournant décisif...

Tout le monde n'a pas la chance de voir son roman préfacé par Claude Mesplède, le grand spécialiste des littératures policières. Comme toujours, ce dernier vise juste quand il dit : “Laurent Rivière a bien retenu ses lectures et l'intérêt de son roman tient à son efficacité, à son écriture sans fioriture, à ses personnages attachants, tout simplement parce qu'ils sont humains.”

Oui, c'est un suspense sans le moindre temps mort que nous a concocté Laurent Rivière. Il est proche du behaviorisme, limitant au maximum les états d'âme et autres aspects psychologiques, s'en tenant pour l'essentiel aux faits vécus ou observés. Le policier est là pour mener une enquête, fut-elle officieuse. Pas pour consoler la belle Mme Lechartier, mère du disparu, ni pour empêcher la gothique Anaïs d'attenter à sa propre vie. C'est cette “efficacité” soulignée par Claude Mesplède, qui donne son tempo au récit.

L'un des côtés importants du roman noir, c'est la description sociale. Il s'agit de présenter aux lecteurs personnages et situations issus de la vraie population, de la vie réelle. Un restaurant où le menu est en langage morvandiau, un décor forestier qui fait frisonner, un éducateur sportif victime de rumeurs, et de nombreuses scènes donnent à l'histoire cette véracité indispensable. Ce sont les gens du cru que l'on côtoie ici, pour de bon, ceux dont on parle trop peu.

Ça n'empêche pas quelques passages souriants : “J'ai eu envie de boire un verre de gnôle. J'ai goûté la «Pomme». Un demi verre. Rhaaa... Bon sang. Y a pas que d'la pomme ! La gnôle du tonton flinguait.” Voilà de l'excellent “roman noir à la française”, formule nullement péjorative, car le résultat est très excitant.

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PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Les douceurs provinciales !

En général, un bandeau rouge tenant serré entre ses petits bras musclés, ou non, la couverture d'un livre, et sur lequel est apposée une inscription louangeuse émanant d'un confrère de l'auteur, d'un libraire médiatique ou conseillé par un critique en vue, me fait fuir. Nonobstant, ayant reçu ce roman en service de presse, oui je l'avoue, je ne pouvais me défiler.

Policier, depuis une petite dizaine d'années, et dont le rôle n'est pas d'enquêter mais de prendre en photo des scènes de crimes de sang, Franck Bostik est attaché au commissariat du Xème arrondissement de Paris. Il est membre de la police scientifique. Auparavant il était affecté en Seine-Saint-Denis. Originaire de Nevers, il vit en concubinage avec Cécile, une intermittente du spectacle qui a prêté son physique pour incarner Rohna, l'héroïne de Princess of War, un jeu de rôle très en vogue auprès des amateurs de jeux en ligne et auquel il s'adonne volontiers. Mais leur couple commence à tomber en déliquescence.

Bostik revient d'une enquête sur le terrain, une jeune femme lardée de coups de couteau, dont le principal suspect, son amant, aurait avoué le forfait. C'est alors que sa mère, qui vit toujours à Nevers l'appelle par téléphone au commissariat. Et ce n'est pas pour lui débiter les banalités habituelles mais parce que Pattes-de-Poulet a disparu. Il s'en souvient bien du gamin ainsi surnommé à cause de ses frêles guiboles. Matthieu Lechartier, un môme de la cité ouvrière où sa mère habite toujours. En ce temps là Bostik était éducateur au club de foot et il avait eu le gamin durant trois ans. Matthieu n'avait à l'époque qu'une dizaine d'années, ne savait pas parler et était taciturne, jusqu'à ce qu'un orthophoniste lui débloque les mâchoires. Bostik a eu les genoux bousillés par des blessures de foot et comme il a refusé de se faire opérer, au grand désarroi de son père, depuis il s'en ressent.

Madame Lechartier contacte également Bostik, et comme celui-ci vient de se faire remonter les bretelles par Cécile, sous le prétexte qu'il coucherait avec leur Laure leur voisine, il décide de prendre quelques jours pour aller enquêter sur place. Cela lui changera les idées pense-t-il, mais son supérieur n'est pas chaud pour lui octroyer les jours auxquels il a droit. Après tergiversation, le voilà qui rejoint la cité morvandelle accompagné de son chien Paf dans sa vieille super5.

