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La Nuit Est à Nous


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 NELLY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Turquoise N°1. Editions Presses de la Cité. Parution 20 avril 1979. 190 pages.

ISBN : 2258005256

La nuit est chaude, Elle est sauva-age, La nuit est bellePour ses otages…

Apercevoir son fiancé dans une voiture en compagnie d’une autre femme, qui plus est vedette de cinéma, voilà de quoi attiser la jalousie d’une jeune femme amoureuse.

Et Bérénice Serrigny, fille d’un riche métallurgiste, décide aussitôt de quitter Paris afin de se réfugier auprès de sa tante madame de Cernon à Lausanne. Le beau Francis, qui s’était fait prier pour la demander en mariage prétextant sa pauvreté malgré son métier d’ingénieur, n’avait pas à lui mentir et déclarer qu’il avait un rendez-vous d’affaire pour ne pas sortir avec elle au théâtre ce jour là.

Dans le train qui l’emmène en Suisse, Bérénice remâche sa déconvenue lorsque qu’une femme apeurée s’introduit dans son compartiment à une place. Elle se nomme Sémiramis et craint pour sa vie, affirmant qu’elle est poursuivie par deux tueurs. Arrivée à Lausanne, Bérénice lui propose un hébergement chez sa tante madame de Cernon, ce qu’accepte bien volontiers la jeune fille.

Sémiramis est l’unique héritière du Prince Adamazin, mort un an auparavant, qui possédait la plus grande partie des pétroles iraniens. Son cousin Ali, fervent disciple de l’Ayatollah Khomeiny, souhaiterait, exigerait même, qu’elle l’épousa. Seulement Sémiramis est amoureuse d’un Français. Alors que les deux femmes prennent ensemble une boisson dans un hôtel de Lausanne, Sémiramis doit s’absenter. Un peu plus tard, un serveur affirme qu’elle serait montée à bord d’une voiture. Aussitôt Bérénice pense à un enlèvement. Mais elle reçoit un message de Sémiramis indiquant qu’elle doit la quitter et se rendre à Rome puis à Téhéran. Elle lui demande juste de s’occuper de ses bagages et surtout de sa trousse.

Et Bérénice est à nouveau la proie d’une crise de jalousie, lorsqu’elle trouve par hasard, une lettre dans les affaires de Sémiramis adressée à son fiancé Francis Corton.

Bérénice décide alors de se rendre à la gare pour remettre elle-même les bagages, mais elle dépose la trousse à la consigne et met le reçu dans une enveloppe adressée à son nom. Sur le quai de la gare elle est abordée par Ali Adamazin, le cousin de Sémiramis qui lui propose de retrouver la jeune Iranienne le soir même au restaurant. Or dans le taxi qui l’amenait à la gare, elle s’est rendue compte que l’écriture du message et celle sur l’enveloppe adressée à Francis, différaient.

Au restaurant Ali prétend que sa cousine n’a pu se déplacer et qu’elle se trouve dans les environs de Montreux. Mais en cours de route Bérénice se rend compte qu’elle est prise en otage. Une voiture les suit, Ali exécute une mauvaise manœuvre sur une route de montagne, la voiture dérape, Bérénice parvient à sauter tandis que le véhicule dévale le ravin. Sémiramis a réussi à s’échapper et prévenir des policiers qui se sont lancés sur la trace d’Ali.

Francis arrive à Lausanne et le malentendu concernant sa prétendue liaison avec l’actrice sera rapidement effacé, mais Bérénice est impulsive, et elle avait recommencé la même erreur plus tard, dans des conditions différentes, certes, mais toujours aussi préjudiciables, avec la missive découverte dans la trousse. Francis sert de boîte postale à l’amoureux de Sémiramis, un ami et collègue, qui de par ses occupations professionnelles voyage beaucoup.

Quelques semaines plus tard, ils se marient, passent un court séjour à Rome puis ils s’envolent pour Téhéran où Francis doit contrôler en même temps les travaux de forage des puits de pétrole de la compagnie de son beau-père en Irak, aux confins de la frontière. Leur voyage sera mouvementé, tandis que leur séjour dans la résidence de Sémiramis qui les héberge leur dispensera des sueurs froides, et ce n’est pas peu de le dire.

Ce roman d’amour signé Nelly, à ne pas confondre avec Delly, est probablement l’œuvre d’un auteur, masculin ou féminin, expérimenté. Car sous l’histoire d’amour et ses malentendus, se cache une analyse de la situation politique et sociale de l’Iran, un pays qui à l’époque de l’écriture de l’intrigue est en plein bouleversement.

Sémiramis explique à Bérénice que dans cette révolution, l’obscurantisme des religieux effraye certains libéraux, tandis qu’Ali, pro-Khomeiny, affime : J’ai toujours été opposé au Shah qui oppressait le peuple, toute ma famille est du reste profondément religieuse et l’Ayatollah Khomeiny a toujours été notre guide.

Mira, la femme de chambre de Sémiramis, déclare à Bérénice lors de l’une de leurs rares conversations, L’Islam est la seule voie qui peut sauver le monde, poursuivant ses accusations d’une façon acrimonieuse.

-La princesse ne porte pas le tchador. Elle ose dévoiler devant tous son corps impur.

Bérénice intervint :

-La princesse a vécu en Europe. Les mœurs sont différentes, elle ne pouvait circuler en tchador à l’étranger.

-Peut-être, mais ici, elle devrait se conformer aux traditions.

Son visage exprimait la haine quand elle ajouta :

-C’est l’épouse maudite du Shah qui a ainsi profané les femmes.

-Mira, nous sommes au vingtième siècle, les exigences de la vie moderne sont incompatibles avec cette coutume. La liberté…

-Les accoutrements des femmes de l’Occident nous dépouillent de notre intimité. Le tchador c’est ce qui nous permet de rester libres et de disposer de notre corps comme nous l’entendons.

Bérénice regrette alors d’avoir voulu dialoguer avec elle, car profitant de sa lancée, elle poursuivit :

-Vous devriez lire le Coran, madame.

-Je suis catholique.

-Si vous lisiez le Coran, vous renieriez votre religion.

Ajoutant :

-Il n’y a que dans l’Islam que l’on peut trouver la quiétude et le bonheur… C’est la seule doctrine qui peut assurer au monde la pureté, l’honnêteté, base de toute juste démocratie… Les autres religions ne professent que des mensonges, toutes trompent leurs fidèles…

Et à deux ou trois reprises, l’auteur ne manque pas de signaler que l’ayatollah Khomeiny avait été hébergé en France, propageant activement ses idées révolutionnaires depuis sa résidence de Neauphle-le-Château. Un roman écrit et publié en 1979 et qui était alors à la pointe de l’actualité. Edifiant, non ?

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