|
|
MARIE ET JOSEPH |
Venez Voir Les Cadavres, MesdamesAux éditions SERIE NOIREVisitez leur site |
461Lectures depuisLe lundi 30 Novembre 2015
|
Une lecture de |
N°2276. Parution septembre 1991. 192 pages. 6,65€. C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit... Au Pâtural Chevron, une vieille ferme décrépite au bout d'une route en cul-de-sac et située aux confins de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne, reconvertie en centre d'hébergement et de réinsertion pour ex-drogués, les pensionnaires tentent de se refaire une santé. Le bon air, les travaux de réfection, l'ambiance entretenue par quelques employés devraient permettre à ces marginaux de reprendre le droit chemin, de se débarrasser de leur sale habitude. Il y a le Patron, Dominique la psychologue, Bébert, Colin et Lolo, les éducateurs, moniteurs de choc, plus les hommes à tout faire. Sans compter le Docteur qui vient pratiquement tous les jours, et la mère Tyrannie qui fait office de cuisinière. Parmi les toxicos, Didine, Yan l'homme au pendule, Max et Marlène et quelques autres. Sur la ferme on pourrait croire qu'il plane un mauvais sort. D'ailleurs, le jour de leur installation au Pâtural Chevron, les résidents ont découvert un pied de vache accroché au linteau au dessus de la porte. Un soir Dominique sort prendre l'air, et ne reparait pas. C'est un peu l'affolement général. Tout le monde s'active à sa recherche et les gendarmes sont prévenus. Les dépendances, les bois environnants sont passés au peigne fin, mais rien n'y fait. Dominique a bel et bien disparu. Ressurgissent alors les vieux démons. Quelques années auparavant des jeunes femmes et des enfants ont disparu également et leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Le spectre de la Bête inconnue se dresse, mais plus prosaïquement les forces de l'ordre pensent à un dangereux maniaque. Un homme avait été remarqué, rôdant dans les parages. Le train-train quotidien s'installe, comme si rien ne s'était passé. Cependant des précautions sont prises. Interdit de sortir seul le soir, et toujours se munir d'un talkie-walkie. Un soit Lolo aperçoit de loin des hommes qui semblent observer les bâtiments à l'aide de jumelles. Bizarrement, Roumoune, le chat qui était toujours à réclamer sa pâtée ne s'intéresse plus à sa gamelle. Pourtant il semble grossir. Il s'évanouit dans la nature alors que toutes les portes sont fermées. Des traces de pas salissent le couloir, alors que théoriquement personne ne pouvait entrer. Le narrateur et Lolo distinguent dans la nuit des lumières, comme des lampes-tempêtes tenues à bout de bras. Arrivés sur place, ils sont violemment agressés par une ombre immense et en réchappent de justesse. Le moral n'est pas au beau fixe. Max se demande si ce n'est pas à lui qu'on en veut. A la suite d'une bêtise, d'une vague histoire de chantage, il s'était mis à dos des tueurs. Enfin, c'est ce qu'il dit. Pourtant il était persuadé de ne pas avoir laissé de traces derrière lui. La tension monte...
Dans ce dernier roman de Marie et Joseph, plus de trace de blues, de jazz, de cette musique qui imprégnait si fortement leurs précédentes œuvres. Pourtant demeure le côté rural, poétique, ode à la nature. Il plane une atmosphère de fantastique, de mystère, d'irrationnel. Comme une résurgence des contes de fées dans lesquels la sorcière, les loups-garous se taillaient la part belle. L'onirisme perdure accommodé à la sauce vingtième siècle et ses références à la drogue, la réinsertion et aux magouilles. Même s'ils ne faisaient pas l'unanimité, Marie et Joseph laissent un grand vide à la Série Noire.
|
Autres titres de |