Tandis que son état de santé se dégrade, Maryvonne raconte son histoire au journaliste lyonnais Eric Jaillet. Pendant la guerre, elle fit partie des enfants brestois réfugiés à Lyon. Quatre années de bombardements détruisirent la ville portuaire bretonne. Veuve, la mère de Maryvonne se remaria avec Jim, un G.I. A l’époque, ce dernier fut témoin d’une étrange affaire. Une nuit, une jeep de l’armée heurta une charrette. La victime, un homme très maigre portant un large chapeau, semble avoir été autopsié par les Américains, intrigués par son allure. Jaillet prétexte un reportage en Bretagne, pour assister aux obsèques de Maryvonne. Il y rencontre sa famille – y compris Jim, toujours en vie dans une maison de retraite. Jim confirme au journaliste que le conducteur de la charrette était bien l’Ankou, qui personnifie la mort. Celui-ci fut envoyé aux Etats-Unis, pour autopsie. Si on le retrouve, un film témoigne de l’opération. Mais l’être ni mort, ni vivant leur échappa plusieurs fois, faisant des “fugues”. Ayant transmis son secret, le vieux Jim estime qu’il est temps de repartir. Licencié économique, Jaillet poursuit l’enquête au Nouveau-Mexique. Grâce aux documents légués par Jim, il retrouve les lieux où passa l’Ankou. Le journaliste interroge des témoins, risque sa vie lors d’une sortie en montgolfière, retrouve le fameux “film Brautigan” de l’autopsie, note que les indiens Pueblos ont aussi vu l’Ankou. Il comprend la raison des fugues, et l’accord tacite entre Jim et l’Ankou. Cette région fut aussi celle de l’affaire Roswell... Ombre familière, symbole de la fatalité plutôt que de la mort pure et simple, “l’homme à la faux” porte un nom en Bretagne : l’Ankou. Sinistre, mais pas si terrifiant, sa légende n’admet que des aventures d’exception. C’est dans cet esprit que l’auteur relate le voyage en Amérique de l’Ankou. Sur ses traces, le journaliste navigue entre mystères, dangers et hypothèses véridiques. L’imagination poétique de Frédérick Houdaer mêle avec astuce “le cavalier sans tête de Sleepy Hollow”, les sorcières de Salem, les secrets de l’armée états-unienne, et les mythes celtiques. Morbide ? Sûrement pas ! Le récit est plein d’inventivité, évoquant l’éternelle dualité entre vie et mort, tel un jeu complice. Un captivant roman insolite.
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