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PATRICK RAYNAL

Une Ville En Mai


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Patrick RAYNAL




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution 11 mai 2016. 268 pages. 18,00€.

En mai, fait ce qu'il te plait... Une bonne petite insurrection estudiantine par exemple, comme en 1968.

C'est dans ce contexte de révolte que Frédéric est de retour dans sa bonne ville de Nice, après un séjour de dix ans en Afrique. Il était parti parce qu'entre lui et son ex-épouse, le torchon brûlait. Et s'il revient, c'est à cause de l'appel au secours épistolaire de Domi. Leur fille Sophie a disparu. Depuis trois mois !

Il serait peut-être temps de s'inquiéter !

Frédéric réaménage dans son vieil appartement puis il téléphone à Domi qui a trouvé un compagnon, Jérôme, un bellâtre sur lequel elle peut passer ses nerfs. Car elle a toujours été comme ça Domi, les nerfs à fleur de peau, et au moindre incident, à la moindre contrariété, elle monte comme le lait sur le feu, et même plus vite.

Et bien entendu leur rencontre débute en terrain miné, la discussion est vive et animée mais Frédéric parvient toutefois entre deux échanges ping-pong à obtenir quelques renseignements. En plus de ceux qu'il possède, car depuis quelques années Sophie correspondait avec son père. Ce que sa mère ignore. Elle lui avait même envoyé un cliché d'elle en bikini, et c'est (c'était ?) un sacré brin de fille.

Selon Domi, Sophie fréquentait un garçon en particulier, un nommé Thomas, en deuxième année de sociologie et qui est à la tête d'un mouvement estudiantin contestataire. Le coup de massue (comme le général) pour Frédéric qui ne s'attendait pas à ce que sa fille fréquente les communistes, terme générique pour tout ce qui de mouvance d'extrême-gauche. D'ailleurs c'est pour cela que Sophie et sa mère se sont engueulées et que Sophie a fini par claquer la porte.

A part le prénom de Thomas, Domi ne peut lui fournir plus de renseignement, alors Frédéric se résout à demander à un sien ami de fouiller et de lui apporter des éléments concrets afin d'entamer des recherches. Pancrazi, un ancien des RG, accède volontiers aux désidératas de Frédéric. Et c'est ainsi que le père frustré va remonter peu à peu le parcours de Sophie. Thomas non n'a pas de nouvelles de Sophie depuis quelques temps, de même que la colocataire de Sophie.

Dans l'enceinte de l'université de Nice, tenue par Thomas et ses amis, un drame vient de se dérouler. Le cadavre d'un professeur d'obédience d'extrême-droite a été retrouvé sur la plage. Sophie serait-elle à l'origine de ce meurtre ? Qu'est-elle devenue ? Est-elle encore vivante ou morte ? Autant de questions et d'autres qui se greffent les unes aux autres qui jalonnent le parcours d'enquêteur que s'est dévolu Frédéric. Un père qui découvre que sa fille, sa chère Sophie, possède des zones d'ombre et des ambigüités qu'il a du mal à cerner.

Et entre les diverses mouvances politiques, communiste, trotskiste, maoïste, ou encore marxiste-léniniste à laquelle Sophie appartenait, plus la résurgence de l'extrême-droite qui n'a jamais cessé d'exister mais prend de plus en plus d'importance, le lecteur qui n'a pas connu ces troubles qui enflammaient aussi bien Paris que la province découvre un pan de l'histoire de cette seconde partie du XXe siècle qui aura marqué toute une génération et dont les soubresauts sont encore prégnants à plusieurs titres.

Dans cette ambiance de révolte, de contestation, se déroule une affaire de disparition et d'un père aux abois. L'épilogue ne joue pas sur le sensationnel, au contraire, et pourrait paraître frustrant si justement Patrick Raynal ne s'était résolu qu'à raconter une histoire policière.

Mais c'est un peu de sa jeunesse qu'il dévoile, lui qui a passé une partie de son adolescence à Nice, fréquenté la faculté de Nice où il obtient une maîtrise de lettres modernes et qu'il milita activement dans un des mouvements d'extrême-gauche, la Gauche Prolétarienne.

C'est donc tout un pan de cette épopée qu'il nous narre, et il est amusant de constater qu'avec l'âge la façon d'aborder ces groupuscules a fondamentalement évolué. Mais tous les contestataires de cette époque ne possèdent plus la même foi, et l'on pourrait citer Daniel Cohn-Bendit qui était surnommé Dany le Rouge, Jacques Sauvageot, Alain Geismar dont les parcours ont évolué politiquement et professionnellement.

A noter, et pour revenir au roman, qu'apparaît la figure de Corbucci dit Corbu, un détective privé dont Patrick Raynal narrera quelques aventures dans Corbucci, recueil de nouvelles chez Albin Michel et Dead girls don't talk nouvelle numérique chez SKA.

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CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Frédéric Corniglion a quitté Nice dix ans plus tôt pour tenter l'aventure en Afrique. Besoin de fuir une relation trop complexe avec son épouse Domi, sûrement aussi. Au début du mois de mai 1968, il est de retour. Âgée de dix-huit ans, leur fille Sophie a disparu depuis quelques semaines. Elle est étudiante en sociologie, très appliquée : “une tronche” selon son entourage à la Fac de Nice. Corniglion retrouve Domi chez son nouveau compagnon, Jérôme Lassus, un architecte friqué, un bellâtre arrogant. L'inquiétude n'explique qu'en partie l'agressivité de Domi, aussi mordante que par le passé. La disparition de Sophie est d'autant plus troublante, que la Fac niçoise participe à la révolte actuelle. Et que la jeune fille était intime avec Thomas Figasso, leader local du mouvement insurrectionnel.

