Les Mains LATOUR361

SYLVAIN LATOUR

Les Mains


Aux éditions DU MILIEU DU MONDE

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Le jeudi 29 Mars 2018

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Sylvain LATOUR




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Histoires extraordinaires. Couverture originale de Bernard Buffet.  Parution juin 1959. 256 pages.

Quoi mes mains, qu’est-ce qu’elles ont mes mains ?

De Sylvain Latour, on ne connait rien, sinon que trois ouvrages sont référencés à la BNF, dont celui-ci et deux autres recueils intitulés : Histoires extraordinaires 2, le mariage de minuit en 1960, et Histoires extraordinaires 3, La magicienne, tous aux mêmes éditions du Milieu du Monde. Ce recueil a été réédité en version numérique en décembre 2017 dans le cadre de l’opération Relire.

Ce recueil comporte six histoires dont la première donne son titre à l’ouvrage, les autres étant : Les châtaignes de Tiu Li ; Vente d’esclaves à Vevey ; Le train d’Isabelle ; Mon ami Lucifer ; Une journée de Paradis.

Les mains :

Octogénaire mais portant encore beau, Mathieu Miramon habite une grande bâtisse dénommé le château de la Garriguette. C’est un hyperactif, veuf, qui s’est brouillé avec son fils, mais accueille toujours avec un plaisir certain sa petite-fille Catherine, laquelle vient le voir régulièrement en septembre. Riche châtelain il gère sa fortune et sa ferme sans l’aide de quiconque, étant partout présent, aux champs, aux étables, à la vigne, à la cave, aux bois et même à la scierie qu’il a installée dans une vieille orangerie, afin de fabriquer les cageots nécessaires pour entreposer ses fruits.

Mais il n’est jamais satisfait et désireux de montrer à des deux employés comment débiter une bille de hêtre, il prend la place de l’un d’eux, jugeant qu’il s’y prend comme un manche en perdant trop de bois. Durant ses explications, il tourne la tête, et hop, deux mains en moins. Et comme se sont les seules qu’il possède, c’est lui qui se retrouve comme un manche. Il décède de cet accident, et lorsqu’il est prêt à être enfermé dans le cercueil, la vieille bonne remarque qu’il serait judicieux de placer au dessus du corps ses mains. Seulement celles-ci sont introuvables. Un peu plus tard, l’un des deux employés de la scierie est retrouvé étranglé dans le grenier où il s’était rendu, ayant entendu du bruit, puis la vieille domestique croit voir des araignées immenses, grandes comme… des mains.

Les châtaignes de Tiu Li :

En cette année 1929, cela fait dix-huit mois que le narrateur vit à Pékin. Il commence à découvrir cette mystérieuse capitale et plus particulièrement un vieux Chinois qui a connu son heure de gloire comme eunuque, ayant été chef du Harem Impérial, jusqu’à la chute de P’ou Yi, le dernier empereur des Fils du Ciel en 1912. Ayant sympathisés, le narrateur recueille les confidences du vieillard, le dernier rejeton d’une fratrie de sept enfants, et qui devint eunuque, grâce ou à cause d’un oncle aide-cuisinier au Palais Impérial. Un parcours singulier et particulier. A l’âge de sept, il devient un chapon, est affecté à quinze ans au Palais Impérial mais arrivé à l’âge de vingt ans, il tombe amoureux d’une des nièces de l’empereur. Il se rend chez un médicastre qui lui conseille de retrouver dans son village natal ses châtaignes perdues.

Vente d’esclaves à Vevey :

La Suisse n’est pas ce que veut bien en dire Giroux, l’ami du narrateur qui l’emmène dans ce pays réputé pour son pacifisme, et ses habitants ne se comportent pas tels que décrits. Du moins c’est ce que ressent Frédéric, le narrateur, qui invité chez des amis de Giroux, sentant qu’une discussion sur la politique peut dégénérer, place malheureusement son grain de sel en déclarant que ce qu’il regrette le plus, ce sont les esclaves. Les ventes d’esclaves. Ses hôtes le prennent au mot en lui indiquant que justement une vente d’esclaves va avoir lieu l’après-midi même à Vevey, et qu’ils vont l’y emmener. Mais auparavant ils doivent se rendre chez le docteur Topfield, un spécialiste de la transmission de pensée, et dont Frédéric doute des capacités.

Le train d’Isabelle :

Dans le Lubéron, à Saint-Lucas-du-Postillon, entre rivière, la Levrière, et route nationale, s’intercale un ruban noir. C’est l’ancienne ligne de chemin de fer départemental, délaissée au profit de la voiture. Il ne reste que le tracé, les rails et les traverses ayant été enlevés. Ernest, qui aimait Isabelle, s’est vu refuser la main de la jeune fille par le père d’icelle. Ami de toujours du narrateur, le frère d’Isabelle, il ne s’est jamais remis de cette fin de non-recevoir. Ernest et le narrateur ne se voient plus mais continuent à s’écrire régulièrement. Le sentant déprimé, le narrateur invite Ernest à passer quelques jours dans ce coin tranquille. Seulement Ernest est persuadé entendre le train rouler de nuit.

Mon ami Lucifer :

Cette nouvelle, la plus longue du recueil, nous conte un défi lancé par Ludovic, le narrateur, à sa chère tante Sophie. Ayant perdu très tôt son père, notaire, et sa mère, Ludovic n’a trouvé d’affection qu’auprès de sa tante. Elle est veuve du docteur Dubourg et vit seule dans la grande et vieille maison héritée de son mari. Une demeure séculaire, pleine de charmes et d’endroits mystérieux. Elle possède deux poules commensales qui se baladent dans la demeure à leur gré.

Et un jour de mai, jour de la fête de la saint Evantime, Ludovic admiratif de sa tante, lui déclare : Ah ! Ma tante ! Existe-t-il au monde une femme comparable ? Vous adouciriez l’être le plus intraitable, le diable lui-même perdrait sa hargne ! Oui, ma tante, vous apprivoiseriez Lucifer en personne…

Pourquoi pas ? Et pour quelles conséquences ?

Une journée de Paradis :

Alors qu’il se repose béatement, plongé dans un rêve éveillé, le narrateur est subitement tiré de sa torpeur par son ami Maurice. Celui-ci le convie à une promenade en mer, c’est même plutôt un ordre. Munis de leur matériel de plongée, direction Port-Cros à bord d’un canoë. Le but est de visiter une faille dans la falaise, le Trou de l’enfer.

Six nouvelles fantastiques d’inspiration diverse, qui va du conventionnel comme Les mains, au facétieux Vente d’esclaves à Vevey, ou qui pourrait s’inspirer d’une légende chinoise, Les châtaignes de Tiu-Li, ou encore qui aurait pu être écrite par Richard Matheson, telle Le train d’Isabelle.

Un fantastique parfois onirique et humoristique, sans l’avouer, qui emprunte à des situations ordinaires mais plongées dans les affres de personnages qui sont perdus, soit par naïveté, soit par amour, oscillant entre rêve et réalité. Et plus particulièrement Une journée de Paradis, qui use d’un artifice très souvent employé mais qui trouve ici sa mise en abyme réussie sans que le lecteur puisse se sentir lésé ou manipulé.

Comme écrit plus haut, on ne sait rien de Sylvain Latour, ni date de naissance, ni date éventuelle de décès. Se pourrait-il que ce ne fut qu’un pseudonyme pour ce qui pourrait être considéré comme un galop d’essai, et que Sylvain Latour se soit fait connaître par la suite comme un fantastiqueur de renom, chez d’autres maisons d’éditions, rien n’est impossible.

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