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David GRANN




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Au début des années 1870, les tribus indiennes Osages furent déplacées de leurs terres d’origine au Kansas vers une réserve rocailleuse d’Oklahoma, territoire de moindre valeur. Mais on s’aperçut bientôt que le sous-sol regorgeait de pétrole, le plus grand gisement des États-Unis. Conscients que les Blancs étaient plus puissants qu’eux, les chefs coutumiers des Osages savaient néanmoins négocier depuis longtemps pour défendre les intérêts de leur peuple. C’est ainsi que, pour exploiter la manne pétrolifère, les investisseurs durent louer les parcelles des Osages. Cette tribu indienne devint la population la plus prospère du pays, chacun touchant des fortunes. Toutefois, les Indiens étant supposés peu aptes à la gestion de leurs biens, les autorités imposèrent que des curateurs en soient chargés.

La région de Gray Horse fait partie de celles ayant bénéficié de l’afflux financier. Dans ce comté, les Indiens et les Blancs vivent en bonne entente. S’il s’y est enrichi, devenant un des principaux notables ici, William Hale se montre bienveillant envers les Osages, dont il contribue à faire respecter les droits. Un certain nombre de couples mixtes se sont formés au sein de la population. À l’exemple de Mollie, une Osage qui a épousé Ernest Burkhart. On lui inculqua de force une éducation selon les règles d’intégration, mais Mollie conserva bon nombre des traditions de son peuple. S’occupant de sa mère Lizzie, souffrante, elle faisait figure de chef de famille. Car sa sœur aînée Anna était une fêtarde, et sa cadette Rita était par ailleurs mariée avec Bill Smith, un Blanc installé dans ce comté.

Baignant dans l’aisance financière, tout semble bien se passer pour Mollie et ses proches, quand survient un drame en mai 1921. Anna ayant disparu, on découvrit son cadavre peu après : elle avait été abattue par balle. Dans le même temps, un autre Osage, Charles Whitehorn, fut également victime d’un meurtre. On pouvait attribuer ces crimes au banditisme sévissant dans la Prairie, où les brigands avaient une certaine impunité. Il était aussi possible de suspecter Oda Brown, l’ex-mari d’Anna, un fêtard comme elle. La mort de sa mère Lizzie, due à une maladie mal précisée, incita Mollie à se poser bien des questions. Quant à l’enquête sur les deux meurtres, il ne fallait pas trop compter sur les shérifs du secteur. Mais on engagea des détectives privés, qui firent ce qu’ils pouvaient.

En 1922, plusieurs autres Osages décédèrent, victimes d’empoisonnements. En 1923, ce fut Henry Roan qu’on découvrit mort assassiné dans sa Buick. Comme souvent, ce furent les frères Shoun – médecins de la région – qui pratiquèrent l’autopsie. “Le règne de la terreur” continua autour de Mollie Burkhart, en particulier quand sa sœur Rita et son beau-frère Bill trouvèrent la mort suite à l’explosion de leur maison. Cette série de crimes fit au moins vingt-quatre victimes. Il était temps que ce soit la police fédérale qui fasse la lumière sur ces affaires. Le Bureau of Investigations venait justement d’être confié à un directeur administratif de vingt-neuf ans, J.Edgar Hoover. Il restructurait avec rigueur ses services, ne gardant que les meilleurs enquêteurs, exigeant des rapports et des résultats.

Fils d’un shérif efficace, ancien Texas Ranger, l’agent Tom White avait davantage le profil d’un cow-boy que d’un policier répondant aux critères de J.Edgar Hoover. Mais ce dernier a besoin d’un homme honnête et droit comme Tom White pour conforter sa réussite. S’il n’est pas formé aux nouvelles techniques, l’agent est méthodique, analysant les dossiers avec soin. White sait qu’il s’agit d’une mission à haut risque, y compris pour ses adjoints et lui-même. Son équipe s’installe anonymement, “sous couverture”, dans la région de Gray Horse. Ils glanent d’utiles renseignements sur le fonctionnement de la vie locale. On en vient à soupçonner Bryan Burkhart, le beau-frère de Mollie. Et pour le meurtre d’Henry Roan, une piste se dessine aussi. Cette fois, l’enquête est en bonne voie…

(Extrait) “Tous les efforts accomplis pour résoudre ce mystère venaient de se révéler totalement vains. Après avoir reçu une série de menaces anonymes, le juge de paix n’envoya plus personne enquêter sur les derniers meurtres. Il était tellement effrayé qu’il se réfugiait dans son bureau dès que l’on mentionnait l’affaire et s’y enfermait à double tour. Le nouveau shérif du comté ne se donnait même plus la peine de faire semblant de mener des recherches. "Je ne voulais pas être mêlé à cette histoire, admit-il plus tard" (…) Concernant l’affaire elle-même, il estimait que c’était "une lourde tâche et un shérif accompagné de quelques hommes ne peut pas en venir à bout. C’est au gouvernement d’en prendre les rênes."”

Il ne s’agit pas d’une fiction, mais d’une enquête journalistique sur un épisode oublié de l’Histoire des États-Unis. David Grann a reconstitué scrupuleusement les faits, se basant sur les archives et les témoignages. Tout ce qu’il décrit — avec une soigneuse minutie — est le reflet exact de la réalité de ce “règne de la terreur” qui secoua la tribu des Osages au début des années 1920. Son récit restitue avec limpidité les ambiances et les décors de l’époque, ainsi que l’état d’esprit des protagonistes. Par exemple, des hommes d’affaires plus ou moins sérieux se battent à coup de millions pour exploiter le pétrole des sous-sols de l’Oklahoma. À l’inverse, tandis que les Osages profitent de leurs gains, les chefs indiens continuent à affronter le gouvernement afin de ne pas être trop lésés. Sachant que leur peuple, jalousé de partout, est toujours considéré comme une sous-catégorie de citoyens.

Dans cette région plutôt isolée de l’Oklahoma, même si le modernisme va de pair avec ce soudain enrichissement, on est bien loin de l’Amérique urbaine d’alors. La Loi reste pour beaucoup de gens une notion très approximative, les shérifs corrompus ne sont pas une légende, et si certains détectives font vraiment leur métier, d’autres sont véreux. La mort de quelques amérindiens est gênante pour les autorités, mais ne justifie pas d’efforts pour trouver les coupables. Du moins, dans un premier temps, les enquêtes sont bâclées. Mais l’ambitieux J.Edgar Hoover entend, dès sa prise de fonction, étendre un empire policier sur l’ensemble des États-Unis. Personne n’échappera à ses griffes, au fichage généralisé par le futur FBI. Gare à ceux qui le sous-estiment. Même si c’est l’agent Tom White, sacré personnage, qui résout une grande partie de l’affaire, Hoover en tire un profit personnel.

Dans la dernière partie, David Grann détaille plusieurs aspects de ses recherches. Ce qui authentifie la complète véracité de cet étonnant dossier criminel. C’est en explorant l’ensemble du contexte, ce qu’a fait l’auteur, que l’on en mesure tous les enjeux, toutes les facettes. Énigmatique, cette série de meurtre fut planifiée avec une belle part de cynisme. Cette histoire se lit tel un fascinant polar, un captivant roman noir. Un ouvrage de haute qualité, à découvrir.

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