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ERNEST PEROCHON

Les Hommes Frénétiques


Aux éditions SNAG

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Le mardi 4 Juin 2019

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Ernest PEROCHON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Editions SNAG Fiction. Parution le 4 avril 2019. 352 pages. 18,00€.

Première édition : Plon 1925.

Réédition : Editions Marabout Science-fiction N° 388. 1971.

ISBN : 978-2490151097

Lorsque Ernest Pérochon, Prix Goncourt 1920, se montrait visionnaire !

Si le nom d’Ernest Pérochon reste indissociable de Nêne, son plus grand succès prix Goncourt 1920, il faut avouer qu’une grande partie de sa production littéraire est quelque peu oubliée de nos jours. Et Les hommes frénétiques est la seule incursion de Pérochon dans le domaine de la science-fiction.

Pourtant dans cette anticipation, la vision qu’il donne de l’humanité est crédible car par bien des points elle reflète ce qu’il se déroule de nos jours et met en scène des événements qui se sont produits vingt ans après sa première parution en 1925. Et encore de nos jours avec des « améliorations » scientifiques et technologiques.

Lorsque débute cette histoire, nous sommes au cinquième siècle de l’ère universelle, et le jeune scientifique Harrisson, élève du presque centenaire Avérine, savant reconnu et estimé de tous, vient de créer quelque chose et il se demande comment cette découverte va être perçue. Il travaille en compagnie de deux autres scientifiques plus âgés et de la jeune Lygie Rod, déjà célèbre pour ses travaux.

Il est content et, trentenaire, il possède encore un fond juvénile qui le pousse à taquiner Samuel, un gamin métis quelque peu arriéré, qui joue avec un chat. Mais ce n’est qu’une récréation après ses heures de recherches et il aspire également à s’imprégner de l’extérieur, de l’air frais, de l’odeur des plantes.

Mais il aime également compléter sa culture de l’histoire de la planète et il se plonge dans l’un des volumes de la bibliothèque de son maître, un volume relatant comment après la guerre de 1914-1918, les progrès ont déréglés l’humanité.

Le rôle des avions dans un environnement belliciste, puis les affrontements entre Nord et Sud, les avancées technologiques des Asiatiques, les guerres qui ravagèrent la planète, les avions de plus en plus performants déversant des bombes bactériologiques sur des cibles précises et autres formes scientifiques d’attaques.

Ecrivant l’histoire de l’humanité à l’âge scientifique, l’auteur, avec une implacable logique, démontrait qu’à l’origine de tout changement dans la marche de la civilisation, on trouvait une découverte dont personne, le plus souvent, n’avait tout d’abord mesuré l’importance.

Plus loin, Ernest Pérochon, après avoir décrit succinctement la guerre de 1914/1918, puis la suite anticipative, déclare :

Jamais peut-être l’humanité n’avait manqué à ce point de clairvoyance et de bonne volonté. La science progressait rapidement, et peu de gens songeaient à s’étonner et à se méfier. L’intelligence semblait quelque peu assoupie ou désorientée.

En plus d’une contrée, de grossiers histrions se hissaient aux tréteaux populaires ; des demi-fous brandissant la matraque, réussissaient à se faire écouter.

Mais ça, c’était avant. Depuis, l’humanité vivait en bonne intelligence, comme si elle avait compris l’enseignement. Les souvenirs lamentables du crépuscule chrétien sont-ils effacés ? Il faut croire que non. Des échauffourées se dressent entre les parallèles malgré les mises en garde d’Avérine, d’Harrison et du Conseil Central qui se positionne au-dessus des nations, comme tenta de le faire la SDN et de nos jours l’ONU.

Les échauffourées se transforment rapidement en guérillas, puis en guerres entre nations, et c’est bientôt l’embrasement.

Le péril jaune était depuis longtemps dénoncé dans des romans populaires, et Ernest Pérochon emboîte le pas dans son analyse.

En face, se dressait le bloc inquiétant des peuples jaunes. Ceux-ci, la science, comme le coup de baguette d’une fée, les avaient tirés d’un long engourdissement. Le réveil avait été prodigieux. Leurs savants égalaient en réputation les savants d’Europe et d’Amérique ; leurs industriels, leurs commerçants, leurs banquiers envahissaient les marchés du globe ; en même temps, une renaissance artistique sans précédent coïncidait chez eux avec une dépravation morale qui étonnait le vieux monde.

Les progrès scientifiques inéluctables semblent faire peur à l’auteur.

La société moderne (celle dans laquelle vivent Harrisson et consorts) devait avant tout, surveiller étroitement les recherches scientifiques. Or, rien n’était fait. Sous le prétexte de liberté individuelle, le savant demeurait maître de ses actions tout aussi bien que le mortel inoffensif.

Le déclenchement de cette nouvelle guerre qui devient internationale, planétaire même, est issu d’une simple revendication émanant des agents des transports aériens bientôt suivis par d’autres corps de métiers dont les gens de maison, les cinétéléphonistes, les météorologistes : la journée d’une heure. Mais les revendications de ces professions ne sont pas du goût des agriculteurs, des artisans à domicile, des distributeurs qui regroupent presque toute la population méridienne.

Harrisson et Lygie décèlent un phénomène qu’ils isolent et qu’ils désignent sous le nom de système féérique. Mais ce n’est pas le seul sujet sur lequel Harrisson travaille. Les effets s’en feront ressentir plus tard, mais l’on peut comparer le système féérique à ce qui équivaut à ce qui s’est déroulé sur le Japon en 1945 par le largage de bombes nucléaires. Quant à l’autre aspect scientifique, il s’agit ni plus ni moins que de la stérilisation des êtres humains.

Les guerres, celle de 1939/1945 puis celle qui fait l’objet de ce roman avec Harrisson comme protagoniste principal, sont longuement, soigneusement, méticuleusement décrites et pourtant il ne s’agit que de l’anticipation. Mais une anticipation réaliste par bien des épisodes.

On pourrait, sans exagérer, déclarer que ce roman est un compromis entre La guerre des mondes de H.G. Wells et les romans dits préhistoriques de Rosny Aîné. En effet la guerre vécue par Harrisson et ses amis se termine de façon cataclysmique et apocalyptique et, comme l’ont fait par la suite bien des auteurs de science-fiction, il existe une résurgence de l’humanité sous forme quasi préhistorique. Mais comment, cela est décrit dans ce roman qui dénonce certains ravages provoqués par une utilisation mal maîtrisée de la science et des technologies, et naturellement des guerres qui s’ensuivent à cause du refus de la prépondérance des peuples sur les autres par chefs d’états interposés. Paru en 1925, ce roman annonçait déjà l’arrivée de dictateurs tels que Hitler et quelques autres, et si l’on veut regarder autour de soi de nos jours, on peut en trouver d’autres en exercice.

Roman d’anticipation et de science-fiction, roman social, Les hommes frénétiques est aussi et peut-être surtout un roman humaniste et une vision de l’avenir désespérée et pourtant porteuse d’espoir.

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