la nuit du nord de Gérard PREVOT


La Nuit Du Nord PREVOT396

GERARD PREVOT

La Nuit Du Nord


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Le dimanche 31 Mars 2019

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Gérard PREVOT




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE  

Collection Marabout Fantastique N°484. Editions Marabout. Parution 1974. 192 pages.

Réédition dans Le démon de février. Collection Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1998. 576 pages.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

Et de vagues rochers que les marées dépassent,

Et qui ont à jamais le cœur à marée basse.

Avec infiniment de brumes à venir

Avec le vent d'ouest écoutez-le tenir

Le plat pays qui est le mien.

Dans la lignée des fantastiqueurs belges, Gérard Prévot est à mettre à égalité (presque) avec Jean Ray, Thomas Owen, Michel de Ghelderode ou encore Jacques Sternberg. Il occupe une place de choix pourtant il est quelque peu méconnu même s’il a signé des ouvrages sous les pseudonymes de Francis Murphy, Red Port et probablement sous l’alias collectif de Diego Michigan.

Les trois nouvelles de ce recueil sont ancrées dans le Nord, en Belgique plus précisément, à Bruges, Ostende, et leurs environs avec toutefois, pour les deux premières, une petite incursion dans le Sud. Peut-être afin de soulever quelque peu le voile de brume qui les environne et pour mieux les y replonger ensuite. Mais toutes trois d’inspiration différente, entretenant le mystère avec une pointe de science-fiction.

D’origine méditerranéenne, Laurence Di Malta se trouve par hasard à Bruges par un soir de rude hiver. Elle rencontre un peintre, Herman Kuttner, trente ans, sur le seuil d’une taverne. Ils ne font que bavarder, le reste ce sera pour plus tard, peut-être. Le lendemain, elle entre dans une galerie de peinture et s’arrête longuement devant une toile de Kuttner. Elle en oublie ses gants sur un divan et téléphone le soir même au directeur de la galerie. Celui-ci lui envoie à son hôtel non seulement ses gants mais une lettre signée Kuttner. Est jointe à cette missive une toile du peintre. En récompense elle le retrouve aussitôt et là se produit ce que vous attendiez tous mais que je ne vous décrirais pas puisque ce n’est pas l’objet de l’histoire. Sachez toutefois que voulant rentrer à son hôtel, elle se perd et se rend compte qu’elle arrive par plusieurs fois dans la même impasse. Elle est perdue, et une ombre lui indique une fenêtre basse. Elle se sent suivie et frappe à la porte de la maison indiquée et Herman Kuttner lui ouvre ? C’est lui mais ce n’est pas lui. Comme un dédoublement du peintre. Et quoique cette histoire se déroule à Bruges, on peut dire qu’il s’agit d’une affaire de Gant(d). Cette nouvelle donne son titre au recueil, La nuit du Nord.

Les oyats, ce sont ces chiendents marins qui poussent sur les dunes des plages, des plantes touffues qui retiennent le sable. Celui qui narre cette aventure, est installé à Middlekerke près d’Ostende. Il se nomme Percy Brumer et est chargé d’une mission concoctée par trois comparses. Il s’est installé dans un vieux moulin et un château d’eau désaffecté. Il a trois ans pour préparer sa mission, c’est un tueur. Mais il doit aussi réaliser une grille en assemblant des barres sur lesquelles il doit inscrire une lettre sur chacune de ces tiges. Il en fabrique une tous les six mois. Il a le temps, il n’est pas pressé, pour tant lorsque débute le récit il avoue avoir failli à sa mission. Peut-être parce qu’il avait rencontré, alors qu’il était couché dans les oyats, quelques semaines après son arrivée, une jeune fille, Dolly, qui ne se déplaçait qu’en chaise roulante accompagné de sa gouvernante. Mais Dolly décède peu après.

Cette nouvelle, la plus longue du recueil, est racontée à plusieurs voix, la principale étant celle de Percy Brumer qui rédige une sorte de testament que lira par la suite un autre interlocuteur. Jusqu’à l’épilogue ou presque, le lecteur nage dans l’incertitude, dans le flou le plus complet, jusqu’à ce qu’il découvre ce qui pousse, poussait, Percy Brumer à confectionner une grille et les raisons de son échec volontaire.

Enfin, Le spectre mécanique, met en scène un jeune garçon envoyé chez son oncle, un vieil homme qui habite un château qui ressemble à un spectre, coincé entre deux montagnes. L’adolescent se nomme Frédéric de Marck, et son oncle, le comte Godefroid de Marck, lequel vit avec son unique serviteur Paulin. Leur rythme de vie est assez spécial mais Frédéric est prié de s’y conformer. Les deux personnages sont insomniaques et les heures de repas sont totalement bousculées. En fouillant dans les différentes pièces quasiment à l’abandon, il découvre un spectre mécanique à l’abandon dont les piles sont en fin de parcours. Mais le destin en décide autrement alors que Frédéric devait se rendre au village acheter des piles neuves. Naturellement, cette histoire n’est pas sans rappeler les nombreuses nouvelles mettant un automate en scène et plus particulièrement le roman de Mary Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne, et d’apprenti sorcier en général.

Un auteur et des histoires à découvrir ou redécouvrir.

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