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Capitaine Tempête


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 RICHARD-BESSIERE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Grands Romans. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1969.

Comme un ouragan …

Catherine Lagrange, un peu plus de seize ans, orpheline – son père est inconnu et sa mère est décédée quelques mois après sa naissance - est élevée dans un couvent situé entre Brest et Morlaix. Tout en acquérant une instruction assez poussée, elle participe aux activités domestiques, n’étant pas comme ses condisciples une riche héritière. C’est ainsi qu’en compagnie du père Mathieu, l’homme à tout faire du couvent, elle se rend à Brest afin d’effectuer quelques emplettes nécessaires à la vie scolaire. Elle y fait la connaissance d’Yves Coedec, d’une manière fugitive mais prépondérante.

Quelque temps plus tard elle surprend une conversation entre un homme et Sœur Marthe, qui dirige le couvent. Une âpre discussion oppose Sœur Marthe à Lord Maxwell. Celui-ci prétend récupérer sa fille Catherine afin de lui faire épouser son neveu, sous un prétexte bassement matériel. Il est le fondateur et le président d’une société d’exportation et d’importation maritime l’Indian Pacific, et acculé à la faillite il n’a d’autres ressources que d’organiser cette union susceptible de le renflouer. Sœur Marthe réserve sa réponse mais Catherine refuse de rencontrer cet homme, dont elle ignore l’identité.

La jeune fille décide de quitter le couvent et se rend à Brest. Elle se fait embaucher comme dame de compagnie chez les Coedec, retrouvant avec plaisir Yves dont les fiançailles avec Solange sont imminentes. Riche armateur, Coedec père entretient avec les opposants américains qui fomentent la guerre d’Indépendance, des relations étroites et plus particulièrement avec Bruce Anderson, surnommé le Capitaine Tempête. Il envisage d’affréter des navires dont la cargaison serait constituée d’armes afin d’aider les rebelles dans leur combat contre le roi d’Angleterre George III, avec l’aval de ministres de Louis XVI et d’hommes politiques dont Beaumarchais.

Lors d’une promenade dans la campagne bretonne, Yves se montre un peu trop entreprenant auprès de Catherine qui le remet à sa place. Elle le considérait simplement comme un frère et son geste déplacé la choque. Mais elle continue à le considérer comme un ami. Le secrétaire et confident de Lord Maxwell, William Ferraby, a retrouvé la trace de Catherine et il tente de convaincre celle-ci de rejoindre son père. Si elle n’obtempère pas, il dévoilera aux Coedec sa véritable identité lesquels penseront immédiatement avoir recueilli une intrigante.

Déboussolée, la jeune fille erre dans Brest. Elle tombe nez à nez avec le père Mathieu et lui narre ses malheurs. Il assure à sa protégée que tout va s’arranger. Il donne rendez-vous à Ferraby et l’assassine, presque malgré lui. Regagnant le couvent sa carriole se renverse et le père Mathieu décède dans l’accident. Pendant ce temps Bruce Anderson débarque chez ses amis les Coedec. Il veut connaître les projets de Maxwell sur un éventuel blocus de la part des Anglais. Pour cela il faudrait que quelqu’un rejoigne Plymouth où Shannon, un de ses agents, est établi. Catherine, en dette envers Anderson, se propose, puisqu’elle maîtrise parfaitement l’anglais, d’effectuer cette mission. Arrivée sur place, le 1er janvier 1776, elle contacte immédiatement Shannon. Mais il est à la solde de Lord Maxwell qui séquestre aussitôt la jeune femme.

Dix-huit mois plus tard, Bruce Anderson arraisonne près des côtes américaines un bâtiment anglais. Parmi les passagers, Catherine et sa gouvernante, miss Hawkins, véritable cerbère qui la surveille nuit et jours. Bruce n’a pas digéré l’échec de Plymouth. Il croit en toute logique que Catherine les a grugé lui et les Coedec. Elle a beau essayer de lui raconter son histoire, il ne veut pas l’entendre, d’autant que Shannon a été retrouvé mort peu de temps après l’arrivée de la jeune fille en terre anglaise.

Cachalot, le maître canonnier ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie envers la prisonnière. Les deux femmes et quelques soldats rescapés sont débarqués sur les côtes de la Virginie, non loin de Norfolk. C’est ainsi que Catherine, se retrouve malgré elle chez son oncle, le gouverneur de la Virginie Lord Maxwell, et son cousin Edgar, le futur promis. Bruce Anderson apprend de source sûre par le capitaine Berthier, envoyé par Coedec, que Shannon était un traître à leur cause. Aussitôt il organise la libération de Catherine, le jour même où elle devait se marier avec Edgar.

La jeune fille est mise en sûreté dans un ranch, non loin de Tomstown où mouille le Sea Bird, le navire d’Anderson, appartenant à Dolorès, la maîtresse du corsaire. Mais Catherine est amoureuse du fringant Bruce et comme c’est réciproque, il n’en faut pas plus pour que s’accomplisse un rapprochement au grand dam de Dolorès. Le gouverneur Maxwell fait répandre le bruit que le Sea Bird a été pris en chasse par la flotte anglaise, coulé et que de nombreux membres de l’équipage sont dans les geôles de Norfolk. Aussitôt Anderson décide de se rendre dans la capitale de la Virginie mais heureusement, O’Brien, le second du navire, Cachalot et John Smith se lancent à la rescousse.

