tu ne sais rien de l'amour de Mikaël OLLIVIER


Tu Ne Sais Rien De L'amour OLLIVIER82

MIKAEL OLLIVIER

Tu Ne Sais Rien De L'amour


Aux éditions THIERRY MAGNIER


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Le jeudi 14 Octobre 2016

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Mikaël OLLIVIER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE  

Parution 24 août 2016. 240 pages. 15,90€.

Je ne demande qu'à apprendre !

Le chien noir est de retour. Après des années d'absence, il vient à nouveau de faire incursion dans l'esprit de Nicolas, sous forme de rêve, ou de cauchemar.

Neuf ans que Nicolas n'avait plus eu de nouvelles du chien noir. Alors, en plein milieu de la nuit, il se lève, boit un verre d'eau et remarque que son ordinateur n'a pas été éteint. Il a reçu un mail de sa mère. Enfin non, ils ont reçu chacun un mail, Malina et lui. Il le lira plus tard.

Malina est loin, à la Réunion, tandis que lui est à Strasbourg, interne dans un hôpital. Ils ont vingt cinq ans, ont été élevé ensemble, depuis leur prime enfance, mais les années ont passé, et justement le passé fait une incursion. Comme une cicatrice qui se réveille.

Nicolas décide de prendre l'air, de marcher au gré de son inspiration, laissant Hoshi, son vieux chien, qui n'est pas celui de ses cauchemars, dormir profondément.

Tout en marchant, il rumine ses années de jeunesse, ses parents, Malina, son copain Barthélémy. Il est près de quatre heure et une bonne odeur de pain chaud et de viennoiseries lui monte aux narines. Son père était boulanger, Nicolas aurait pu prendre la suite. Mais la farine a rongé la santé du père qui est mort il ya maintenant neuf ans, ou un peu plus.

Il rencontre incidemment une jeune femme qui promène son chien lequel vagabonde, la nuit pas besoin de laisse. Nicolas est surpris, il reconnait Juliette, la copine de son ex-amoureuse. C'était quand il étudiait à Paris. Mais la revoir à Strasbourg, changée physiquement en mieux comme si c'était possible, Nicolas en est ému. Cela ajouté à la peur qu'il a ressentie en voyant le chien débouler devant lui, favorise la conversation. Juliette qui veut devenir avocate, écoute volontiers Nicolas dans ses explications. Nicolas qui se confie comme une cocotte-minute dont on vient d'enlever le sifflet. Les réminiscences s'échappent comme la vapeur.

Né en banlieue parisienne, Nicolas a suivi ses parents lorsqu'ils ont décidé de s'installer près de Chartres. Sa mère avait une amie qui était agent immobilier et qui leur a trouvé un terrain à vendre. Ses parents ont racheté une boulangerie fréquentée par de nombreux chalands, seulement son père, un boulanger à l'ancienne qui avait l'amour du métier, n'était guère à la maison. Les relations entre le boulanger et son fils étaient quasi inexistantes. Ils ont fait la connaissance de Sandro qui venait de perdre sa femme dans un accident peu avant leur installation, veuf avec une gamine du même âge que Nicolas. Malina.

Malina et Nicolas sont devenus inséparables et la gamine dormait souvent chez Nicolas. Puis Sandro a trouvé quelqu'un avec qui partager sa vie, et la mère de Nicolas a proposé d'héberger Malina, de s'en occuper. Alors Nicolas et Malina ont fait chambre commune, l'aménagement du grenier qui était prévu tardant à se réaliser. Ils se retrouvaient tous les ans dans la même classe à l'école, ils jouaient en double au tennis, ils pratiquaient les mêmes jeux, la même affection, devenant presque des jumeaux. Un peu plus même. Un soir Malina rejoint Nicolas dans son lit, afin de pouvoir deviser ensemble sans faire de bruit. Puis les jeux interdits ont débuté, se sont amplifiés, améliorés.

Le père de Nicolas tombe malade, puis c'est la rémission, puis la rechute. Mais tout se déclenche un jour lorsque Nicolas, séchant l'école, aperçoit sa mère dans un restaurant de Chartres en compagnie d'un homme. Et leurs gestes ne sont pas ceux de copain-copine.

Le tournant dans la vie de Nicolas qui va enquêter sur cet inconnu, la recherche devenant une obsession. Et lui qui n'a jamais su dire non, se rebelle. Lui qui était docile, trop docile, acceptant tout, ne rechignant pas devant les décisions, se laissant faire et mener par le bout du nez, commence à regimber. D'abord il ne prendra pas la succession de son père mais deviendra médecin. Mais sa résistance ne va pas jusqu'à refuser l'idée de se fiancer avec Malina, idée émise par sa mère alors qu'ils n'ont que seize ans.

L'amour, toujours l'amour. Les amours enfantines qui attendrissent les adultes, les amours adolescentes qui peuvent évoluer dans un sens comme dans l'autre, les amours d'adultes qui peuvent vagabonder vers d'autres rivages, c'est ce que Mikaël Ollivier tente de percer et de décrire dans ce roman de la pudeur même si cela peut choquer certains puritains. Après tout il n'y a pas d'inceste entre deux enfants qui n'ont rien en commun comme héritage de macromolécule biologique.

Une histoire qui ravivera, par certains côtés uniquement, des épisodes de notre enfance, lorsque nous recherchions une amitié amoureuse, ne sachant trop où commençait l'une où s'arrêtait l'autre. Des rêves, des désirs, souvent inexprimés et parfois rapidement mis dans le classeur des souvenirs, à cause de changement de domicile ou tout simplement d'école.

Mikaël Ollivier touche à un sujet sensible avec cette amitié amoureuse entre Nicolas et Malina, amitié encouragée implicitement. Et si son propos ne s'arrêtait qu'à cet aspect de la vie de jeunes adolescents, le livre aurait déjà son charme et son intérêt. Mais il y a également la maladie du père qui vient jouer les trouble-fête et la relation de la mère avec un inconnu. Tout un enchainement qui débouche sur des révélations brutales.

Citation :

On a tous besoin de rêves, pas forcément de les réaliser.

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