Le Talisman De La Villette IZNER32

CLAUDE IZNER

Le Talisman De La Villette


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Claude IZNER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Grands Détectives N°3941. Editions 10/18. Parution le 19 octobre 2006. 352 pages. 8,10€.

ISBN : 978-2264038807

N’est pas une patte de lapin même s’il a été trouvé près des abattoirs…

Le jeune commis de la librairie Elzevir, Joseph Pignot, ne se contente pas de classer, vendre ou réceptionner livres neufs et anciens, il est habité par une passion, outre celle qu’il voue à sa jeune épouse Iris, pour l’écriture. Et il compte bien devenir l’égal, voire plus, de ces feuilletonistes qui fournissent des œuvres pour divers journaux.

Et lorsque le grand patron du Passe-partout, journal qui publie ses récits, lui déclare :

Mon petit Pignot, l’action de votre roman se passe en Transylvanie, et personne ne sait où ça se trouve. Simplifiez, tenez-vous en à l’eau de rose et au mystère, supprimez les descriptions et la psychologie.

Claude Izner en rédigeant ce passage n’a pas réellement suivi les conseils prodigués et ce roman comporte plus de pages de descriptions historiques que le corps de l’intrigue. Si les deux sœurs, oui car sous le pseudonyme de Claude Izner se cachent deux sœurs qui furent bouquinistes sur les quais de la Seine, mais je ne vous apprends rien, si les deux sœurs avaient appliqué leurs préceptes, le livre aurait été diminué de moitié, au moins.

Mais quel plaisir de retrouver au fil des pages, des personnages qui ont réellement existé, tels Satie, Lautrec, Anatole France, et bien d’autres qui donnent du corps à ce récit dans lequel nous retrouvons nos amis, un libraire est toujours un ami, Kenji Mori et Victor Legris, et le commis Joseph Pignot qui depuis peu fait partie de la famille, s’étant marié à Iris, la fille de Kenji et la sœur de Victor. Je peux même vous dévoiler qu’Iris attend un heureux événement. Mais Victor Legris délaisse quelque peu la librairie, s’étant entiché depuis peu de la photographie, et développant lui-même ses clichés.

En ce 7 janvier 1894, sur la côte nord du Cotentin, à Landemer, petit village entre Cherbourg et Beaumont-Hague, la tempête fait rage. Un bateau balloté par les vagues furieuses est mal en point. Corentin Jourdain, un ancien marin qui à la suite d’un accident est devenu boîteux, vit seul avec son chat Gilliatt. Il recueille une jeune femme qui allait se noyer. Il la soigne en la frictionnant nue vigoureusement et elle sort momentanément de son évanouissement, demandant si elle est à Southampton. Elle porte à une oreille un cabochon bleu, son jumeau manque.

Cette jeune femme ressemble à Clélia, un amour de jeunesse de Corentin, qui est morte vingt ans auparavant. Il la confie à un hospice tenu par des religieuses. Il découvre sous son lit le sac appartenant à la malheureuse. L’objet contient les papiers d’identité au nom de Sophie Clairsange, si c’est son véritable nom, et un cahier bleu qu’il s’empresse d’ouvrir. Et ce qu’il lit le laisse pantois. Aussitôt il décide de se rendre à Paris, emmenant avec lui toute ses économies.

Un mois plus tard, Martin Lorson, ancien rond-de-cuir au Ministère des Finances qui a démissionné pour convenances personnelles, se rend à l’octroi de la Villette remplacer un copain. C’est l’un des nombreux petits boulots auxquels il s’adonne et lui laisse du temps libre pour écluser sa fiole de rhum et lire ses romans, Victor Hugo, Stevenson et bien d’autres. Au cours de la soirée, il aperçoit un couple s’approcher. La femme, masquée, a l’air de se moquer de son compagnon qui l’étrangle. Peu après un autre individu, à moins que ce soit le même, Lorson n’est pas très sûr, se penche sur le cadavre. Il l’examine puis à son tour s’éloigne. Lorson se rend sur les lieux et trouve coincé entre deux pavés un médaillon.

Quelques jours plus tard, Maurice Laumier, un peintre, entre dans l’échoppe de Victor Legris et demande au libraire d’enquêter sur une affaire de disparition. Son amie Mireille a lu dans le journal que le cadavre d’une femme aurait été découvert près de la Villette, et il faut absolument que Legris se rende à la morgue afin de déterminer si le cadavre est celui de sa cousine disparue ou non.

Et voilà Victor Legris et Joseph, son commis et beau-frère, lancés dans une nouvelle enquête qui les mènera de la Villette et ses abattoirs, au quartier Monjol, repaire des prostituées, en passant par les beaux quartiers de Courcelles, aux Buttes-Chaumont et naturellement le quartier Latin. Ils vont côtoyer des personnages hauts en couleurs, comme Laumier le peintre qui pense avoir enfin décroché une parcelle de gloire en brossant le portrait du romancier Georges Ohnet, le père Boniface qui tel le docteur Schweizer le faisait dans la brousse africaine, soigne les tapineuses, les miséreux, leur apportant médicaments, nourriture et réconfort moral.

Des membres de la bonne société, des notables ou considérés comme tels sont assassinés, ponctuant les pérégrinations de nos détectives privés qui mettent du temps pour résoudre cette affaire, mais sont plus rapides toutefois que les policiers.

Bien d’autres personnages, célèbres ou non, gravitent dans cette histoire de mœurs. L’on y rencontre au détour des pages, Thadée Natanson, Erik Satie, et quelques autres qui donnent de l’épaisseur à cette narration historique, à cette balade dans un Paris en pleine mutation, sous l’impulsion donnée par le baron Haussman, et qui voit la transformation de lieux de perdition en lieux de promenade, ou d’embuscade, comme la grotte du parc des Buttes-Chaumont.

L’enquête policière est sertie dans un écrin historique, culturel, géographique, et si les aspects descriptifs étaient effacés, il ne resterait de ce roman que la moitié des pages. Et encore. Car nos amis Legris, Mori et Joseph, entourés de leurs femmes, dont Iris qui s’apprête à pouponner, ou maîtresses, et de la chatte de Victor qui offre au couple trois adorables chatons, ne se contentent pas d’enquêter. Ils le font en parallèle de leurs occupations, et heureusement que Victor possède un vélo, cela lui permet de se déplacer en certaines circonstances plus rapidement.

Les notes en bas de pages nous rappellent que Claude Izner place son récit dans un contexte historique comportant sociétés secrètes et procès de femmes ayant eu recours à l’avortement.

L’homme qui est apte à promettre est apte à oublier.

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