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CYRIL HERRY

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Cyril HERRY




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Hans, neuf ans, et sa mère Teresa sont originaires du Finistère. Pendant quelques années, ils ont vécu dans une région rurale, au cœur du terroir français. Ils habitaient une vieille maison en colocation avec un couple et leur enfant, un lieu où la nature était présente. Le compagnon de Teresa, Stan, n’était pas le père de Hans. Le gamin lui préférait, en guise de père de substitution, l’autre homme de la maison, Jean-Loïc. Bien qu’elle ait reçu de temps à autres des nouvelles d’Alex, le vrai géniteur de Hans, Teresa refusait de reprendre contact avec lui. Impliqué dans la défense de l’environnement, militant pour un mode de vie plus humain, Alex était un passionné mais aussi quelqu’un d’instable. Il avait même des tendances suicidaires, heureusement compensées par son amour de la nature.

La vraie-fausse famille de Hans a explosé. Avec sa mère, ils ont décidé de passer voir où vit Alex. Il s’agit d’un terrain isolé en forêt, à proximité d’un étang, un endroit qui séduit immédiatement le petit Hans. Il ne ressemble pas seulement physiquement à son père ; il a les mêmes goûts. La yourte où s’est installé Alex, c’est une idée insolite pour Hans. Alex est absent quand ils arrivent sur les lieux. Teresa avait retenu une place en camping mais, Hans faisant un caprice pour rester là, ils posent leur tente non loin de la yourte. Teresa se demande si Alex ne se serait pas choisi ce lieu idéal pour mourir. Ce qui correspondrait à un exalté comme lui. Au bar-tabac-épicerie du village voisin, Teresa n’obtient guère de renseignements au sujet d’Alex. Elle devrait percevoir une certaine hostilité.

Hans est convaincu d’avoir trouvé son univers. Vivre en forêt, il s’en sent capable. Avec Jean-Loïc, il avait appris à pécher. Explorer l’étang et ses abords en canoë, ça comporte une part d’aventure. Il espère que son père est là, telle une silhouette qui l’observerait en secret. Étonnant, ce cimetière d’épaves automobiles que Hans découvre dans les environs. Pendant ce temps, Teresa lit les carnets où Alex a décrit son quotidien, par de courts textes, dont elle essaie de traduire l’esprit. Jacques Alonso est un voisin quinquagénaire. Voilà à peu près deux mois qu’il n’a plus vu Alex. Ce qui ne lui paraît pas anormal, Alex partant d’ici par périodes. Teresa n’a aucunement l’intention de sympathiser avec Jacques, mais il semble le seul qui puisse offrir quelques éléments sur lui.

Dans la proche forêt, Hans se sait entouré d’animaux, qu’il ne redoute pas. S’il croise des personnes agressives, il peut finir par réagir en défendant le territoire qu’il a conquis. Par Jacques, Teresa apprend qu’Alex a eu des démêlés avec une famille locale omnipotente. Il était en règle, ce fut admis par l’ancien maire. À force d’être harcelé, il est possible qu’Alex ait finit par renoncer à son petit paradis…

(Extrait) “Il se sentait décidément bien dans cette endroit. La yourte au bord de l’étang, la forêt tout autour. Les occupations de son père, ses méthodes, ses habitudes, tout lui convenait. Lui aussi voulait mener cette vie. Il suffisait que son père accepte qu’il s’installe ici avec lui. Plusieurs enfants de sa classe vivaient bien tantôt chez leur mère, tantôt chez leur père. Stan était parti et Jean-Loïc s’était donné la mort.

Il y avait de quoi faire ici. De quoi inventer et apprendre. Mais sa mère gâchait tout en répétant sans cesse qu’il fallait s’en aller. Il pouvait très bien se passer de sa mère. Il y avait tout ce qu’il fallait dans cet endroit pour subsister. Il suffisait d’être imaginatif, débrouillard.

La seule idée de passer une nuit tout seul dans les bois lui procurait des frissons. De puissants frissons chauds qui dévalaient sa nuque, puis son dos à mesure que l’idée faisait son chemin. Il avait tout ce qu’il fallait dans sa besace…”

Même dans nos régions, dans nos petites villes, l’urbanisation galopante a changé depuis plusieurs décennies les décors environnants. Les jardins et les prés ont été bétonnés, on a rasé les arbres, on a détruit des étangs sous prétexte d’insalubrité. Là où nos parents et grands-parents pouvaient s’ébattre et baguenauder, il ne subsiste guère de verdure, d’espace libre. Pourtant, tout cela contribuait à développer l’imaginaire des enfants, à leur donner des terrains de jeu enthousiasmants. Flâner dans une forêt en se rêvant trappeur, cow-boy, guerrier ou explorateur, c’était grisant pour de nombreux enfants. Bâtir une cabane dans les arbres ou dissimulée dans les fourrés, pour quelques heures ou pendant la durée des vacances, c’était excitant. Et ça ne gênait personne. De nos jours, c’est l’exception. Si un enfant agit ainsi, on va soupçonner chez lui une tare, une anormalité.

Peut-être Hans est-il un des derniers à ressentir le besoin de nature et de liberté, hérité de son vrai père. Si celui-ci s’était marginalisé, il avait trouvé un équilibre et sans doute une forme de bonheur. C’est à cela qu’aspire ardemment son fils. Sans reproche pour sa mère, qui n’est pas allée aussi loin dans le décalage social. Par crainte que ça finisse mal ?… On n’adhère à ce genre d’histoire que lorsque l’auteur évoque avec clarté les ambiances, les paysages, les sentiments et les éventuels conflits. Aux lecteurs d’analyser la psychologie des protagonistes, de comprendre leur démarche, leurs réactions. Cyril Herry n’impose rien, il illustre par une narration souple une situation – moins simple qu’il n’y paraît au départ, évidemment. Car il faut s’attendre à une part de violence. Pas d’aventure sans ennemis, même à neuf ans. Un roman plein de qualités, très attachant.

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