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IAIN REID

Je Sens Grandir Ma Peur


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Le lundi 14 Mai 2018

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Je sens grandir ma peur

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Iain REID




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Sur une route d’Amérique du nord, un jeune couple se rend de la ville universitaire où ils habitent jusqu’à la ferme de ses parents à lui. Jake conduit la voiture, tandis qu’elle fait le point sur leur relation, et sur elle-même. Ils se connaissent depuis environ sept semaines, et elle trouve qu’ils sont plutôt bien assortis. Envisager un avenir durable ensemble, c’est la question qui la turlupine quelque peu. Ce ne sont pas les motifs d’interrogations qui manquent, estime-t-elle. Certes, Jake est un jeune homme brillant, très intelligent. Il sera bientôt professeur. Il est grand, beau gosse malgré son côté escogriffe. Sa misanthropie et son savoir attirent manifestement la jeune femme. Ils doivent dîner pour la première fois chez les parents de Jake, un passage obligé dans ce genre de situations.

De son côté à elle, le bilan de sa vie comporte des moments sombres, qui font d’elle une angoissée chronique. Dans son enfance, elle fut marquée par un épisode fort étrange : un voyeur qui l’observait chez elle, à travers la fenêtre de sa chambre. C’est un souvenir à la fois confus et tenace, secret mais forcément traumatisant. Durant le trajet, elle raconte à Jake une anecdote insolite. Vers ses seize ans, elle a connu un moniteur d’auto-école qui s’intéressait davantage à la philosophie, aux théories de Carl Gustav Jung, qu’aux leçons de conduite. Un personnage déstabilisant. Par contre, elle ne parle pas à Jake des appels téléphoniques anonymes qu’elle reçoit depuis un certain temps. D’ailleurs, ça continue sur son portable pendant ce voyage. Des appels non menaçants, mais insistants.

Selon Jake, tout souvenir comporte une part de fiction, telle une version améliorée des faits. Pour lui, bien des choses sont relatives, y compris l’intelligence. Serait-il trop intello, quand il espère une vieillesse harmonieuse, alors que le refuge de la solitude lui convient mieux à elle ? Ou quand il trouve que le monde actuel est propice à l’état dépressif, qu’il est un peu trop triste pour s’y épanouir ? Le couple arrive finalement à la ferme des parents de Jake. Elle n’est plus exploitée, il n’y a plus d’animaux, ce qui déçoit le jeune femme. Bien que la mère de Jake soit souffrante, gênée par divers maux, les parents de Jake s’avèrent accueillants. Néanmoins, l’ambiance intrigue la jeune femme. Après dîner, peut-être vaut-il mieux repartir, en effet. Au risque de nouvelles mauvaises surprises…

(Extrait) “Je me trompe peut-être, mais toute cette soirée me semble un peu bizarre. La maison, ses parents, le voyage dans son ensemble, rien ne se déroule comme prévu. Ce ne fut ni plaisant, ni intéressant. Je ne m’attendais pas à trouver autant de choses vieilles, désuètes. Il y a un malaise depuis notre arrivée. Ses parents sont sympas – surtout le père – mais ils n’ont guère de conversation. Ils ont parlé beaucoup, mais principalement d’eux-mêmes. Il y avait aussi des silences interminables, le bruit des couverts qui raclent les assiettes, la musique, le tic-tac de l’horloge, les craquements du poêle.

Comme Jake est un brillant causeur, l’un des meilleurs que j’aie jamais rencontrés, je m’attendais à retrouver cette qualité chez ses parents. Je croyais qu’on parlerait travail, et peut-être même politique, philosophie, arts plastiques, etc. Je croyais que la maison serait plus vaste et en meilleur état. Je croyais qu’il y aurait plus d’animaux vivants.”

On peut s’autoriser à affirmer que le suspense psychologique est moins convaincant dans certains cas. En particulier quand ça ralentit l’action, au profit de dissertations quelque peu fumeuses sur "l’intériorité des personnages", leur mal-être ou un quelconque moment qui causa chez eux un traumatisme. Par exemple, il est possible qu’un décès, une image, une odeur, provoquent un blocage mental passager, mais faut-il en faire tout un roman ? À l’inverse, quand la situation répond à une vraie logique, on adhère plus aisément. Qu’une jeune femme profite d’un petit voyage en voiture avec son compagnon pour procéder à une analyse introspective, incluant des pensées plus ou moins agréables, ça se tient. Elle évalue l’équilibre du couple qu’elle peut former avec lui, qui annihilerait ses angoisses.

Sauf que des intermèdes nous suggèrent qu’un drame s’est produit. Comme une sorte de délire qui se serait mal terminé. Une crise schizophrénique, sûrement. Refusant le contact, la victime n’allait pas bien dans sa tête, c’était perceptible. Existe-t-il un lien direct entre cet événement-là et le périple du jeune couple ? On doit s’y attendre, mais… “Je sens grandir ma peur” est un suspense psychologique rudement bien maîtrisé. Dans un format (200 pages) correspondant à l’intensité énigmatique voulue, anxiogène sans abuser des effets. Une très belle réussite.

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CLAUDE LE NOCHER
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