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MAXIME GILLIO |
Le Cimetière Des Morts Qui ChantentAux éditions RAVET-ANCEAU - POLARS EN NORD |
2410Lectures depuisLe mardi 21 Avril 2009
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Une lecture de |
En l’absence de son supérieur Charles Dacié, l’inspecteur Marquet est chargé d’une enquête déroutante. Il laisse le cas d’un sans-papiers roumain ayant disparu à ses collègues. D’ailleurs, la jeune femme qui a signalé les faits est sans doute trop naïve, l’étranger ayant abusé de sa bienveillance avant de filer en Angleterre. Marquet s’intéresse donc aux Claeneboo, famille de terriens dont l’entreprise de pompes funèbres est réputée dans la région d’Arleghem. Si leur grand-mère Augusta est toujours en vie, ce sont aujourd’hui les cinq frères Claeneboo qui dirigent l’affaire. L’aîné a été récemment victime d’un mortel accident de voiture. Alors qu’il commençait à creuser une tombe au cimetière d’Arleghem, le deuxième frère a péri dans une explosion. Ce n’est pas un vieil obus enterré là qui a causé le drame, mais des mines anti-chars déposées depuis peu. Le citadin Marquet se sent désorienté dans cette campagne flamande. D’autant que les trois autres frères sont des taiseux, méfiants et même hostiles. Augusta, l’aïeule supposée sénile, refuse de s’exprimer autrement qu’en langue flamande. La blonde Julie est vraiment la femme à tout faire des cinq célibataires de la fratrie. Elle confirme qu’il se passe depuis quelques temps des choses curieuses autour des Claeneboo. Des témoins n’ont pas oublié l’histoire de cette famille. Louis, le grand-père, fut chef de la Résistance locale. Il fit abattre deux collabos miliciens en 1944. On sait qu’en réalité, il voulait épouser Lucette, la fiancée d’un des miliciens. Âgé de 63 ans, Fabien Engrand est revenu s’installer dans la région. C’est le fils du collabo abattu et de Lucette, qui l’éleva seule. Même s’il fut humilié durant son enfance, l’hypothèse d’une vengeance d’Engrand apparaît trop évidente, sans doute. Mais quand, malgré les précautions des Claeneboo, un troisième frère meurt dans une explosion chimique, Fabien Engrand est quand même le suspect idéal. D’autant qu’il peut maintenant prouver que son père génétique était Louis Claeneboo, et réclamer une large part de sa fortune. Après ses vacances amoureuses avec Sonia, la sœur de Marquet, Charles Dacié est de retour. Son aide ne sera pas inutile, aussi bien dans le cas du sans-papiers roumain que dans le dossier Claeneboo. Car la série criminelle n’est pas close… On retrouve avec plaisir les principaux personnages des précédentes aventures. Le jeune policier Marquet a un peu mûri, et l’expérimenté Dacié intervient moins. Les sourires sont toujours au rendez-vous : “Pas mal du tout votre raisonnement, Stéphane. Donc pour résumer, on a certainement un meurtrier paysan avec une technologie de pointe” ou des clins d’œil, tel “ce qui a éparpillé le fossoyeur façon puzzle…” On sent l’auteur à l’aise dans les portraits, n’hésitant pas à appuyer la caricature, mais sans exagération. Cette famille de ruraux unis et fermés est plutôt crédible. Toutefois, les prénoms dont sont affublés les cinq frères n’ont rien de si amusant. Et “l’ambiance commissariat” ne s’imposait peut-être pas ici. Autre point fort à souligner, la construction narrative : l’intrigue est fignolée avec précision. Assez nuancées, les situations sont loin d’être manichéennes. Ce troisième roman de Maxime Gillio est probablement le plus abouti. |
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