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MARTINE NOUGUE

Les Belges Reconnaissants


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Le samedi 31 Janvier 2015

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Martine NOUGUE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER  

Originaire du Sénégal, Pénélope Cissé est depuis peu en poste à la brigade criminelle de Sète. À son âge, elle devrait mériter mieux que son grade de lieutenant. Par son caractère indépendant et ses méthodes jugées contestables, c'est une mutation disciplinaire qui l'a conduite dans cette ville. Ce qui gêne quelque peu le commissaire Garamont, mais le juge d'instruction Éric Monteil semble apprécier la jeune femme. Quant à la grossièreté du Dr Bigard, le légiste, elle s'en accommode. Pénélope doit accepter comme adjoint l'aspirant policier Thomas Dujardin, pour cette nouvelle enquête que lui attribue Garamont. Il sait qu'elle va détonner dans cette affaire, qui devrait d'ailleurs être confiée aux gendarmes.

Ludovic Gallieni a été récemment réélu maire de Castellac, un village de la région sétoise. Charmant décor bucolique que cette bourgade au milieu des garrigues et des combes, où le bistrot de Maurice constitue la centre de l'animation communale. Pour l'essentiel, la population locale est composée de “natifs”, souvent chasseurs. Quand le maire Gallieni est retrouvé mort dans la campagne des environs, ça crée un émoi certain. Sauf pour Marianne Grangé, candidate malheureuse face à Ludovic Gallieni au dernier scrutin. Elle fut même agressée physiquement par des amis du maire, à cette occasion. Son téléphone portable a été découvert près de la bergerie des Aulas, sur les lieux du crime.

La version officielle évoque en priorité un suicide. En réalité, sous prétexte de soirée entre chasseurs, c'est une orgie qui se déroulait à cet endroit. Pratiques sexuelles perverses et drogues fortes étaient au programme. Pénélope interroge José Vidal, premier adjoint et beau-frère de Gallieni, époux de sa sœur Anita. Celui-ci ne cache pas son vif agacement contre les nouveaux habitants néo-ruraux de Castellac. Vidal défend son terroir, fait l'éloge des Gallieni, maires de père et fils depuis l'Après-Guerre. N'ont-ils pas fait des “donations” de terrains, afin que les habitants puissent vivre de la vigne ? Cet état d'esprit villageois serait à l'opposé de celui des étrangers récemment installés, selon lui.

Entre autres, le comité de Marianne Grangé et de son ami Fred est contre l'implantation d'une décharge de déchets nucléaires. Il est possible qu'ils aient entraîné Jérémie, le fils unique de Gallieni, dans leur combat idéologique. Disposant de photos de la bacchanale à laquelle participa le maire, Pénélope fait interroger par la police sétoise tous les gens qui étaient présents. Ce qui énerve son supérieur Garamont. Anita Gallieni a gardé le contact avec Simon Janssens, un Juif de Belgique qui vécut ici durant leur enfance. Il peut lui apporter un certain soutien moral. Quand Marianne et Fred sont blessés après avoir été cibles d'un 4x4 et de coups de feu, l'affaire prend une tournure plus tendue encore…

L'évolution péri-urbaine amène, depuis deux à trois décennies, de plus en plus d'habitants vers des communes où l'on vivait “entre soi” jusqu'à là. D'un côté, l'accueil n'est pas si chaleureux de la part des gens qui ont toujours vécu à leur rythme. Pas question de remettre en cause des projets municipaux non plus, par exemple. De l'autre, des néo-ruraux veulent rapidement imposer leur seule vision des choses. Chant du coq, bouses de vache, cloches de l'église, dérangent certains. On connaît des bourgades où les nouveaux ont manœuvré pour évincer de la mairie les villageois d'origine. Rivalités et mésententes qui assombrissent parfois le contexte local. Y compris avec une part de violence.

C'est un agréable roman policier traditionnel que nous propose Martine Nougué. Quand un paisible village “bien de chez nous” est frappé par une affaire criminelle, ça crée quantité de remous. Ce qui donne lieu ici à une intrigue balisée, une enquête de bon aloi. On aurait pu souhaiter une tonalité plus percutante, davantage de mordant, l'ambiance s'y prêtant. Néanmoins, le tempo narratif est fluide, et les personnages sont fort bien dessinés. La policière reste une observatrice attentive. Entre sa fille qui l'attend à Dakar pour de proches vacances, et le sympathique libraire Luigi, Pénélope Cissé essaie de cerner les caractères autant que les us et coutumes de cette bourgade. Et les éventuels dérapages. Un bon polar du terroir de forme classique.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

Les Belges Reconnaissants

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

: . Collection Polars en France. Editions du Caïman. Parution le 9 janvier 2015. 222 pages. 12,00€.

