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RICHARD-BESSIERE

Le Retour Du Capitaine Tempête


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Le retour du capitaine tempête

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 RICHARD-BESSIERE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Grands Romans. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1970.

La suite du Capitaine Tempête et quelques interrogations sur l’auteur !

Quelques mois plus tard après les événements décrits dans Capitaine Tempête, début 1778, Bruce Anderson, accompagné de Catherine, rejoint Brest à bord du Sea Bird.

Il a à son bord des diplomates américains qui doivent en compagnie de Franklin, déjà arrivé à Paris, convaincre Louis XIV et à son ministre Vergennes de reconnaître l’indépendance des Etats-Unis. Un événement qui entraînerait d’autres pays, dont l’Espagne, à admettre cet état de fait, ne serait-ce que par haine de l’Angleterre. Bruce et ses compagnons Cachalot et O’Brien, ainsi que Catherine, sont reçus en triomphateurs à Brest et ils sont invités chez les Coedec. Seul Yves Coedec, toujours amoureux de Catherine et marié à Solange, ne participe pas à ces réjouissances. Il n’est pas d’accord avec son père et le fait savoir.

Bruce doit repartir vers Norfolk, son bâtiment chargé de munitions, seulement des marins sont atteints du scorbut et il doit renouveler une partie de l’équipage. Pendant ce temps à Londres, Lord Grégory Maxwell n’a pas dit son dernier mot et souhaite toujours non seulement unir Edgar à Catherine, mais s’emparer du capitaine Tempête. Il débarque à Brest et promet sa fille à Yves Coedec en échange d’un petit service. Le jeune homme doit fournir à Bruce des hommes dévoués aux Anglais en remplacement des matelots déficients.

Yves accepte et Bruce recrute en toute confiance les nouveaux membres. Seul l’un d’eux semble louche aux yeux d’O’Brien et Bruce le met à la raison. Yves est obligé d’embarquer avec eux, afin de remettre la cargaison en échange de denrées telles que tabac et café. Au cours du voyage, alors qu’Yves confesse sa félonie, la mutinerie s’enclenche. Bruce et ses hommes parviennent non sans mal à prendre le dessus. Les rebelles, ou ce qu’il en reste, sont balancés à la mer et Yves confié à la grâce de Dieu dans une barque avec quelques jours de vivres.

Parmi les mutins, une jeune femme nommée Gloria est graciée par le Capitaine. Elle voue une haine farouche depuis la mort de son frère, décédé lors de l’insurrection de Norfolk qui a permis la libération d’Anderson. Une violente tempête malmène le navire et les organismes des marins restants, détournant le Sea Bird de sa route. Englué dans les algues de la mer des Sargasses, Bruce tente par tous les moyens d’arracher son vaisseau des plantes marines qui prolifèrent plus vite qu’elles sont coupées.

Les rations sont diminuées afin de ne pas succomber à la disette. Un ouragan libère le navire et peu après Bruce et ses hommes aperçoivent parmi les nombreux navires qui errent depuis des décennies dans les eaux traîtresses, un ancien galion espagnol qui transportait un trésor aztèque. Bruce s’empare des coffres contenant objets de valeur, or et pierres précieuses afin d’alimenter la caisse des révolutionnaires américains. Anderson rencontre les membres du Congrès à Lancaster et leur impose ses conditions. Il veut que le trésor soit affecté à Washington et ses hommes et non à quelques magouilles quelles qu’elles soient. Le Congrès est obligé d’accepter et peu après Bruce rencontre le fameux général. Ensuite il rentre à Tomstown afin de préparer l’expédition du pactole. Le convoi aura lieu par terre, conduit par Cachalot, O’Brien et quelques autres, tandis qu’il sillonnera l’océan dans l’esprit d’attirer à lui l’armée anglaise. Pour ce faire il feint d’être attiré par le charme de Gloria, lui dévoile qu’il convoiera le trésor et la laisse s’échapper, persuadé que la réaction de la jeune femme sera de prévenir l’oppresseur. Tout se déroule sans encombre et Bruce regagne son havre de paix.

