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DOUGLAS KENNEDY

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Douglas KENNEDY




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Originaire du Maine, âgé de trente-huit ans, Nick Hawthorne est employé depuis dix ans des journaux locaux de la côte Est des États-Unis. Rien d’excitant, mais ses ambitions sont modestes. En ces années 1990, il flashe un jour sur une carte de l’Australie. L’envie lui prend de s’offrir avec ses économies un voyage à travers ce pays. C’est ainsi que Nick a débarqué à Darwin, dans le nord de l’Australie. La chaleur intense, première mauvaise surprise pour l’Américain. Envisageant un périple jusqu’à Perth, à 4500 kilomètres de son point de départ, il acquiert un vieux Combi VW. Si le vendeur est un chtarbé de religion, le véhicule est nickel, lui. Nick a juste occulté un principe de base : ne jamais conduire de nuit dans le désert. Deuxième surprise désagréable : il heurte un kangourou. Il n’est pas loin de renoncer, l’outback australien s’avérant plutôt hostile.

Une halte est la bienvenue à Kununurra, le temps de se remettre. Une dizaine de jours, ce n’est pas trop car il n’est plus si pressé. Ensuite, ce sera mille kilomètres à travers le bush jusqu’à Broome. Entamant le trajet, Nick fait la connaissance d’une auto-stoppeuse. Look rétro, cheveux blonds cendrés courts, bronzée naturelle, la jeune femme de vingt-et-un ans se prénomme Angie. “J'avais affaire à une Walkyrie, option surf : un mètre-quatre-vingt de muscles, et des mains comme des battoirs…” Costaude mais séduisante, Angie vient de Wollanup, un village oublié du cœur mort de l’Australie. Sa culture musicale date de vingt ans et plus : elle admet ne jamais avoir quitté son bled jusqu’ici. Avec Angie, le sexe ressemble assez au catch : “On se retrouvait complètement nettoyé en deux temps trois mouvements. Elle ne vous faisait pas l’amour, elle vous prenait d’assaut.”

Nick songe fortement à larguer Angie, mais il est déjà trop tard. Il se réveille un matin dans un poulailler de Wollanup, après avoir été drogué. L’oncle Gus lui annonce qu’il s’est marié entre-temps avec Angie. Aucun souvenir, bien sûr. Il faut bien quatre jours à Nick pour se désintoxiquer, avant des retrouvailles avec Angie. Pas le temps d’examiner ce qui paraît un “monstrueux malentendu” durant leur lune de miel, au village. L’ambiance va vite changer : “Transformation à vue. Déjà la virago perçait sous la tendre épousée.” Nick s’aperçoit qu’on lui a pris son passeport et son argent. Il comprend qu’il est prisonnier dans “un puits sans fond, écrasé de soleil. Un gouffre sans issue.” La petite ville la plus proche se trouve à des heures de là, sans vraie route. Nick est convoqué par le comité qui dirige Wollanup, les chefs des quatre familles vivant ici, une cinquantaine d’habitants.

Délesté sous la menace de ses économies, Nick n’a plus qu’à obéir aux singulières lois de Wollanup. À gagner sa vie en tant que mécanicien, payé en monnaie locale. À composer avec la famille d’Angie, des gens aussi méfiants qu’agressifs. À se désaltérer à la bière, l’eau étant rare, et à digérer les plats infects d’Angie. À supporter la puanteur, y compris émanant de l’abattoir à kangourous, seule industrie de l’endroit. Sa stratégie vise à ne pas montrer son désir de s’échapper, tout en réparant à neuf son Combi. Cela fonctionnera-t-il ? Des mois passeront avant qu’une complicité et un plan bancal lui offrent l’espoir d’une éventuelle fuite aléatoire…

Douglas Kennedy figure depuis quelques années parmi les auteurs de best-sellers. Il faut avouer que, ne manquant pas d’esprit, le personnage est plutôt sympathique. Si ses livres rencontrent un beau succès, c’est probablement mérité. Quand est publié le premier titre de cet auteur dans la Série Noire, c’est encore un inconnu. Même si ce roman a été adapté au cinéma : pas sûr que “Bienvenue à Woop Woop” (1997) de Stephan Elliott ait vraiment séduit les cinéphiles. Plus tard, quand Christian de Metter créée une version bédé de ce roman sous le titre (de la nouvelle traduction) “Piège nuptial” (Casterman, 2012), on ne saurait garantir que cet album ait marqué les amateurs de BD, non plus.

Aussi remarquable soit-elle, l’histoire de “Cul-de-sac” n’est pas à aborder si l’on est un peu déprimé, cafardeux. Car il s’agit d’un scénario sombre, dont la part de dérision peut ne pas être si flagrante. Ce fut mon cas à première lecture, à l’époque de la sortie du livre : je sentais que je passais à côté de l’esprit du roman – Nick n’avait qu’à assumer ses conneries et se sortir du pétrin, pas d’empathie. D’une certaine façon, je ne me trompais pas totalement : Douglas Kennedy dresse un portrait ironique de "l’Américain en voyage". Toutefois, à mieux lire ce récit, son sort ne nous laisse pas indifférents. Sa capacité à surmonter l’épreuve à laquelle il est confronté, et une improbable évasion, créent un vrai suspense palpitant. Il s’agit bien d’un authentique roman noir.

Via des articles de journaux, on nous raconte l’origine de cette "communauté" qui s’est constituée à Wollanup, se faisant oublier des autorités australiennes. C’est fort troublant, autant que réaliste. En effet, il y eut des "expériences" de ce genre, soit en suivant les préceptes égalitaires hippies, soit quand des gens se laissèrent guider par quelque gourou. À la tête de tout groupe, se révèlent fatalement des chefs autoproclamés. Qui ne tardent jamais à imposer des lois iniques, qui dominent avec une cruauté jouissive. Au-delà des mésaventures de Nick, c’est assurément la description de ce climat malsain qui donne sa force à ce très bon roman.

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