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CLAUDE IZNER

Rendez-vous Passage D’enfer


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Claude IZNER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Grands Détectives N°4100. Editions 10/18. Parution le 21 février 2008. 352 pages. 8,80€.

ISBN : 978-2264044907

Lorsque le maître des cieux expulse ses calculs rénaux, cela forme des météorites…

En ce mercredi 14 août 1895, une pluie de météorites s’abat sur la forêt de Montmorency. Un rebouteux recueille une pierre et s’en sert pour soigner un gamin atteint de fièvre. A Domont, dans la propriété d’Hugo Malpeyre, une dizaine de membres d’une confrérie fondée une vingtaine d’années auparavant par Emile Legris, rendent hommage au souvenir à leur mentor.

Legris avait créé cette société, nommée A cloche-pied, selon les principes de Charles Fourier, créateur du fouriérisme, un mouvement utopique, et avait aidé les participants en leur trouvant des postes de travail ou simplement financièrement. Mais ces quelques participants, des hommes et des femmes qui possèdent tous un sobriquet relatif à un trait de leur caractère ou de leur passion, ne s’entendent guère. Malpeyre, leur hôte, recueille les chiens errants ou maltraités a été surnommé Taïaut. Les autres œuvrent dans des domaines divers, qui sous-chef de gare à Montparnasse, qui marchand de jouets, qui cantatrice d’opérette dans des casinos de province, ou encore une demi-mondaine, liste non exhaustive qui n’influe pas sur l’histoire.

Le mardi 22 octobre 1895, un train en provenance de Granville traverse la gare Montparnasse, traverse la salle des arrivées et se plante dans la chaussée place de Rennes. Un incident qui fait vibre de nombreux immeubles dont celui situé 5 rue du Départ. Dans un des appartements gît Donatien Vendel, le sous-chef de gare, alité depuis des semaines suite à un incident qui s’est produit avec les membres d’A cloche-pied en forêt de Montmorency.

Eric Pérochon qui est venu rendre visite à son oncle, recueille les derniers mots du mourant qui vient de recevoir une potiche sur la tête, aggravant son état. Non seulement ces révélations lui permettent de mettre la main sur quelques billets de banque, une manne pour lui qui est en manque chronique de fonds, mais il note une liste de noms, des personnages qu’il se promet de rencontrer. Il s’agit des adhérents de cette confrérie A Cloche-pied et d’après les renseignements prélevés il pourrait devenir possesseur d’un trésor.

Pendant ce temps, que ce passe-t-il à la librairie Elzévir dont Joseph Pignot vient d’être de prendre du galon, ayant le statut d’associé de son beau-frère Victor Legris et de Kenji Mori, le beau-père des deux hommes, l’un étant marié à Iris la fille du Japonais et l’autre étant son fils adoptif ?

Joseph et Iris sont les heureux parents d’une petite fille, Daphné, qui les perturbe à cause d’une poussée dentaire. Joseph est toujours en proie à la fièvre de l’écriture de ses romans feuilletons, recherchant des idées, quant à Iris elle rédige un nouveau conte animalier. Mais Joseph n’est pas satisfait du nouvel apprenti, Urbain, qui est un peu rural, et il désire le renvoyer dans ses foyers, avec son père par exemple qui est commanditaire en fruits et légumes aux Halles. Victor Legris lui est tarabusté par la concierge qui se plaint qu’au grenier une malle l’importune. Il ouvre donc cette caisse et découvre à l’intérieur des papiers qui ont appartenu à son oncle, Emile Legris, dont notamment un échéancier avec inscrits sur la page de garde quelques noms. Mais bientôt ces noms prendront une importance capitale lorsqu’il découvre dans un journal que des accidents provoqués ont fait des victimes. Des meurtres en réalité, car bientôt les faits se précisent.

Alors que Joseph a trouvé un remplaçant à Urbain en la personne de Siméon Delmas, un client féru de littérature, confectionnant des paquets à la perfection et sachant se débrouiller seul pour les livrer, Kenji est occupé avec sa nouvelle passion, la photographie, Victor se penche sur le passé de son oncle Emile et de sa confrérie.

Mais de nouveaux meurtres, cachés plus ou moins bien en accidents, sont perpétrés, Joseph et Victor, d’abord chacun de son côté puis en unissant leurs efforts et leurs recherches, se mettent à la quête de l’identité du coupable. Ce qui n’est pas une mince affaire. Et il leur faut ruser, tout aussi bien avec l’individu insaisissable qu’avec leurs proches pour mener à bien leurs investigations.

La trame policière est presque voilée par les nombreuses descriptions, digressions, que Claude Izner englobe dans l’énigme proposée. Qui est le (ou la) coupable des meurtres. Eventuellement, pourquoi. Mais l’épilogue joue dans le registre du roman de suspense, car l’identité du coupable sort du chapeau, et pourtant tout est évident. Mais Claude Izner promène son lecteur dans le registre des coupables potentiels sans faillir.

L’aspect historique, social, culturel et artistique est largement développé grâce aux faits divers qui ont marqué cette année 1895. On y rencontre la figure de littérateurs tel que Jules Renard, d’artistes peintres même si certains comme Toulouse-Lautrec n’y sont qu’évoqués. Les potins et les prises de position tournent surtout autour de deux affaires qui divisent, en France et en Angleterre.

L’affaire Dreyfus d’abord qui en est aux prémices avant d’exploser et d’éclabousser la classe dirigeante, mais pas que, car révélatrice d’un antisémitisme profond. Le point culminant en étant l’année 1898 et le pamphlet pro-dreyfusard de Zola dans J’accuse… ! Mais une autre affaire, dite de mœurs, retient l’attention. Le procès d’Oscar Wilde alors que sa pièce L’Importance d’être Constant remporte un énorme succès. Et naturellement les personnes en vue, notables, bourgeois aisés, les artistes entre autres, défendent sa moralité, ne serait-ce que pour contrarier l’ennemi intime, l’Angleterre.

Ce sont les débuts du cinéma avec la projection des premiers films des frères Lumière, une invention qui intrigue mais ne convainc pas, tout du moins au début.

Et l’épisode de l’accident de train en gare de Montparnasse est une réalité historique et sert de point de départ de ce roman baignant dans un humour réjouissant et salutaire. Quant à la pluie de météorites, nul site n’en parle, mais cet événement est probable.

Enfin, détail amusant, cette anecdote :

Imaginez, mon bon, les Anglaises ne se contentent plus de boire le thé, elles le fument, on appelle ça des tea-cigarettes, rendez-vous compte.

Et l’on suit avec plaisir les évolutions relationnelles de Victor Legris et associés et de leurs compagnes dans leur vie quotidienne, leurs aspirations, leurs petites jalousies, leurs méfiances, leurs joies également. Ainsi que les personnages qui évoluent autour d’eux, les habitué(e)s de la librairie et cela fournit quelques études de mœurs dignes du théâtre de boulevard.

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