Lord Maxwell, toujours lui, n’a pas changé d’un iota dans ses idées. Et la présence de Gloria devenue la maîtresse de son fils va lui donner une idée. Un jour Bruce reçoit à son bord un émissaire du Lord lui indiquant que Maxwell désire une entrevue, ses sentiments à l’égard du pirate ayant radicalement changé. Catherine est circonspecte mais Bruce néanmoins accepte. C’était un piège et Bruce est fait prisonnier et dans la foulée un prêtre uni Edgar à Catherine qui n’en peut mais. Quelques mois plus tard, Cachalot et O’Brien qui ont connu bien des vicissitudes et des aventures maritimes depuis la capture de leur capitaine préféré, échouent près de Savannah, recueillis par une famille de pêcheurs. Ils y retrouvent par hasard Yves Coedec qui n’a pas péri en mer comme ils le pensaient mais a connu lui aussi pas mal de tribulations. Il fait partie de l’escadre de l’amiral d’Estaing et dorénavant se fait appeler Charles Baron.

Personne ne sait qu’il est vivant. Il doit évaluer les canons et batteries qui protègent Savannah, afin que l’amiral puisse s’emparer du port. Mais les autorités de Savannah connaissent les projets de l’amiral et la défense est acharnée. Coedec et ses amis Cachalot et O’Brien sont surpris par des soldats anglais alors qu’ils étaient cachés dans une grange. Ils sont menés devant un conseil de guerre expéditif. Ils s’attendent à être pendus ou fouettés jusqu’au sang, mais heureusement pour eux, une bonne fée veille en la forme de Gloria. La farouche adversaire des patriotes fait libérer les trois hommes, répondant d’eux. Elle rumine sa vengeance à l’encontre d’Edgar et dévoile sur l’oreiller à Yves où résident les nouveaux mariés : New York.

Placé sous le signe des trois A, Amour, Action, Aventures, Capitaine Tempête et Le retour du capitaine Tempête nous proposent un épisode glorieux pour la France, l’émancipation des Etats-Unis. Un esprit d’autonomie, d’indépendance flotte sur la nation, pardon sur le royaume français, avec le désir avoué surtout contrarier et même combattre l’hégémonie anglaise sur les mers et par conséquence sur terre. Evidemment, les armes et munitions ne sont pas fournies gratuitement aux insurgés. En contrepartie ceux-ci doivent alimenter les besoins de nos ancêtres en tabac et en café.

Reconnaissez qu’aujourd’hui s’élèvent de nombreuses divergences quant à la suprématie américaine qui alors était inexistante et à ce goût de luxe cancérigène actuellement prohibé concernant l’herbe à Nicot. Mais n’entrons point dans de douloureuses polémiques et restons dans le contexte historique de l’époque, c’est à dire fin des années 1770 début 1780.

La France donc, par le biais de Beaumarchais entretient des relations privilégiées avec les révoltés américains, qui rappelons le forment déjà une fédération composée de treize états, et qui sont aidés dans leur démarche libératrice envers le joug anglais par de jeunes généraux comme Rochambeau et Lafayette, lequel réglait la solde de son armée avec ses propres deniers. Quelques années plus tard la Révolution éclatait, la royauté aussi, et tout doucement les Etats-Unis s’unifiaient. Une période faste, entre autres, pour exacerber l’esprit aventureux des hommes (et des femmes) épris de liberté dans un monde en mouvement à la recherche d’une nouvelle façon de vivre, d’exister. La Liberté éclairant le Nouveau Monde émanera donc à plusieurs titres, et sous de multiples formes, de la France mais il ne faut pas pourtant se cacher la face. Il s’agit bien de revanche, de compétition, envers un autre état dominant. La rivalité s’exerçant outre mer, à l’Occident, du Canada jusqu’en Louisiane.