Clochemerle revisité par Marcel Pagnol et Didier Daeninckx !

On a gagné ! on a gagné ! Nous ne sommes pas à la fin d'une match lorsque les supporters fêtent dignement avec quelques bières la victoire de leur équipe mais dans la petite ville de Castellac à la proclamation des résultats de l'élection municipale. Un résultat connu d'avance, mais la loi, c'est la loi, et il faut sacrifier aux obligations électorales afin de montrer son civisme à tous.

Depuis la fin de la guerre, la famille Galieni est maire de grand-père en petit-fils, appliquant le système du népotisme démocratique auprès des villageois, qui s'en contentent en très grande majorité. Les affidés de Ludovic Gallieni ne sont pas tendres envers ceux qui ont osé se présenter contre leur mentor. Principalement à l'encontre de Marianne Grangé, une écologiste arrivée depuis peu dans la cité et qui se bat contre l'implantation d'une décharge. Et comme pour bien lui prouver qu'elle est indésirable, quatre individus la suivent lorsqu'elle rentre chez elle et le meneur la viole. Mais elle préfère n'en parler à personne, sauf à Fred, un ami photographe qui l'aide dans ses démarches, sachant que de toute façon cela se retournerait contre elle.

Quelques semaines plus tard, le corps de Ludovic Galieni est retrouvé dans la garrigue. Chez Maurice, le cafetier, les rumeurs vont bon train. Tout le monde sait tout, surtout de la façon sont il est décédé. Certains parlent de deux coups de feu, d'autres quatre, mais ils sont loin de la vérité. Il aurait été retrouvé complètement dévêtu, à poil comme le précisent certains avinés, et il porterait autour du cou un collier, mais ça ce ne sera précisé que plus tard. Le commissariat de Sète est en charge de l'enquête, Castellac dépendant de sa juridiction, et l'inspecteur Pénélope Cissé se voit confier le dossier.

Elle a du caractère Pénélope et elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. D'ailleurs si elle est en poste à Sète, c'est par mesure disciplinaire. Son passé de policière n'interfère en rien dans le récit, ni le fait qu'elle soit né au Sénégal et que sa petite fille vit au pays. Mais il est bon de le préciser. Et si sa condition de Noire ne la dessert pas, sa carte d'identité et surtout sa plaque de police aplanissent bien des velléités de moqueries et de paroles racistes blessantes. Elle trouve en un libraire de la cité portuaire un ami qui ne cherche pas à partager son lit mais ses lectures. Quelqu'un de bien !

En compagnie d'un jeune stagiaire (non, ce n'est pas une redondance puisque de nombreux "seniors" au chômage sont dirigés vers des voies de garage sous forme de stages en entreprise), Pénélope Cissé entame son enquête en interrogeant la famille et les proches du défunt. La femme de feu Ludovic Galieni n'est guère prolixe mais aurait sûrement beaucoup de choses à dire sur son époux. Quant à Vidal, il cumule les fonctions d'adjoint au maire et de beau-frère de Ludovic. Plus quelques autres dont je vous laisse le soin de découvrir les noms et les relations avec le maire homicidé.

Drôle de personnage que ce Ludovic ainsi que le fut son grand-père, descendant d'émigré italiens. La fortune du grand-père Galieni est apparue soudainement à la fin de la guerre, lorsqu'il a commencé à racheter toutes les parcelles de vignes. Mais, car il y a un mais, il en a fait profiter ses concitoyens en les leur offrant contre un loyer, une sorte de location-vente, et tout le monde était sorti gagnant de cette nouvelle forme métayage avec accession à la propriété. D'où cet engouement à l'élire comme maire, puis son fils dans la foulée et enfin le petit-fils. L'arrière petit-fils lui ne sera pas maire, père peut-être un jour, car il délaisse la terre pour les joies de la peinture. Une exposition est même prévue à Sète, c'est dire que la renommée n'a pas encore embouchée ses trompettes.

