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OLIVIER KOURILSKY

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Olivier KOURILSKY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Préface de Pierre Ronco de l’Académie de médecine. Editions Glyphe. Parution le 2 mars 2019. 254 pages. 16,00€.

ISBN : 978-2358152532

Pour parodier un célèbre et ancien slogan publicitaire pour une eau minérale : 1 foie, 2 reins, 3 raisons de lire cet ouvrage !

Les romanciers issus de la vénérable corporation des médecins sont si nombreux qu’il est difficile de les comptabiliser. Citons pour mémoire, Arthur Conan Doyle, A.J. Cronin, Franck Slaughter, Robin Cook l’Américain, Georges Duhamel, Louis-Ferdinand Céline, et dans des domaines plus particulier de la littérature dite populaire, Jean-Pierre Goiran alias Jean-Pierre Garen, Robert Clauzel et combien d’autres qui ne sont pas souvent répertoriés.

Sans oublier André Soubiran et sa saga des Hommes en blanc qui joue dans le même domaine que ce récit (ou inversement) mais était consacré à l’apprentissage d’un futur médecin généraliste et dont le texte était plus romancé.

Si Olivier Kourilsky, docteur K., s’est fait connaître par sa dizaine de romans policiers édités chez Glyphe, il se plonge avec cet ouvrage dans ses souvenirs d’étudiant en médecine, narrant ses débuts comme jeune élève, fils de parents œuvrant dans le domaine de la médecine, sixième enfant d’une fratrie qui se consacra elle aussi à non pas un travail mais à une vocation. Je ne reviendrai pas sur Raoul Kourilsky, le père d’Olivier, mais sachez que le petit (il a bien changé maintenant !) Olivier fut à bonne école. Puis son séjour prolongé, dix ans, à l’hôpital Tenon et son long séjour à Evry dans un établissement qui venait tout juste de sortir de terre lors de sa nomination.

Un récit qui oscille entre bonne humeur, blagues de potaches - il faut bien que jeunesse se passe et évacuer le stress des interventions médicales - entre sérieux des diverses opérations, relations avec les patients et leurs familles, et réquisitoire diplomatique envers les nouvelles méthodes de responsabilisation du personnel, méthodes qui privilégient l’aspect comptable à l’aspect humain.

Les souvenirs se réduisent parfois à des vignettes qui s’enchaînent comme des images, des diapositives montrant souvent la détresse des malades, leurs attentes, celles, détresse et attentes, des familles, les petites joies et les grandes peines. Les noms des divers médecins, internes, professeurs et spécialistes qu’Olivier Kourilsky a été amené à côtoyer au cours de sa carrière, plus principalement à l’hôpital Tenon puis au nouvel établissement d’Evry dans sa carrière de néphrologue, lui sont familiers et il les décline avec amitié la plupart du temps. Des noms qui ne diront rien la plupart du temps aux profanes comme moi qui ne connaissent que certains mandarins ayant fréquentés les plateaux télévisés tel les professeur Hamburger (le père de Michel Berger) et Cabrol. De même que le jargon médical employé pour décrire des interventions peut perturber le profane (dont toujours moi) mais cela n’entrave en rien la lecture qui joue avec la bonne humeur, ce petit goût de farces entre collègues. Olivier Kourilsky étant né un 1er avril, ceci explique sûrement cela.

Mais il s’agit également d’un réquisitoire et d’une diatribe envers les psychorigides qui n’acceptent pas que la déontologie ou l’éthique puissent être détournés au profit de l’humanisme. Concernant un problème d’éthique ayant un lien avec l’avortement (dans les années 1970, c’était non seulement un sujet tabou mais une pratique interdite quoi que de nos jours des praticiens refusent encore ce genre d’intervention sous couvert d’une morale chrétienne), Olivier Kourilsky écrit :

Je ne veux prendre aucun parti dans cette histoire, juste témoigner de mon malaise et rappeler ma conviction que toute position rigide dans ce domaine délicat fait fi des situations individuelles.

L’auteur pointe également du doigt certaine campagne médiatique qui n’aurait pas eu lieu d’être, déclenchée par le Canard, qui pour une fois s’était trompé de cible et mis la plume dans l’œil, relayée par des journaux pourtant prétendument sérieux.

Il est plus facile de stimuler des polémiques infondées que de reconnaître que l’on s’est trompé.

Il revient également sur la loi Caillavet de 1976, loi qui démontre l’importance des mots dans un texte et surtout l’interprétation qui peut en être faite, selon des critères, encore une fois, journalistiques erronés. Et il faut se souvenir qu’entre le fond et la forme, il existe souvent un gouffre qui ne peut être comblé.

Enfin, je ne résiste pas à citer cette phrase extraite de la préface de Pierre Ronco :

Ce livre offre l’opportunité de mettre en avant les innombrables difficultés engendrées ces dernières années par des lois tatillonnes et des personnels administratifs parfois condescendants, portés au premier rang par la loi HPST et par la création des pôles dont le principal objectif est la gestion financière sans grande considération pour les malades et leurs besoins. Si l’objectif de contrôle des dépenses est évidemment louable, les injonctions paradoxales dont les médecins et le personnel non médical sont la cible vont souvent à l’encontre de l’objectif souhaité.

Naturellement, il faut associer ces deux phrases à des directives administratives et comptables qui sont de plus en plus appliquées, notamment la fermeture de lits et surtout la fermeture de maternités, plus particulièrement en milieu rural, obligeant les parturientes à se déplacer plus loin, plus longtemps, avec les risques que cela implique. Et je ne pense pas uniquement aux accidents de la route qui peuvent être préjudiciables, mais aussi aux frais, à la fatigue, aux perturbations engendrées. Les technocrates qui pondent ces dérives vivent à Paris et ne sont pas assujettis à ce genre de problèmes.

Un livre qui devrait se trouver sur la table de chevet de bien des hommes (et femmes) politiques et de ceux qui, se flattant d’être bien portant, seront amenés un jour à être les hôtes d’hôpitaux comptant des bouts de chandelles et qui pour gagner quelques euros vont en dépenser dix fois plus en restructurations diverses. Mais ceux qui décident ne voient pas la plupart du temps plus loin que le bout de leur nez et les aberrations de leurs décisions. Mais je suis hors sujet. Quoi que…

Il ne faut pas oublier que pour soigner des affections plus ou moins graves, souvent chroniques, l’emploi de médicaments à base de corticoïdes est la norme alors que justement ces corticoïdes entraînent l’apparition de diabète chez des patients qui n’en étaient pas atteints. Alors on se cache derrière ce slogan, mangez moins gras, moins sucré, moins salé… Une façon de culpabiliser le malade et de se retrancher derrière des arguments fallacieux. Et des médicaments préconisés afin de soulager un patient et qui déclenchent une autre maladie, cela fait bien les affaires des laboratoires pharmaceutiques. Mais ce n’est que mon avis.

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