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PASCAL MARMET

Tiré à Quatre épingles


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Pascal MARMET




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 21 mai 2015. 272 pages. 18,00€.

Attention à ne pas vous piquer quand même !

S'il y a une chose, parmi tant d'autres, que le commandant François Chanel n'aime pas, c'est de parler en public, même pour des célébrations, des remises de médailles ou autres. Aussi il expédie, sans limitation de vitesse orale, son exposé sur trois collaborateurs qui quittent le 36 Quai des Orfèvres, oubliant de remercier quelques personnes au passage. Et lorsque les agapes débutent, le capitaine Devaux, son adjoint, l'informe qu'une nouvelle affaire requiert leur attention.

Chanel s'en passerait bien, mais ce sont les vacances et malgré ses récriminations, il est obligé de s'atteler à la tâche. Il aura droit toutefois à un petit renfort supplémentaire, deux stagiaires en attente d'un poste de commissaire. Des femmes ! Lui qui a justement horreur de travailler avec la gent féminine !

Le lieu du drame est situé non loin, au 2 impasse Conti. La femme d'un ancien préfet de police ayant exercé sous Chirac a été retrouvée dans son appartement avec trois balles dans le corps. L'ancien préfet lui-même avait été assassiné six mois auparavant, alors qu'il se promenait nuitamment sur les quais.

Albane Saint-Germain de Ray, git au pied de l'escalier qui conduit à la mezzanine. Elle a probablement glissé, car des fractures du bassin et des jambes sont répertoriées par le légiste. Un chute antérieure d'au moins deux jours avant l'assassinat. L'appartement est un véritable musée encombré de masques et de sculptures africaines, l'ancien préfet était un collectionneur. Pour la concierge c'est vaudou, sorcellerie et compagnie. Un endroit qu'elle n'appréciait pas vraiment.

Dans le sac à main d'Albane, un billet de train, destination la Suisse, est découvert. Nul doute que la quinquagénaire s'apprêtait à voyager mais dans quel but, seul l'avenir le dira.

Quatre heures auparavant cette macabre découverte, Gare de Lyon.

Un adolescent qui dit s'appeler Laurent Bastos musarde dans la salle des pas perdus, s'intéressant au départ des trains, aux voyageurs. Il est tout habillé de vert, jusqu'à ses chaussures qui arborent cette couleur printanière. Il est abordé par un autre adolescent, Samy, qui lui propose de venir l'aider à cambrioler un immeuble rupin. Laurent, surnommé Lolo par son nouvel ami, accepte, légèrement étourdi après avoir éclusé une coupe de champagne offerte pour fêter son anniversaire.

Le but du jeu est de s'introduire dans une demeure classée rupins, et de subtiliser quelques objets susceptibles de posséder quelque valeur. Aussitôt dit, aussitôt fait et c'est ainsi qu'ils pénètrent au 2 impasse Conti sur les pas d'une élégante jeune femme vêtue en hôtesse de l'air. Samy muni de passes entre sans difficulté dans l'antre africain et extasiés ils commencent à investir les lieux. Ils découvrent Albane affalée au pied de l'escalier et dans les vapes. Ils continuent leur exploration. Un faux mouvement et Lolo bute sur un meuble qui s'ouvre sur une coquette somme d'argent et deux poupées de bois dont une est piquée d'épingles plus ou moins rouillées. Il embarque la sculpture, range une partie des billets dans son slip (eh oui, un sous-vêtement peut aussi servir de coffre-fort). Albane sort de son évanouissement et hurle. Lolo lui propose un verre d'eau, des cachets d'acétylsalicylique, et même d'appeler le SAMU. Albane pourrait être reconnaissante, mais son caractère vindicatif prend souvent le dessus. Elle tente de ramper et ouvrir un tiroir. Lolo la supplée et à l'intérieur il découvre caché dans une boîte, un revolver, des balles et un réducteur de son appelé plus communément un silencieux car c'est plus rapide à écrire.

Les deux garnements quittent l'appartement et Lolo rejoint la Gare de Lyon, enfouissant la statuette dans une consigne après avoir appelé les secours.

Flirtant avec le fantastique ce nouveau roman de Pascal Marmet nous permet de suivre le parcours d'un adolescent atteint du syndrome de Peter Pan, véritable farfadet folâtre, immature, portant en effigie sur son tee-shirt le célèbre héros créé par J.-M. Barrie.

Mais outre Laurent, qui n'est pas son vrai nom, les autres personnages ne manquent pas non plus d'épaisseur.

Ainsi le commandant Chanel est un homme méticuleux, pointilleux, misogyne, même s'il recueille une gamine rencontrée dans le train qui le ramène de Colmar où il est allé récupéré des dossiers concernant le meurtre de l'ancien préfet auprès d'un collègue parti à la retraite, rigide, solitaire. Il habite un vieil immeuble promis à la démolition mais plein de charme. De plus il joue du piano, mais c'est anecdotique. Ce qui l'est moins réside en ses préjugés envers les femmes, or il sera amené à réviser ses jugements, ses auxiliaires stagiaires commissaires se montrant particulièrement perspicaces et efficaces.

Albane Saint-Germain de Ray, dont on apprendra qu'elle a été trois fois mariée, et trois fois veuve, y'en a qui n'ont vraiment pas de chance, est une femme énigmatique, parfois inculte parfois au contraire très cultivée, belle et vulgaire, jouant sur les contrastes. Mais nous reviendrons sur son cas, surtout sur son âge qui prête à confusion.

Ambiance légèrement fantastique à cause de cette statue vaudou lardée d'épingles gisant dans une consigne ferroviaire. Et Pascal Marmet nous présente quelques-unes de ces sculptures, fournissant leur origine puis il nous emmène au musée du Quai Branly, s'improvisant guide dilettante en parcourant les salles rapidement, ne s'appesantissant pas, prenant bien soin de ne pas nous imposer trop de descriptions touristiques afin de nous laisser sur notre faim et donner l'envie d'aller découvrir cet endroit qui semble magique.

Maintenant penchons-nous sur le cas d'Albane.

Au début, Albane est quinquagénaire, puis à plusieurs reprises, l'auteur affirme que c'est une quadragénaire un peu narcissique, se préoccupant plus de son corps que des personnes proches. Seulement, à un certain moment, alors qu'elle est en compagnie d'un individu qu'elle reverra souvent par la suite, on apprend que cette rencontre date de 1970 et qu'à l'époque elle a quinze ans. Bien. Ce qui voudrait dire qu'en 2000 elle avait quarante ans. Or le Musée du Quai Branly a été inauguré en 2006. Donc Albane aurait au moins cinquante et un ans. D'accord, on ne va pas chipoter. Sauf qu'à deux reprises, Chanel indique que le déménagement du 36 Quai des Orfèvres aura lieu dans huit mois, puis plus loin dans quelques semaines. Seulement ce déménagement est prévu pour 2017, donc il est raisonnable de penser que l'histoire, dont la date n'est pas précisée, uniquement en aout, se déroule en 2015, voire par anticipation en 2016. Ce qui vieillit considérablement Albane, et de quadragénaire elle devient par la même occasion sexagénaire. Une simple déduction de ma part après enquête.

Mais à part cette dichotomie ce roman de Pascal Marmet est un pur divertissement qui se lit avec plaisir, et l'on retrouve quelques-unes des passions de l'auteur, puisque plusieurs reprises il signale un parfum, ou eau de toilette, nommé Heure bleue ou rose, bleue je crois, puisque c'est la couleur imposée au sexe masculin à la naissance.

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