Le Diable S’habille En Licorne PETROSKY353

STANISLAS PETROSKY

Le Diable S’habille En Licorne


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Le mardi 20 Fevrier 2018

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Le diable s’habille en licorne

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Stanislas PETROSKY




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Il vaut mieux être prévenu : Estéban Lehydeux n’est pas un curé-standard. Il a quarante-cinq ans, et il est prêtre exorciste. De nos jours, le démon s’exprime rarement à travers la possession des âmes et des corps, mais il peut se produire des exceptions. Estéban a ses propres méthodes, qu’on peut qualifier d’énergiques. Quand il entre en action, on l’appelle plutôt Requiem, car ses adversaires ont du mouron à se faire et peuvent numéroter leurs abattis. Cette fois, c’est à Dunkerque que l’Évêché a besoin de lui. Monseigneur Gillio a signalé le cas de la jeune Christine, dix-sept ans, qui semble en proie à Satan. Vu qu’elle appartient à une famille bourgeoise catholique fervente et passéiste, l’évêque souhaite un désenvoûtement. Hélas, le temps qu’arrive Estéban, la jeune fille s’est suicidée.

Si l’exorciste ne décèle aucun signe du diable dans la chambre de Christine, il explore les fichiers informatiques de la défunte. Son secret, c’était une relation perverse masochiste avec un adulte. Requiem pense que c’est à Sainte-Croix du Christ Rédempteur, le lycée où étudiait Christine, qu’il dénichera des réponses. Un établissement où on ne badine pas avec la discipline. Le père Chaval, son directeur, est un religieux strict qui n’apprécie guère les zazous dans le genre d’Estéban. Néanmoins, puisqu’il faut remplacer le prof de philo Eugène Lantier – qui a brusquement quitté ses fonctions, y compris la prêtrise – Requiem va prendre le poste. Avec la bénédiction de l’évêque, à défaut de celle du dirlo. Le meilleur moyen d’observer les élèves qui côtoyaient la regrettée Christine.

À Dunkerque, c’est l’époque du carnaval, le délire est dans les rues. Ce qui n’explique pas cette épidémie de suicides chez des jeunes ayant fréquenté le lycée Sainte-Croix du Christ Rédempteur. Son ami policier Régis indique à Requiem que circule actuellement ici une drogue nommée la Licorne. Si ça ressemble à des bonbons, c’est sévèrement puissant. Il est possible que Christine en ait pris, tout comme ce jeune de vingt-et-un ans qui repose aujourd’hui à la morgue. Un troisième, qui jouait de l’orgue dans une église, s’est jeté du clocher. Suicide en public, pas banal. Il y en aura bientôt un quatrième, complètement halluciné aussi, qui se supprime en se jetant à la mer. Tous sont issus de bonnes familles catholiques, ont étudié dans la même école et ont abusé de la Licorne.

Ce n’est pas une mise en scène pseudo-satanique approximative dans la cathédrale qui va effrayer Estéban. Ni même d’être agressé dans la rue, car il a une soigneuse experte qui saura le câliner. La bonne question, c’est de comprendre l’objectif de ceux qui diffusent la Licorne. Simple trafic de drogue chimique destiné à enrichir des dealers ? Pas sûr. Si la jeune Lucie savait quelque chose, on s’est chargé de la faire taire définitivement. Il est temps que Requiem passe à la vitesse supérieure…

(Extrait) “Si le démon était passé par cette piaule, je peux te dire que cela aurait déménagé sévère, il y aurait eu du dégât. La bête aurait tenté de m’empêcher de continuer, de me faire fuir la pièce, les objets auraient lévité, m’auraient blessé, puis les forces maléfiques seraient apparues. Mais là, rien…

Donc si, et je dis bien s’il y a eu envoûtement, ce n’est pas ici, et quand bien même, vu que des crises ont eu lieu ici, j’aurais trouvé des traces. D’ailleurs en causant traces, c’est vachement propre et bien rangé, cela n’a rien à voir avec les photos que j’ai vu envoyées par Monseigneur Gillio. Vu que je suis peinard et quand même bien intrigué par cette histoire, je fouille un peu.