Malgré tout certaines personnes, même parmi les villageois, rechignent à tresser des louanges à la famille Galieni.

Et les Belges reconnaissants dans tout ça, me demanderez-vous avec juste raison. Bien simple. Durant la guerre, des familles juives belges, flamandes, se sont réfugiées à Castellac. Elles ont été bien accueillies et depuis les enfants et petits-enfants reviennent assez souvent, retrouver leurs camarades de jeux pour les plus jeunes durant les vacances scolaires. D'ailleurs Anita Vidal, épouse Galieni, a eu un flirt avec l'un des ces gamins lorsqu'elle était jeune. Un voie porte même le nom de rue des Belges et une statue a été édifiée portant la suscription Les Belges Reconnaissants.

Cette chronique villageoise met en avant tous les défauts des ruraux qui ont tendance à accuser d'étrangers tous ceux qui ne sont pas issus du village. Même ceux qui proviennent de villages distants de quelques kilomètres sont traités d'étrangers, de horsains en Normandie, alors lorsqu'ils proviennent du nord de la Loire, ce ne sont plus des étrangers mais des envahisseurs. Marianne Grangé, n'échappe pas à la vindicte populaire d'autant qu'elle est écologiste militante, une double tare difficile à porter. Et ce sont justement ceux dont les parents, issus d'Italie ou d'ailleurs, durent fuir leur pays souvent pour des raisons politiques qui se montrent les plus enragés.

Martine Nougué nous trousse quelques belles figures, des personnages atypiques, dont Pénélope Cissé qui ne mâche pas ses mots, surtout à l'encontre de ceux qui ignorant sa profession lui manquent de respect. Les relations avec son supérieur hiérarchique et le médecin légiste ne sont guère amènes. Seuls son ami libraire trouve grâce à ses yeux.

Les dialogues sont vifs, enlevés, truculents, comme dans une pièce de Marcel Pagnol. Tandis que la référence à Didier Daeninckx se rapporte à la guerre et l'immédiate après-guerre, aux magouilles qui ont entaché certains faits de guerre, le meilleur côtoyant le pire, et pourrait s'appliquer à de nombreux villages français. Et il ne faut pas oublier l'ombre tutélaire de Georges Brassens flottant au fil des pages.

Une fois de plus les éditions du Caïman démontrent que les petits éditeurs n'ont pas de leçons à recevoir des éditeurs germanopratins.

Citation :

Il avait emmené Pénélope à travers les époques, sur les traces de Villon et des poètes maudits et lui avait donné les clés du royaume des mots. Elle lui avait conté les légendes de son enfance africaine, quand les griots n'étaient pas encore devenus des curiosités touristiques signalées sur les guides de routards.

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PAUL MAUGENDRE
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Une autre lecture du

Les Belges Reconnaissants

de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY

Dans les petits villages perdus dans la garrigue, tout le monde connait tout le monde. Les nouveaux arrivants sont surveillés, et on n’aime pas plus que ça qu’ils se mêlent des histoires, parfois très anciennes, qui agitent les mémoires. Pour être étrangère, Pénélope Cissé l’est sacrément. Femme, noire, dotée d’un accent africain encore palpable, elle a la particularité supplémentaire d’être flic. Pas de chez nous quoi… Il va donc lui falloir une sacrée dose de diplomatie, d’intelligence et de ferme opiniâtreté pour démêler le présent du passé, les mauvaises raisons d’aujourd’hui et les plus mauvaises encore, peut être, du passé, qui peuvent expliquer la mort du maire du village de Castellac retrouvé étrangement à poil dans la garrigue, loin de tout. Pénélope n’a pas froid aux yeux : elle est capable de débraguetter un juge pour avoir ce qu’elle veut. Sacrée Pénélope.  Malgré son prénom, cette fille-là n’est pas du genre à sécher sur pied en attendant le retour d’un gandin parti se faire les sorcières des iles voisines. Tissant intelligemment les souvenirs et le présent, les filiations, la politique et le développement touristique, Martine Nougué raconte une Provence qui n’oublie rien et ne pardonne pas grand-chose malgré la bonhommie de l’accent qui chante. On imagine bien sa fliquette  intelligente et sensible dans d’autres aventures, voire on en redemanderait.

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JEANNE DESAUBRY
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