Virgile Pancrazi, commissaire aux RG, approche d'une retraite qui s'annonce ennuyeuse en Corse, son île natale. Avec son adjoint Vincent Casanova, ils surveillent sans s'en cacher le mouvement étudiant. Pour cet ancien Résistant qu'est Pancrazi, devenu fervent Gaulliste, pas facile de comprendre la motivation de ces jeunes. Contrairement à Casanova, issu de milieu modeste, plus sensible à la révolte : “Ces gosses sont juste en train d'apprendre qu'on peut dire merde au pouvoir – C'est le pouvoir qui leur donne les facs qu'ils salopent et les profs qu'ils insultent. – Non. C'est la République qui leur donne tout ça. Le pouvoir se borne à leur envoyer ses compagnies de CRS.” Honnêtes, ces deux policiers n'ignorent pas que certains flics sont peu fiables. Surtout à Nice, une ville gangrenée.

Tout en cherchant sa fille, Corniglion reste perplexe : “Les évènements qui secouaient la France n'étaient pas très visibles dans ce repaire de riches retraités qui auraient pourtant eu tout à craindre d'une révolution, or, loin de se terrer dans leurs appartements cossus, ils se pavanaient en costumes d'été et robes légères et squattaient les chaises et les bancs de la Promenade des Anglais, la Promenade des Sanglés, comme on disait quand on étaient mômes en voyant ces encravatés et entweedés de frais. Comment Figasso et sa bande pouvaient-ils songer un seul instant à faire la révolution dans cette ville qui, depuis quatre-vingt ans, se figeait les traits à grands coups de truelles de fond de teint ?… Certes, Nice avait l'ambition d'une capitale, mais elle n'était pour l'instant qu'un dortoir pré-mortem et, en été, un boxon à touriste, doté il est vrai d'un maire qui la rêvait en Los Angeles, corruption comprise.”

Blanc-Dumont, prof d'Histoire à la Fac, a été bousculé par des étudiants exaspérés par l'idéologie d'extrême-droite qu'il répand. Quelques heures plus tard, son cadavre est retrouvé sur une plage niçoise. Casanova s'arrange pour que l'enquête sur ce meurtre leur soit confiée, à Pancrazi et à lui, afin qu'il puisse disculper le milieu estudiantin. Il va falloir négocier avec Thomas Figasso pour entrer dans la Fac et mener leurs investigations. Quant à Frédéric Corniglion, il est bientôt en contact avec Corinne, colocataire de Sophie. Elle n'a plus de nouvelle non plus. Elle laisse entendre à Corniglion que sa fille aimait passionnément le sexe, les hommes. Une liberté dans l'air du temps ? Pas seulement. Elle avait même une relation avec un professeur quinquagénaire.

Tandis qu'un Rital menaçant rôde, le père de Sophie réussit à discuter en tête-à-tête avec Thomas Figasso dans un bistrot. Pas certain que ça l'aide à comprendre la mentalité de sa fille. Si le commissaire Pancrazi est toujours remonté contre les jeunes rebelles de la Fac, son adjoint Casanova suit une toute autre piste. Qui va le mener jusqu'à Cimiez, quartier niçois habité par la haute-bourgeoisie locale. Dont fit partie le défunt prof Blanc-Dumont, qui avait tant de choses à se reprocher…

Près de cinquante ans plus tard, Mai-68 est encore une date historique alimentant le débat, la controverse. Les opposants et leurs héritiers imaginent que c'est cet évènement qui a bouleversé la société française, déréglé la prospérité tranquille d'un pays sagement conduit par le général De Gaulle : tout est de la faute des gauchistes. Les nostalgiques participants d'alors jouent volontiers les anciens combattants, pensant que c'est grâce à eux que la France a évolué positivement. Dans ce cadre, si existait un relatif consensus en faveur des Vietnamiens contre les Américains, les divergences étaient nombreuses entre courants révolutionnaires, staliniens, trotskystes, maoïstes, etc. La propagande battant son plein, tous estimaient que la société étant figée, leur rôle consistait à la faire bouger.

Patrick Raynal s'inspire de ce contexte, tel qu'il l'a vécu à Nice où il vivait, à l'époque. Le mouvement étudiant de Mai-68 ne se déroula en effet pas qu'à Paris. Les trois enquêteurs, le père de la disparue et les deux policiers des RG, posent chacun un regard différent sur ces étudiants en rébellion contre l'autorité. Raynal évoque aussi la mutation de cette ville, où la mairie passa en ce temps-là des mains du père à celles du fils. Celui-ci allait véroler toujours davantage la situation locale, pendant les vingt-trois années suivantes. En outre, il faut souligner qu'en 1968, la 2e guerre mondiale n'est pas si loin, et que subsistent des éléments que l'on n'a pas clarifiés.

Avant tout, c'est sur une intrigue polar que s'appuie Patrick Raynal pour ce roman noir. Et une réflexion vient naturellement à l'esprit : qu'il est agréable de lire une histoire bien racontée, bien structurée. C'est un suspense sombre et solide, dans la meilleure tradition, que nous propose cet auteur chevronné.

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