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JAMES PATTERSON MAXINE PAETRO

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James patterson MAXINE PAETRO




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

12th of never - 2013. Traduction de Nicolas Thiberville). Parution le 5 novembre 2014. 320 pages. 22,00€.

Pas tout à fait, Lindsay Boxer est enceinte....

Après un premier chapitre ambigu et tendancieux sur lequel je reviendrai, entrons dans le vif du sujet, ou plutôt sortons le sujet. La petite Julie vient de naître dans des conditions orageuses chez sa mère Lindsay Boxer.

Lindsay ne l'avait pas vue venir, bon d'accord à quarante ans on sait si on est enceinte ou pas quoique parturiente primipare, mais elle n'avait pas ressenti les contractions annonciatrices de l'événement. Lindsay parvient à téléphoner à son amie Claire, médecin légiste, avant que la batterie rende l'âme et les pompiers arrivent en force afin de juguler le dégât des eaux. Trois semaines plus tard, la petite Julie rechigne à se sustenter, à dormir, et pleure sans arrêt. Mais la vie continue inexorablement.

Pour Yuki Castellano, assistante du procureur de San Francisco, débute un procès qui n'est pas gagné d'avance, elle le sait, mais elle pense avoir en main tous les atouts nécessaires pour faire condamner Keith Herman. Keith Herman était un avocat véreux, radié du barreau, défenseur d'individus aux mœurs plus que discutables, et qui gagnait ses procès en faisant pression sur les témoins de l'accusation, leur promettant même une place au Paradis s'ils parlaient. Mais il est accusé d'avoir tué sa femme et sa fille. Sa fille n'a pas été retrouvée, quant au corps de sa femme il avait été découpé puis enveloppé dans plusieurs sacs poubelles, plus facilement transportables. L'avocat de Herman, Kinsela n'est guère mieux question respectabilité et lui aussi procède à de la subornation de témoins. La partie entre Yuki et Kinsela n'est pas gagnée pour la jeune femme, mais elle n'est pas perdue non plus. Du moins c'est ce qu'elle espère.

Dans le commissariat où est affectée Lindsay, l'inspecteur Rich Conklin reçoit Perry Judd, professeur de littérature anglaise à Berkeley. L'homme déclare avoir assisté au meurtre d'une jeune femme blonde dans un supermarché. Il donne des détails concernant cette cliente, cheveux blonds, un collier de fausses perles de couleur verte, des ongles de pieds recouverts de vernis bleu clair dépassant de ses sandales et autres éléments, tout en citant des extraits de romans dont L'Etranger de Camus ou encore La Nausée de Sartre, auteurs inconnus du policier. Elle a reçu une balle dans le dos puis deux autres au niveau de la poitrine lorsqu'elle s'est retournée. Il n'a pas vu le visage de l'assassin, ne sait pas s'il y avait des témoins, pour cause, c'est un rêve qui l'a perturbé la nuit précédente. Conklin est persuadé qu'il est en face d'un dérangé et il préfère jeter l'éponge ou plutôt son stylo sur la table. Mackenzie Morales, une séduisante stagiaire qui est sur le point d'obtenir son doctorat en psychologie criminelle s'intéresse à ce témoignage. Mais elle partage le point de vue de Conklin, ce témoin est en plein délire.

Lindsay est intéressée par un article journalistique écrit par son amie Cindy. Il concerne la mort de Faye Farmer, jeune et célèbre styliste retrouvée dans sa voiture garée à un croisement. Une balle en pleine tête, en général, cela ne pardonne pas. Claire, la légiste qui a aidé téléphoniquement Lindsay, veut procéder à l'autopsie de Faye Farmer, seulement un imprévu l'empêche de faire son boulot : le cadavre a disparu. Comme Faye était morte, un fait avéré, elle n'a pu partir toute seule, donc quelqu'un a subtilisé son cadavre. Une nouvelle affaire sur les bras de Conklin, le lieutenant Brady et les policiers du groupe.

