La Sagesse Du Père Brown K._CHESTERTON63

GILBERT K. CHESTERTON

La Sagesse Du Père Brown


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Gilbert K. CHESTERTON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

The Wisdom of Father Brown, 1914. Bibliomnibus Polar.  Parution 10 avril 2014. 210 pages. 9,00€.

Un détective en soutane...

Parmi les nombreux détectives officieux qui gravitent dans les romans policiers, les religieux y possèdent une place à part, de par leur profession, leur statut, offrant une touche particulière dans la résolution des énigmes.

Parmi tous ceux qui ont été mis en scène, Frère Boileau de Jacques Ouvard (qui lui-même était religieux), Sœur Angèle d'Henri Catalan, Frère Cadfael d'Ellis Peters, Le rabbin de Kemelman, Mère Frévisse de Margaret Frazer, le Père Downing de Ralph MacInerny, et quelques autres qui ont fait le bonheur de générations de lecteurs. Mais il ne faut pas oublier le premier de ces détectives religieux, créé par Gilbert Keith Chesterton, le Père Brown dont douze aventures sont réunies dans ce recueil.

Dans la première de ces historiettes, L'absence de monsieur Glass, le père Brown est décrit ainsi : Le docteur regarda l'arrivant en réprimant le genre de stupeur qu'il aurait éprouvée devant l'intrusion d'un monstre marin, gigantesque mais selon toute apparence inoffensif. L'arrivant considérait le docteur avec, inscrit sur sa face ronde, l'air aimable, épanoui, caractéristique de la grosse ménagère essoufflée qui vient de se hisser péniblement dans l'omnibus, un mélange de satisfaction morale et de désarroi physique. Il ne se déplace jamais sans son chapeau noir à bords roulés et de son parapluie informe qui l'embarrasse plus qu'il ne lui sert. Bref il pourrait ressembler à un prélat rabelaisien mâtiné de Mister Bean avec un soupçon de Sherlock Holmes.

En effet dans L'absence de monsieur Glass, alors qu'il est en poste à Scarborough, une cité du nord du Yorkshire, le Père Brown consulte l'éminent docteur Orion Hood distingué criminologue et spécialiste de certaines maladies mentales pour une affaire personnelle, qui ne le concerne pas mais une de ses paroissiennes. Maggie fréquente un certain Todhunter et désire se marier avec lui mais la mère refuse de donner son consentement. C'est à ce moment que la jeune fille se présente échevelée et affirme que son ami vient d'être assassiné. Elle a entendu des bruits derrière la porte du logement de James Todhunter et celui-ci s'entretenait avec un inconnu. Par une fenêtre arrière elle aurait aperçu James Todhunter recroquevillé par terre et inerte. Ils se rendent immédiatement sur place et en effet découvrent dans l'appartement quelque peu en fourbi le jeune homme attaché. Un poignard est légèrement taché de sang. Or si le docteur Hood formule ses conclusions, fausses évidemment, hâtivement, et avec des idées préconçues, le père Brown prend le temps d'examiner les lieux, d'analyser les éléments et de relater avec sagesse ce qu'il s'est réellement passé, résolvant le mystère comme eut pu le faire Sherlock Holmes mais avec simplicité dans sa démonstration.

Le père Brown n'est pas attaché à une paroisse et on le retrouve dans L'Erreur de la machine en train de discuter dans un bar avec son ami Flambeau, détective. Vingt ans auparavant il a été aumônier dans une prison de Chicago et la conversation porte sur la méthode dite psychométrique, l'ancêtre du sérum de vérité. Le principe consiste à entourer le poignet d'une personne d'un sujet et de mesurer les variations du pouls lorsque certains mots sont prononcés. L'idée est bonne en elle-même sauf qu'il faut se méfier des interprétations. Ce n'est tellement la machine qui indique des conclusions erronées, mais l'homme qui peut extrapoler et s'accommoder d'explications inexactes par rapport aux résultats enregistrés. Et le Père Brown grâce à son sens de la déduction, de l'analyse des événements qui se sont déroulés, ne se fiant ni aux articles des journalistes ni aux faux semblants, démontra au directeur de la prison que les apparences sont parfois trompeuses.

Les apparences trompeuses, tout le monde peut s'y laisser prendre dans leurs rets, il suffit d'un peu de machiavélisme de la part de celui qui est à l'origine d'une mystification. C'est ainsi que prenant quelques jours de congés afin de se remettre d'une indisposition provoquée par une surcharge de travail, le Père Brown navigue en compagnie de son ami Flambeau et du propriétaire d'un yacht, un jeune nobliau de Cornouailles, Sir Cecil Fanshaw. Ils remontent un fleuve côtier et Brown est intrigué par l'état du château, ou d'une tour, ou des ruines qui se dressent sur une île. En apparence cette histoire de La Perdition des Pendragon pourrait s'immiscer dans une affaire de sorcellerie, mais il faut plutôt remonter aux méfaits des naufrageurs.

La tête de César nous apprend que le père Brown qui fut, curé de Cobhole dans l'Essex, est dorénavant installé dans le diocèse de Londres. Et attablé près d'une fenêtre dans un pub, le père Brown, avec un visage digne d'un gnome assez innocent, demande abruptement à son ami Flambeau, détective semi-officiel, de suivre un homme affublé d'un faux nez qui vient de passer. Ainsi débute l'histoire d'un homme qui collectionnait les pièces anciennes et dont le fils vient d'hériter. Le prêtre s'intéresse à cette histoire pour aider une jeune fille qui est attablée dans cette taverne et qui semble avoir besoin de ses services. Comme les scouts le père Brown est toujours prêt à aider ses concitoyens, pas par voyeurisme mais par charité et humanisme.

Il ne retire aucune gloire de ses enquêtes, car le mystère l'attire comme un aimant attire la limaille. Mais il possède une prédisposition pour : L'esprit du prêtre était un éternel terrier de lapin où des pensées désordonnées se télescopaient trop vite pour qu'il ait le temps de les saisir. Aussi fugitive que la queue d'un lapin blanc, il eut l'idée qu'il était sûr de leur chagrin, mais moins persuadé de leur innocence. Cette phrase est extraite de L'homme dans le passage, de même que celle qui suit et constitue une réflexion toujours d'actualité : La presse moderne étant ce qu'elle est, les nouvelles les plus importantes et les plus fidèlement rapportées sont les informations policières. Et si au XXe siècle, on accorde plus de place aux meurtres qu'à la politique, c'est pour l'excellente raison que le meurtre est un sujet plus sérieux.

Cela fait du bien de plonger ou replonger dans des romans policiers ou recueils de nouvelles du début du XXe siècle et l'on se rend compte que ce genre littéraire n'a pas vieilli et que déjà toutes les bases des problèmes de détection étaient évoquées, et traitées avec finesse et dans un style élégant, ce qui n'est plus guère le cas de nos jours sauf chez certains romanciers, hommes et femmes, dont le talent devrait être mis plus en avant.

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