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GASTON MARTIN

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Gaston MARTIN




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Les Aventures de Zodiaque N°92. Editions de Neuilly. Parution 3e trimestre 1955. 96 pages.

Un journaliste se doit d’être au cœur de l’action !

Si Gaston Martin, journaliste et narrateur de cette intrigue, se trouve propulsé rédacteur en chef du journal dans lequel il travaille, ce n’est pas grâce à ses compétences hors normes. Si, un peu, mais ce sont des circonstances néfastes qui ont amenées son patron à le désigner à cette responsabilité. Et il entame son nouveau job par une conférence de… presse avec ses collègues.

En effet, en trois semaines, trois assassinats ont été perpétrés sur la personne du chef de publicité, un reporter-photos, et leur collègue Emile, aimé de tous. Toutes les trois victimes d’un coup de poignard dans le dos. Mais l’assassin n’a-t-il pas eu le temps de récupérer son arme, qui est restée fichée dans le dos d’Emile ? Ou est-ce pour indiquer le nom du coupable ?

Car cette arme blanche fait partie de la collection de Zigowski, un collègue et meilleur ami de Gaston Martin. Ce brave Zig se défend mais Marco, le chef des informations, ricane et laisse planer la suspicion. Peut-être par jalousie. Le pauvre Zig s’enfuit, niant comme un perdu, ce qui n’arrange pas son cas.

Gaston mande sa secrétaire, la troublante Gisèle, puis convoque Triboulet l’homme à tout faire du journal. Triboulet mate sans vergogne Gisèle se gratter l’intérieur de la cuisse et se prendre pour Sophia Loren avec ses effets de seins à damner un saint. Triboulet en a les yeux qui roulent dans les orbites mais il est chargé d’une mission et quitte à regret le bureau de Gaston qui en profite pour lutiner Gisèle.

Triboulet est muni d’une lettre à l’intention de son ami Zodiaque à qui il demande d’enquêter, n’ayant qu’une confiance relative envers les roussins, c’est-à-dire la police. Zodiaque lui dépêche Dédé, son homme de confiance, un malabar qui en impose plus que le ministère des finances, de par sa corpulence. D’après un papier qui lui a été remis le matin même, l’explication de la provenance de ce document sera révélé plus tard, donc pour le moment nul n’est besoin de s’attarder dessus, les trois noms des défunts y figurent ainsi que trois dates. Coïncidence, les trois hommes ont été assassinés à neuf jours d’intervalle, et un quatrième nom est inscrit, celui de Gisèle. Or le lendemain ce sera le neuvième jour du dernier meurtre.

Gaston prend la menace au sérieux, mais malgré ses précautions, Gisèle est victime elle aussi d’un coup de couteau, dans son bureau, alors que la porte de communication a été fermée quelques secondes. Un meurtre en chambre close, presque, car Zig, Marco, Triboulet ont été à même d’entrer dans ce bureau au moment du meurtre.

Plus dans la course est une énigme policière classique, relevant du huis-clos car toutes les actions, et elles sont nombreuses, se déroulent dans les locaux du journal et de l’imprimerie.

Si Zodiaque participe activement, durant la seconde partie de cette enquête, il est toutefois en retrait par rapport à Gaston Martin, le narrateur, et surtout par rapport à Dédé son homme de main.

Le roman, l’intrigue et l’écriture sont ancrés dans les années 1950, avec un mélange d’argot et une intrique classique franco-américaine, tels qu’auraient pu en écrire, et en ont écrits les romanciers de cette moitié de siècle. On pense à Brett Halliday, à Peter Cheney, à San-Antonio par certains côtés, mais sans qu’il y ait véritablement une ressemblance ou un copier-coller. Le reflet d’une époque. Et il s’agit d’un argot compréhensible, non point comme celui employé par Ange Bastiani qui exigeait un glossaire.

Seulement la couverture ne reflète en rien l’intrigue puisque tout se passe en huis-clos. Donc pas de voiture rouge sur une route de montagne. L’illustrateur, non mentionné, s’est peut-être laissé influencer par le titre qui peut être pris à double sens.

Gaston Martin, de son véritable nom Gaston Martineau, né au Havre le 28 août 1924, mort au Mans le 21 juin 1986, fut journaliste, dessinateur, romancier, auteur de quelques 168 aventures de Zodiaque dans les années 1950. Il a également signé sous les pseudonymes d’Alain Descarmes et d’Aldé.

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