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FRANCK HERIOT |
La Femme Que J'aimaisAux éditions LE CHERCHE-MIDIVisitez leur site |
703Lectures depuisLe mardi 28 Avril 2009
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Une lecture de |
Assureur à La Rochelle, Antoine Jolimai vient de passer la nuit dans un hôtel parisien, avec son épouse Marie et leurs deux fils de dix et douze ans. À son réveil, sa femme a été étranglée alors qu’il dormait à ses côtés, et ses fils ont disparu de la chambre attenante. Les enquêteurs du Quai des Orfèvres ne cherchent pas loin leur coupable. D’autant que le veilleur de nuit de l’hôtel Balard affirme que le couple, qui semblait nerveux, est arrivé sans ses enfants. Le juge d’instruction et même l’avocat d’Antoine ne croient guère en son innocence. Il est condamné à une peine de sûreté de trente ans. En prison, Antoine a sympathisé avec un truand chevronné, Corcos. Lors du transfert qui ramène Antoine à Fresnes, un guet-apens permet l’évasion de Corcos et de son protégé. “L’assureur de La Rochelle” est activement recherché. Le policier Gorin a toujours douté de la culpabilité d’Antoine. Enfants adoptés, ce dernier et son épouse Marie furent élevés par un couple de la région de Marennes. Ces parents adoptifs décédèrent d’ailleurs dans des conditions dramatiques. C’est du côté de la défunte vraie mère de Marie, prostituée toxicomane toulousaine, que Gorin va chercher une piste. À Nice, Monsieur Bob s’intéresse aussi à l’affaire. Ce proxénète s’occupa un temps de Marie, au décès de sa mère. Il reprend contact avec un ami flic de Toulouse, avant de fixer un rendez-vous à Gorin. Le cadavre d’un homme aux mains coupées a été découvert dans la région toulousaine. Gorin comprend bientôt qu’il s’agit de Piotr, le veilleur de nuit qui témoigna contre Antoine. Le policier doit maintenant retrouver la trace de Mona, ex-prostituée qui fut l’amie de la mère de Marie. Antoine Jolimai est entré en contact avec la seule personne l’ayant défendu lors du procès, la journaliste Dominique Petiot. Il se cache chez un ami de celle-ci. Pour Antoine, c’est à La Rochelle qu’il trouvera des réponses. Sur place, son collègue et fidèle ami Pierre lui prête son bateau, planque idéale. Alors qu’il visite clandestinement sa propre maison, Antoine est agressé et pourchassé par un inconnu, qui le blesse légèrement. Il se réfugie chez ses copains ostréiculteurs de Marennes. Mais Antoine n’y est pas forcément à l’abri pour autant. Un détail capital, la boucle d’oreille de Marie, lui revient en mémoire. Il ne cesse de penser à ses fils, qu’il espère toujours vivants. L’enquête de Gorin progresse grâce aux révélations de Mona. Le policier réussit à rencontrer Antoine. Ensemble, ils poursuivent leurs investigations… Victime injustement condamnée, le héros incarne l’incompréhension face aux circonstances énigmatiques, mais conserve la volonté de se battre : “N’étais-je pas seul face au monde entier depuis ma naissance? Je devais puiser ma force dans cette image.” C’est donc une intrigue policière dans la meilleure tradition que nous présente l’auteur. Les méandres de l’affaire constituent autant de péripéties mouvementées. S’il y a ici des allusions à l’univers de Simenon, elles évoquent plutôt les romans sombres de cet écrivain que la série des Maigret. Encore que le policier Gorin, qui envisage le dossier sous un angle différent, possède un “air de famille” avec le célèbre commissaire. Avec son lot de rebondissements et ses personnages bien campés, ce roman solide est extrêmement agréable. |