Pas grand-chose, des livres de peinture, des écrits classiques, des livres pieux, une adolescente qui a l’air bien sage. Elle était vachement croyante la petite, des croix, des chapelets, des icônes. Il y a d’ailleurs un Jésus tout chromé qui m’attire l’œil, je fous la pogne dessus. Bingo, c’est une clé USB, je l’empoche et redescends voir la famille et mon supérieur.”

Les aventures de Requiem, c’est clairement de la comédie policière. En témoignent les précédents épisodes, aux titres évocateurs : “Je m’appelle Requiem et je t’...” et “Dieu pardonne, lui pas”. Toutefois, Stanislas Petrosky étant un adepte de San-Antonio, ce qu’il revendique, il sait qu’il ne suffit pas d’aligner des pitreries plus ou moins lourdingues pour faire un bon roman. D’abord, le héros se doit d’être singulier, ce qui est effectivement le cas de ce curé exorciste de choc. Quitte à heurter les croyants compassés (et présents), sa morale s’inspire avec souplesse des règles liturgiques. Ce qui ne l’empêche pas de rappeler à ses ouailles que la charité chrétienne est la première des vertus.

Surtout, même quand la drôlerie est omniprésente, un polar se base sur une intrigue bien pensée, où l’action est privilégiée. Dans cette affaire, les péripéties ne vont pas manquer, selon la tradition. C’est sur un tempo percutant que l’intrépide Requiem entraîne dans son sillage ses chers lecteurs, et ses lectrices car le bougre n’est pas indifférent au beau sexe. Même si l’on aime les sujets plus noirs, il est bien agréable de savourer également des polars à suspense divertissants et agités, tels que ceux de Stanislas Petrosky.

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CLAUDE LE NOCHER
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action-suspense.over-blog.com


Une autre lecture du

Le Diable S’habille En Licorne

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Roman policier mais pas que… Parution le 9 février 2018. 216 pages. 18,00€.

Je vous ai apporté des bonbons…

Ne vous excitez pas trop vite, car ce qui suit, s’il parle de bonbons, n’est pas destiné aux catholiques intégristes, aux adhérents de la manif pour tous et autres tenants d’une religion rigoriste et rétrograde. Vous êtes prévenus car ce dont je vais vous entretenir n’est pas à mettre sous tous les yeux. Quoi que cela les ferait peut-être réfléchir sur ce sens commun qui n’a aucun sens.

Nous retrouvons notre curé préféré, Esteban Lehydeux dit Requiem, exorciste de statut et qui ressemble plus à Guy Gilbert qu’aux corbeaux à soutane, à Dunkerque. Il est envoyé en mission, suite à une sorte de chantage ou un marchandage, c’est plus politiquement correct de présenter ainsi la demande qu’il avait effectuée auprès du Vatican, dans cette ville du Nord célèbre pour son Carnaval qui dure plusieurs jours et ses jets de harengs. D’où l’expression : Hareng sort de ce corps…

Une jeune adolescente a été retrouvée morte, probablement sous l’influence du démon. Elle a été envoûtée, ses mains, ses pieds et son front portent les stigmates de la crucifixion et son dos des marques de flagellation. Pis, elle s’est donné le coup de grâce avec une paire de ciseaux enfoncés dans le ventre.

Prévenu, l’évêque Gillio présente Requiem aux parents de la jeune fille et il le fait embaucher dans un collège privé catholique en remplacement d’un prêtre professeur de philosophie qui a disparu sans prévenir. Tout autant chez les parents qui ne sont guère éplorés, rigides dans leur bourgeoisie étriquée, qu’auprès du directeur-recteur de l’établissement scolaire et de son portier-secrétaire, Requiem ne se présente pas à son avantage. Sa tenue vestimentaire, ses propos, sa façon d’être et de paraître ne plaide pas en sa faveur, d’ailleurs il pense qu’avec le directeur, Chaval, que Chaval pas le faire.

