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JEAN-LOUIS LE MAY

Safari Pour Un Virus


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Jean-louis LE MAY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Série Chroniques des temps à venir 3. Collection Anticipation N°954. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1979. 224 pages.

ISBN : 2-265-01138-X   

Ne réveillez pas un virus qui dort…

La partie de plaisir envisagée avec Laure de la Roncières, de son vrai nom Camille Pétard, se doit d’être différée car Théodore Asblignac est obligé de se rendre en Afrique pour une partie de chasse, invité par le président du Kenya, Ysotto N’Kema.

Théodore Asblignac est surtout un marchand d’armes œuvrant officieusement pour le gouvernement français. La transaction s’effectue dans des conditions financières intéressantes, et la partie de chasse peut se dérouler dans la brousse. Une chasse non autorisée, mais après tout n’est-il pas en compagnie du Président du pays, et l’hyppotrague mâle, une sorte d’antilope fort rare et dont la chasse est théoriquement interdite, convoité est bientôt débusqué.

Asblignac n’aurait jamais dû se faire photographier le pied posé sur le corps de l’animal et en d’autres positions, car une tique qui ne demandait qu’à quitter le corps animal en profite pour s’incruster dans le corps du chasseur. Or cette tique possède en elle un virus trapézoèdre à vingt-quatre faces qui se développe dans ce nouvel environnement. Un virus en sommeil depuis des millions d’années et qui se trouve brutalement réveillé, pour son plus grand plaisir.

Dans l’avion qui le ramène à Paris, Asblignac commence à ressentir les effets néfastes de l’infection qui se développe en lui. Fièvre, sueur froide, délire. Comme il se trouve en première classe dans une cabine particulière, l’on pourrait penser qu’il se trouve confiné. Mais le virus qui fait des petits s’échappe par la ventilation et les quelques quatre-cents passagers ainsi que le personnel de bord se trouvent eux aussi infectés.

Asblignac est débarqué en urgence à l’escale de Nice où il décèdera quelques heures plus tard. N’étant pas d’un naturel égoïste il sème à tous vents ses virus qui se multiplient et se propagent comme les akènes à aigrettes des pissenlits. Bientôt la ministre de la Santé est alertée, un plan sanitaire est déployé, la liste des morts s’allonge car naturellement les passagers de l’avion contaminent eux aussi les personnes qu’ils rencontrent, et comme ils sont issus d’endroits différents, la maladie s’étend un peu partout, franchissant sans vergogne les frontières.

Pendant ce temps, à Paris, six jeunes étudiants en sixième année de médecine qui se connaissent depuis quatre ans vivent au huitième étage d’un immeuble. Quatre garçons, pas forcément dans le vent, et deux filles. Ils possèdent chacun leur petit studio mais se retrouvent souvent pour étudier. Pas de séances grivoises, ils sont sages et sérieux. Afin de se changer les idées, avant de présenter le début de leur thèse, ils décident de se rendre dans les bois près de Saint-Germain, et des affinités se découvrent. Mais ils sont fort étonnés en rentrant de voyager seuls. Ils apprennent par la radio que le pays est sous tension.

Pourtant certaines personnes qui ont côtoyés les malades infectieux ne ressentent pas les symptômes de cette attaque virale.

Evidemment, ce roman de 1979 ne pouvait prévoir la pandémie dont nous sommes victimes actuellement. Si l’histoire fait penser à une anticipation il s’agit aussi et surtout d’une prémonition de la part de l’auteur qui ne pensait certes pas que ce qu’il écrivait allait se dérouler de cette façon.

Surtout les réactions qui s’ensuivent, de la part des gouvernements, des médias, des particuliers. Les morts s’agglutinent, enfermés dans des sacs plastiques déposés au pied des portes, lorsque la demande d’enterrement est acceptée.

Mais peut-être quelques citations seront plus représentatives de cette analogie entre la description effectuée par l’auteur et l’événement dont nous subissons de plein fouet les manifestations, à notre insu la plupart du temps.

Cet épisode pandémique se déroule en juillet 1986, soit dans un futur proche de la rédaction de l’ouvrage. Cette épidémie, le terme pandémie n’était pas encore utilisé dans les conditions décrites, qui avait alors échappé à nos étudiants en médecine, amène cette discussion et prend encore plus de sens de nos jours.

N’empêche pour que la radio en parle, il faut que quelque chose n’aille pas, surtout après la campagne plage propre de ces dernières semaines.

Tu sais, les journalistes en remettent si facilement qu’il faut attendre un peu pour voir.

Pour moi, tu ne m’ôteras pas de l’idée qu’il y a une épidémie qu’ils ne veulent pas déclarer pour ne pas affoler les gens, mais dont ils sont obligés de parler parce que ça commence à se savoir. (Page 82)

Nous n’en sommes qu’au début. Par la suite les choses s’accélèrent.

Ce qui signifie la fermeture totale de toutes les frontières dans les heures qui viennent. (Page 106)

Ces mêmes étudiants reviennent de leur promenade en forêt et s’étonnent de ne voir personne dans les rues.

C’est bien français. Doit y avoir un match de foot à la télé. Des réflexes conditionnés. Pas un seul couillon ne se rend compte qu’il devient comme le clébard du russki Pavlov, et qu’au mot foot, ou rugby, ou intertruc, il bave et appuie docilement sur le bouton avant de se statufier pour le temps. Suffit aux gouvernants de glisser une petite intox bien menée et le tour est joué. (Page 120)

Bien assez entendu de conneries. La radio ne débite que ce que le gouvernement veut bien qu’elle dise. Pour les règles à respecter, c’est bien normal. La mise en place de masques respiratoires en pharmacie est également normale. La circulation est contrôlée entre les villes mais libre à l’intérieur. Tout ça est logique. Pour nous, rien n’est changé, à priori. Mais il est à peu près sûr que tout gars possédant le moindre petit diplôme ou même simplement une carte de carabin va être enrôlé. (Page 132)

Tout cela sent l’improvisation et ce n’est qu’un début. (Page 133)

Et je pourrais multiplier à l’infini les exemples et les citations, mais bon, sachez toutefois que par un heureux concours de circonstances, la parade contre ce fléau est découverte. Mais il n’est pas sûr que le remède n’engendre pas des conséquences inouïes, imprévisibles.

Afin de pimenter le récit, Jean-Louis Le May incorpore quelques scènes érotiques, qui n’apportent rien au récit mais permettent de respecter la pagination. Et puis c’était dans l’air du temps alors que les collections spécialisées fleurissaient sur les étals des libraires et maisons de la presse.

Mais implicitement, Jean-Louis Le May rend hommage à la Femme, à son courage, à sa force mentale, à son bon sens, à son discernement, à son esprit d’analyse et d’entreprise. Loin des évaporées, de certaines représentantes de la politique, blondes ou brunes.

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