Arrivé à la cité ouvrière où habite la mère de Pattes-de-Poulet, à Varennes-Vauzelles, non loin de la statue de l'Aviatrice érigée en la mémoire d'Evelyn Frost, Bostik entame ses premières démarches. Alors qu'il repère les lieux, il se fait alpaguer par un voisin, Simon, qui s'adoucit lorsque Bostik lui apprend qu'il s'inquiète du sort de Matthieu. Simon est un bon bougre qui a eu des ennuis lorsque, étant maître-nageur, une scène avec des enfants a été mal interprétée. Puis Bostik a recours à un gamin qui ouvre sa portière, les clés étaient restées à l'intérieur en compagnie de Paf, vous devinez la suite, qui lui fournit quelques renseignements en échange de billets en euros. Matthieu avait un copine, chanteuse dans un groupe, ainsi qu'une adolescente au look gothique.

Des pistes que Bostik va explorer et auxquelles d'autres viennent se greffer lorsqu'il rencontre enfin la mère de Matthieu puis les gendarmes sensés rechercher le fugueur, car l'hypothèse d'un enlèvement n'est pas encore retenu. Puis il est à la recherche d'un SDF surnommé le Sanglier qui vit dans une église et aurait été vu portant au poignet une montre ressemblant à celle de Matthieu. Ses pas le portent dans une boîte de nuit spécialisée échangiste et dont le patron serait l'amant de la mère de Pattes de Poulet, sur les plages du bord de Loire puis dans la forêt des Bardiaux, en un lieu nommé Bibracte, un parc archéologique datant des Gaulois et possédant des ruines romaines. Et le portable de Matthieu reste obstinément muet.

Plus que l'enquête de Bostik, effectuée malgré ses collègues et les gendarmes morvandiaux, en compagnie de Simon, de la Gothique et du Sanglier, c'est le regard jeté par l'auteur, Laurent Rivière, sur cette région et ses habitants, ainsi que sur les paysages traversés de Nevers à Château-Chinon. Les douceurs provinciales n'ont plus cours et les ruraux rivalisent avec les banlieusards parisiens dans les petits délits et la consommation de drogue. Ainsi l'ado boutonneux qui a dépanné Bostik, déverrouillant la portière de sa voiture à l'aide d'un cintre, cultive dans un placard du cannabis. Agnès, la gothique, qui consomme malgré son jeune âge et plus que de raison boissons alcoolisées et drogue, rêve d'intégrer le monde du spectacle. Le Sanglier, la mère de Matthieu, agréable quadragénaire et quelques autres complètent la galerie. Sans oublier ce restaurant qui sert des plats régionaux proposés à la carte déclinés en patois local.

Mais Franck Bostik, malgré son statut de policier, se montre parfois naïf ou négligent, un peu léger dans son travail. Ainsi il oublie de refermer une fenêtre, alors qu'il pleut, sur une scène de crime; il met à la poubelle une photo sur laquelle un mégot apparait et qui n'a pas été repéré par ses collègues, afin d'éviter à ceux-ci une sanction; ou encore lorsqu'il laisse les clés sur le contact de sa voiture en pleine forêt, la fermeture de sa portière par son chien ne lui ayant pas suffit de leçon.

Ce n'est pas un robot, il pense et ce qu'il sait de lui ne le réjouit guère : Je n'étais pas saisi de l'affaire, je n'étais pas en service et je n'étais pas territorialement compétent. Bref je n'étais rien... ça m'a foutu un coup de blues de comprendre ce que je savais déjà : j'étais un type paumé qui avait joué les détectives pour redresser une conscience écornée par mille trahisons envers son amie, envers les femmes, sa famille... envers un adolescent qui lui avait offert sa confiance. Un homme normal empêtré dans un état d'esprit en butte à ses contradictions et ses incertitudes.

A noter, et cela n'est pas indiqué en copyright sur ce volume édité par les éditions de l'Escargot Savant, et je le déplore, que cet ouvrage a déjà profité de deux éditions. Sous le même titre en avril 2009 aux éditions Demeter, et sous le titre Morvan mauvais dans la collection Régiopolice aux éditions Sirius en mai 2012.

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