Nonobstant, il s’en fout et auprès des élèves il passe plutôt pour un aimable trublion qui ne s’en laisse pas conter, ni compter, ayant réponse à tout, même aux questions qui ne lui sont pas posées. Il retrouve également une vieille connaissance, Régis, le policier déjà rencontré dans sa précédente aventure, et dont les ramifications l’ont amené dans la cité de Jean Bart afin de finaliser l’enquête. Et peu après la belle Cécile – voir les épisodes précédents - vient lui soulever la soutane afin de lui aérer les aumônières. Mais foin de gaudrioles, entrons dans le vif du sujet comme disait Casanova en son temps.

Les bonbons que je vous ai offerts en préambule ont été retrouvés par Régis. Il s’agit de friandises de couleur rose de forme conique spiralée, d’une taille d’environ un centimètre. Et celui ou celle qui l’ingère peut se mettre à chanter Ça plane pour moi… Un mélange étonnant et détonnant qui contient entre autres substances de la morphine, de la cocaïne, de la Pervitine. Son doux nom est la Licorne.

D’autres élèves se suicident en état d’hallucination, qui sautant dans la mer avec un parapluie, qui se jetant du haut d’un clocher, mais sans parapluie, qui se prenant pour un samouraï se faisant seppuku.

Empruntant un style façon San-Antonio, voire parfois Michel Audiard, Stanislas Petrosky nous emmène dans une histoire humoristico-dramatique. Mais comme le déclarait Pierre Desproges, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, certains lecteurs, dont moi-même je l’avoue, apprécieront cet exercice de style et les diatribes émises par l’auteur. Non pas sur la religion en elle-même, mais envers ceux qui s’en servent comme bouclier pour proférer des inepties ou se comporter comme des sagouins, et encore je suis modeste dans mes propos.

Ce qui nous vaut des scènes dans lesquelles Requiem fustige les cathos qui se conduisent à l’encontre des principes de charité édictés, et leur impose des gestes dits chrétiens lorsqu’ils se détournent à la vue d’un SDF. Un SDF qu’ils feignent ne pas voir alors qu’il mendie à l’entrée d’un lieu de culte. Des moments d’anthologie qui sonnent la révolte bienfaisante et nous fait penser à Don Camillo mais dans un registre différent et actuel.

Requiem n’est pas irrespectueux, malgré ce que l’on pourrait croire en lisant ses aventures. Au contraire, il professe une forme de respect envers son Patron, un peu comme un ouvrier qualifié envers son taulier en allant boire un coup ensemble et échangeant des propos sensés sur le travail à effectuer. Il est loin d’être obséquieux, servile, hypocrite, tels ces personnages de faquins qui débinent par derrière tout en se montrant louangeurs par devant. Un honnête homme comme l’on disait dans le temps.

Il remet également en lumière le rôle de la Pervitine, avant et durant la Seconde guerre mondiale, un produit qui était surnommé la drogue des Nazis.

Donc Stanislas Petrosky utilise l’humour comme une panacée contre des perversions, des actes délictueux, afin de décompresser le lecteur. Mais pour autant ses propos portent, peut-être plus encore car ils sont émis sous couvert d’un humour parfois potache. Du genre monsieur et madame Chont ont un fils (Je vous souffle la solution, vous ne le répéterez pas, promis ? Denis). Parfois c’est beaucoup plus subtil. Mais le résultat est probant et porte plus qu’un roman qui ferait dans la commisération.

Crois-moi, sur l’échelle de la connerie il est coincé sur l’un des barreaux les plus hauts.

Retrouvez
PAUL MAUGENDRE
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leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/

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