Mais je m’éloigne car Richard-Bessière ne fait qu’écrire une page d’histoire mettant en valeur certes un corsaire, d’où les titres des deux volumes, mais surtout, et cela est quasiment occulté par justement les intitulés des romans, la volonté, le courage, l’esprit de décision, le sang-froid, l’énergie qui se dégagent d’une jeune femme. Catherine Lagrange restera une figure inoubliable par sa grâce, sa vitalité, son dynamisme, sa candeur parfois, sa beauté, sa grâce émouvante, sa fidélité à un homme, à un idéal, son abnégation. Si vous voulez en rajouter, vous pouvez.

Au fait, j’allais oublier de vous signaler que ces deux romans signés Richard-Bessière ne sont que des rééditions au Fleuve Noir, sans mention d’une première édition, et qu’ils avaient paru en 1953 et 1954 aux éditions André Martel sous les titres respectifs de Pour le meilleur et pour le pire et Capitaine Tempête, et signées Ralph Anderson.

Comme on peut s’en rendre compte le titre du premier volume a donc été changé lors de sa réédition reprenant tout simplement celui du deuxième tome de l’édition originale. Les couvertures étaient signées Jef de Wulf et Gourdon s’en inspirera pour la réédition au Fleuve Noir. Elles seront plus épurées et le graphisme amélioré mais l’esprit est le même.

Or, un mystère cependant demeure. Ces romans sont-ils vraiment de Richard Bessière ? Selon certains Ralph Anderson serait le pseudonyme conjoint de Richard Bessière et François Richard, alors directeur de collection au Fleuve Noir et qui ont signé les premiers Anticipation de Bessières sous le nom de Francis Richard-Bessières. Mais dans un courrier échangé avec Bessière, celui-ci ne m’a jamais indiqué cette première édition, ni ce pseudonyme.

Alors que penser ? Que son père serait éventuellement l’auteur des deux romans et que lui-même les aurait fait rééditer par la suite sous son nom ? Ensuite pourquoi publier ces deux romans initialement chez Martel puisque la collection Grands Romans était en gestation et a démarrée fin 1954.

D’ailleurs de très nombreux points d’interrogation sont toujours en suspend concernant les premiers romans de Bessière et sa collaboration avec François Richard, collaboration qu’il a toujours nié. En effet il argue du fait que c’est son père qui signa le contrat le liant au Fleuve Noir sous la houlette de François Richard, dont il était un ami, ne pouvant le faire lui-même car il était mineur. Or, comme chacun sait, Bessière est né en 1923 donc en 1951, date de la parution de Les Conquérants de l’Univers, premier volume de la collection Anticipation, Bessière était âgé de 28 ans et donc pouvait voler de ses propres ailes.

Mais il a toujours entretenu l’ambigüité concernant ce pseudonyme de F. Richard-Bessière ainsi que celui F.H. Ribes en affirmant qu’il s’agissait de ses propres initiales et agglutination de ses prénoms et nom.

F. Richard-Bessière puis Richard-Bessière pour Anticipation et F.R. Ribes peuvent très bien se décliner ainsi :

Pour F. Richard-Bessière et Richard-Bessière : François Richard et Henri Bessière. Pour F.R. Ribes : François et Richard, puis Richard pour RI et BES pour Bessière.

Mais dans tous les cas, il a toujours affirmé qu’il s’agissait d’une seule et unique personne, lui, rédigeant ces romans, avançant qu’il se prénommait François Henri Michel Bessière. Or, ce prénom de François ne figure pas à l’état-civil. Mais comme selon lui, on l’aurait toujours appelé François chez lui, pourquoi se gêner…

Selon la revue Lunatique n°27, de mars 1967, les premiers romans Anticipation auraient été rédigés en collaboration avec Bessière père et dateraient de 1941 !

Tout ceci est bien trouble et troublant n’est-ce pas ?

Cet article et Capitaine Tempête ont fait l’objet d’une publication, quelque peu différente dans l’ouvrage Richard-Bessière, une route semée d’étoiles paru en 2005 aux éditions L’œil du Sphinx.

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