Comme Julie n'arrête pas de pleurer la nuit et que cela perturbe son sommeil, Lindsay décide en accord avec Joe, son compagnon pour l'heure en disponibilité et père de la gamine, de reprendre le travail. Au moins cela la changera. De toute façon les activités ne manquent pas. Une cliente vient d'être assassinée à la caisse d'un supermarché, exactement ou presque comme dans le rêve du professeur Judd. Ainsi il s'agirait bel et bien d'une prémonition, d'autant que l'universitaire possède un alibi en bonne et due forme, pas trafiqué. A l'heure où le meurtre s'est déroulé, il était entouré d'élèves. Pis, il se représente à nouveau au commissariat afin d'exposer le nouveau rêve qu'il a eu. La conductrice d'un bus est assassinée, selon lui. Une blonde. Or, cela se produit effectivement, au détail près que la femme abattue est une Noire.

Lindsay et ses collègues et supérieurs sont donc confrontés à trois affaires à résoudre. Le meurtre de la styliste, ceux rêvés et réels prédits par le professeur Judd sans oublier le procès de l'ex-avocat Keith Herman. Car son défenseur Kinsela parvient à retourner les témoignages, alors que de nouveaux coups de théâtre surgissent en plein procès.

Un roman mené tambour battant qui insensiblement fait penser dans sa construction et son atmosphère à deux anciens maîtres du roman policier : Erle Stanley Gardner et Ed McBain. En effet, les effets de manche dans le tribunal, les déclarations des témoins, leurs revirements, les objections lancées aussi bien par la procureur Yuki ou l'avocat de la défense rappellent les histoires dans lesquelles Perry Mason est impliqué, à la différence près que Yuki doit prouver la culpabilité de l'accusé et non démontrer son innocence. Ce procès se déroule tout au long du roman, placé en alternance avec les deux autres intrigues qui elles nous font songer à l'ambiance du 87th precinct d'Isola d'Ed McBain avec comme héros emblématique Steve Carrella. Lindsay joue le rôle de Carrella, et tout autour d'elle évoluent ses collègues, avec leurs affaires familiales et leurs histoires de cœur. Lindsay, Claire, Cindy et Yuki sont amies et se retrouvent environ un soir par semaine dans un bar, constituant le Women's Murder Club. Et elles sont toutes plus ou moins en couple avec des policiers de la brigade de Lindsay. Parfois, il y a des accrochages entre couples, des velléités d'infidélité. Et Lindsay est inquiète au sujet de Julie qui ne prend pas de poids, ne dors pratiquement pas, pleure sans arrêt, bref une auscultation avec un homme de l'art est envisagée. Mais quel sera le verdict ?

Au fait, ce fameux chapitre que j'ai évoqué en début de chronique : Lindsay est réveillée en pleine nuit par des bruits de tonnerre. Les éclairs zèbrent le ciel. Première phrase : Je fus tirée du sommeil par une forte détonation, comme si un coup de feu avait retenti près de mon oreille. Bon, pour l'instant rien de bien spécial me direz-vous, mais attendez la suite : Ebahie par la violence de l'orage, je mis plusieurs secondes avant de prêter attention à la douleur qui irradiait depuis mon ventre. Une douleur insoutenable. C'était ma faute. Je n'aurais jamais dû me gaver de haricots à la sauce mexicaine au dîner... Non, ce ne sont pas les haricots qui lui procurent des flatulences sonores, mais bien la petite Julie qui fait des galipettes dans le ventre de sa mère, peut-être apeurée par l'orage et ses déflagrations. Et comme Lindsay ne ressent pas à priori de contractions, elle se pose des questions dans la nuit, car l'électricité est coupée.

Bref un roman qui alterne humour et dramaturgie, aux chapitres courts, vifs, et qui peu à peu laisse monter un suspense insoutenable tant au niveau professionnel que familial, et dont l'épilogue laisse une porte entrouverte à de nouveaux rebondissements, pour peu que les auteurs le jugent utile. Certains confrères jugeront sans aucun doute que cette histoire est prémâchée, prédigérée, voire formatée. Peut-être, mais ce que j'ai ressenti personnellement c'est un grand plaisir de lecture. Le genre de livre que l'on dévore à peine entamé, qui ne procure en aucun cas ennui et bâillements, et donne l'envie d'en lire d'autres du même acabit. En comme c'est le douzième de la série du Women's Murder Club, d'autres heures de plaisir sont en vue grâce au rattrapage.

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