A eux quatre ils mettent en déroute l’armée qui attendait de pied ferme le corsaire et ils retournent au ranch. Seulement Maxwell connaît pratiquement le lieu de leur refuge et des militaires anglais campent dans la région. Tandis qu’Anderson et d’autres corsaires vont à l’encontre de la flotte de Coedec afin de les protéger des attaques maritimes anglaises, la pauvre Catherine n’est pas au bout de ses avatars. Dolorès, rongée par la jalousie, la dénonce au représentant du gouverneur et Catherine est à nouveau enfermée dans le palais gouvernemental de Norfolk. Bruce, sa mission terminée rentre au ranch mais il est capturé lui aussi par les Anglais. Dolorès se rend compte qu’elle a fait une grosse bêtise et elle veut se racheter.

Pendant ce temps Catherine, mise au courant de la situation par son futur beau-père passe à l’acte. Elle s’échappe du palais, obligeant Edgar à la suivre et confie son otage à des rebelles américains. Dolorès tente de délivrer Bruce mais la relève de la garde empêche son projet. Elle est mortellement blessée et Bruce comparaît devant une mascarade de tribunal. Catherine a alerté Cachalot et O’Brien et elle débarque en compagnie des corsaires dans le port de Norfolk. Alors qu’il allait être pendu haut et court Bruce rue dans les brancards tandis que les insurgés se ruent sur les portes du palais. Un duel oppose le gouverneur à Bruce. Maxwell est mortellement blessé, et son fils Edgar a réussi à filer à l’anglaise.

Bruce peut enfin filer le parfait amour avec Catherine après avoir recueilli les derniers mots de repentance de la part de Dolorès. Fin du premier tome sur ces phrases qui semblent définitives : Ils se retrouvèrent sur la grande terrasse dominant la mer. Devant eux, sur les flots ensoleillés, se balançait le Sea Bird toutes voiles dehors… Ces grandes voiles gonflées de vent et d’espoir… d’amour et de liberté !

A première vue, et en se fiant au titre, le lecteur pourrait penser que ce roman serait entièrement dédié à l’héroïsme masculin, le héros bravant mille et un dangers. Si en partie ce souhait est réalisé, il convient toutefois mettre en avant le personnage de Catherine, dont on sait seulement qu’elle est issue des amours adultères d’un Lord anglais et d’une mère probablement de souche plébéienne. Catherine se montre dès sa prime adolescence comme une jeune fille courageuse, aussi bien en action qu’en parole, la force de caractère dont elle est pétrie étant transcendée plus tard par l’amour et son corollaire, la haine.

Ainsi elle gifle l’une de ses condisciples, riche héritière, qui, l’odieuse, la traite de bâtarde. Sœur Marthe comprend la rébellion de la jeune Catherine mais elle ne peut supporter que deux de ses pensionnaires se chicanent, même si le geste de Catherine est compréhensible. Elle demande donc aux deux adolescentes de se réconcilier.

Catherine rêve de découvrir la mer et reproduit sur des toiles sa passion, peignant des voiliers. Mais ses connaissances maritimes sont nettement moins étendues que celles de Melle de Bretteuse. Celle-ci jette un coup d’œil indifférent sur les dessins de Catherine et persifle : “ Très drôle, mon amie, mais je crois que vous avez tort d’essayer de reproduire quelques chose que vous n’avez jamais vu ”. A quoi Catherine, sans se démonter, réplique : “ Vous semblez oublier, ma chère, que nombre de peintres de talent ont maintes et maintes fois représenté le ciel, le purgatoire et l’enfer. Vous pensez sans doute qu’ils ont eu l’occasion de les visiter ? ”.

Cette force de caractère, Catherine aura l’occasion de la mettre en valeur aussi bien dans ses relations avec Yves Coedec, que dans ses engagements au côté de Bruce Anderson. Elle se révèlera même décisive dans ses interventions, usant non de ses charmes mais de son courage. Elle n’est pas vénale, contrairement à une autre figure de proue féminine du roman, Dolorès. Car la Métisse, comme elle est surnommée, cédant à la jalousie perd l’homme qu’elle aime et malgré ses remords, elle ne pourra survivre à ses trahisons. Catherine la blonde et Dolorès, la brune, deux entités qui se confrontent incarnant le Bien et le Mal.

Sans s’appesantir sur les descriptions physiques et morales des divers protagonistes de ce roman, ce qui évidemment pourrait être intéressant en soi mais alourdirait cet article, penchons nous sur une figure connue : Pierre Augustin Caron de Beaumarchais. Si aujourd’hui il est plus connu comme homme de théâtre, auteur entre autre du Barbier de Séville, Beaumarchais se montra particulièrement actif en faveur des patriotes, des indépendantistes américains.

Richard-Bessière le décrit ainsi : …Malgré ses quarante trois ans bien sonnés, (il) était un homme extrêmement actif qui donnait l’impression d’une perpétuelle jeunesse. Très sympathique, parlant un langage direct, son talent d’écrivain et ses succès littéraires faisaient de lui un homme de premier plan. Mais si Beaumarchais devait un jour être connu surtout comme auteur dramatique, il était principalement un intrigant aimant l’aventure, et qui n’hésitait pas à faire preuve de la plus grande désinvolture quant aux expédients à employer. Le trait le plus saillant de son caractère résidait dans son amour insensé de la liberté. De là à aimer puis à essayer de favoriser le mouvement de révolte américain, il n’y avait qu’un simple pas qu’il n’avait pas hésité à franchir lorsqu’il avait fait la connaissance à Londres d’Arthur Lee. Certains le représentaient comme un aventurier de profession, alors que Caron de Beaumarchais était tout au plus un exalté qui se donnait corps et âme à ses sentiments du moment.

D’autres personnages historiques font de brèves apparitions ou sont simplement nommés, comme par exemple La Fayette, mais c’est pour mieux transposer la fiction dans la réalité.

Demain, suite avec le second volume de cette passionnante histoire.

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