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HECTOR MALOT

Les Millions Honteux


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Hector MALOT




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Ernest Flammarion éditeur. Parution 1895. 368 pages.

Réédition : Editions La Piterne. Collection Lettres normandes. Version numérique. Parution décembre 2014. 3,99€.

Surtout lorsque ce sont ceux de financiers et de spéculateurs !

Financier et spéculateur, Gripat, dit Gripat le voleur pas ses détracteurs, s’est senti obligé de construire un imposant hôtel particulier près du parc Monceaux afin d’imposer le respect dû à ses millions. Edifié dans différentes architectures, cet hôtel reflétait l’état d’esprit de Gripat qui avait demandé à son architecte Donnez moi ce que vous avez de plus cher. Financièrement parlant, évidemment.

Mais Gripat le voleur n’aura guère eu le temps de profiter de cet étalage de richesses, laissant après sa mort une jeune veuve et deux enfants. En effet, la quarantaine venue, il avait épousé Colette qui n’avait pas quinze ans lorsqu’il l’avait connue. Elle était la fille colonel baron de la Ricotière, un militaire qui avait laissé en décédant sa famille dans la misère. Colette était belle et grâce à une préceptrice avait acquis tout l’arsenal des belles manières. De ce mariage étaient nés Edgard, pas encore âgé de dix-huit ans lors du décès de son père, et Paule plus jeune de deux ans.

L’héritage fut donc divisé en quatre parts, une pour la mère qui bénéficiait en sus d’une part comme usufruitière, les deux parts restantes réparties entre les deux enfants. Edgard avait suivi des études aux Carmes et très tôt avait été en butte avec ses condisciples qui l’accusaient d’être le fils de Gripat le voleur, ce qui n’était guère favorable à entretenir des amitiés, puis chez les Jésuites sur sa demande, ne supportant plus l’ambiance des Carmes. Paule avait été élève chez les Dames Anglaises où elle avait été rapidement surnommée Agrippe. Cela aurait pu être pire. Agrippine possédant une connotation sexuelle mal venue et non avenue.

Ces millions en héritage posent un problème de conscience à la veuve et ses deux enfants. Face à l’adversité et aux accusations publiques, il est bon de se demander, comme le fait remarquer Edgar, si elles sont fondées ou non. S’ils doivent répudier le père ou le continuer ? S’il faut renoncer à cette fortune ? Dans ce cas d’abandon, ne va-t-on pas les accuser d’abandonner leur père et d’avoir honte de leur fortune.

La grand-mère survenant, madame de la Ricotière embarrassée dans ses vêtements de deuil, leur décision est rapidement prise. Ils vont garder l’hôtel particulier, l’habiter, ce qui agrée fort à tous mais madame Gripat va tenir salon tous les matins, recevoir les quémandeurs, et les aider non pas en fonction de ses moyens mais en justification de leurs desideratas. Elle va distribuer l’argent mais pas le jeter par les fenêtres.

Malgré tout, certains glosent encore sur la provenance de ces millions dont sont pourvus les deux enfants Gripat et leur mère. Suite à un article calomnieux paru dans un journal, Edgar voit rouge et provoque le journaliste en duel. Il en parle à Puche qui fut l’ami et le secrétaire particulier du financier et continue à servir madame Veuve Gripat. Edgar en vient à la conclusion suivante, sans plaisir :

Ainsi, s’écria-t-il, pour que le monde accepte les enfants de Michel Gripat, il faut que le fils tue un homme et que la fille achète un mari !

S’il manie correctement l’épée et pratique la boxe, l’arme désignée ne lui est guère familière. Cependant il semble que le chroniqueur ne soit guère habitué à manier le pistolet puisqu’il rate son adversaire tandis qu’Edgar le blesse mortellement.

Parmi les solliciteurs que Madame Gripat reçoit le matin, le duc de Valmondois se présente avec quelques titres qu’il a souscrit pour une somme de 500 francs chacun et qui ne valent plus que 3,50 francs. Et même à ce prix là, il ne trouve pas d’acheteur. Mais il a en tête une idée qui serait beaucoup plus profitable que le remboursement de ses titres. Marier son fils Odet à Paule, la riche héritière.

L’œuvre, très riche, d’Hector Malot a été occultée par trois grands succès. Sans famille, un classique de la littérature juvénile adapté de très nombreuses fois au cinéma et en dessins animés, En famille et Romain Kalbris.

Auteur engagé, défendant la cause des opprimés, surnommé Malot la Probité par la journaliste Séverine, il fut l’ami de Jules Vallès et c’est grâce à lui que le manuscrit L’enfant fut publié. Soucieux de jouer un rôle dans le siècle, il milite, par le biais de l'écriture romanesque, pour une révision de la loi sur l'internement en hôpital psychiatrique, pour le rétablissement du divorce — supprimé le 8 mai 1816, au début de la Restauration, par la loi Bonald —, pour une reconnaissance des droits de l'enfant naturel, pour une amélioration des conditions de travail, en particulier celles des enfants (voir ici). Un militantisme qui se trouve dans toute son œuvre.

Mais les bons sentiments ne font pas toujours l’unanimité et Emile Zola, entre autres, lui reprochait la prédominance qu’il accordait au récit. Ce roman, Les Millions honteux sont justement à rapprocher de La curée de Zola. Les deux protagonistes, Gripat d’un côté, Saccard de l’autre, ayant accumulé une fortune immense et font étalage de leur luxe. Mais Hector Malot montre une famille qui souffre et empreinte d’une grande moralité. Une différence énorme dans le traitement d’un même sujet.

Le genre de roman qui reflète une actualité, indépendamment du style et de l’époque, par bien des points, et les lecteurs peuvent y discerner quelques personnes bien connues de nos jours par leurs richesses, toujours avides d’en posséder plus, au détriment de leurs concitoyens. Et l’on ne s’étonnera guère que Gripat avait accumulé une collection de tableaux de maîtres ou de peintres en devenir, uniquement dans le but de conforter, voire accroître, son capital mais sans posséder le moindre sens artistique.

Un roman qu’il serait bon de rééditer, et pas uniquement en numérique.

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