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WILLIAM GAY

Petite Sœur La Mort


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William GAY




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Né en 1950, David Binder est originaire du Tennessee. Après la guerre du Vietnam, il s’est marié avec Corrie, de cinq ans sa cadette. Ils ont eu une fille à la fin des années 1970, se sont installés à Chicago. Pendant quelques temps, David est à la fois ouvrier et écrivain. Il finit par trouver un grand éditeur pour son premier roman, vers 1980. L’ouvrage connaît un succès, à relativiser toutefois. Son deuxième manuscrit est effectivement mauvais, David doit le reconnaître. Son agente lui suggère d’entamer un roman plus commercial. Les histoires étranges et angoissantes se vendent bien. Dans un livre, il découvre celle de la jeune Virginia Beale, qui s’est déroulée environ un siècle plus tôt, dans le Tennessee.

En 1982, David décide de louer pour au moins six mois la propriété des Beale, dans le but de s’imprégner de l’ambiance. Selon l’agent immobilier, ces rumeurs de maison hantée ne reposent sur rien. Enceinte de leur deuxième enfant, Corrie n’est pas enchantée de vivre dans cette demeure. Leur fille Stephanie, mûre pour ses cinq ans et proche de son père, s’en accommode assez bien. Pour David, c’est un calvaire d’installer correctement une antenne de télévision, et climatiser l’intégralité de l’habitation apparaît impossible. Mais il ne se décourage pas. D’autant qu’il a retrouvé les traces de la première maison de cette famille Beale, qui fut rasée cent quarante ans plus tôt, suite à un drame.

Un vieil habitant de la région, Charlie Cagle, rappelle à David que la propriété des Beale connut une autre affaire bizarre, durant la décennie 1930. Son ami Owen Swaw, métayer, était marié et avait quatre filles. La chance leur sourit quand on leur offrit de loger dans la demeure des Beale, d’en exploiter les terrains, de bénéficier d’une part des récoltes. Mais Owen Swaw se dit bientôt que cette maison lui était hostile. Il eut des visions, imaginant un prédicateur et sa jeune sœur campant sur la propriété, entourés de serpents. Des hallucinations, sans nul doute, qui s’aggravèrent au fil du temps. Et qui plongèrent Owen Swaw dans un état délirant, ceci expliquant l’issue malheureuse de l’affaire.

David inclura sûrement cet épisode dans son roman, dont l’écriture avance bien. Lui aussi est victime d’hallucinations, croyant entendre une jeune fille chantonnant la nuit dans la maison. Un autre ouvrage historique raconte le parcours de Jacob Beale, au 19e siècle. Il fit souche dans le Tennessee, après un sombre scandale qui s’était produit ailleurs. Riche, il exploita le domaine avec rigueur. Hélas, des phénomènes inexplicables le harcelèrent rapidement. Même si le révérend Joseph Primm s’efforça de désensorceler les lieux par la prière, le fantôme logeant là poursuivait son œuvre. S’il existait un lien avec l’adolescente Virginia Beale, qui passait pour une sorcière, personne ne le comprit réellement…

(Extrait) “David produisait sur vous une forte impression : celle d’une détermination inébranlable, dont l’intensité était trop forte. Jamais il ne paraissait détendu. Corrie croyait fermement qu’il était capable d’accomplir tout ce qu’il avait décidé de faire. Même pendant la période où il était barbu et chevelu et traînait vêtu d’un vieux treillis de l’armée, il n’avait pas un instant perdu de vue qui il était, et ce qu’il était, et ce qu’il allait faire de sa vie.

Il était né pour écrire. À ce moment-là, il envoyait déjà des nouvelles à des revues littéraires, et on les lui retournait accompagnées d’un petit mot impersonnel de refus poli. Mais pour Corrie, de toute évidence, David était écrivain et le savait pertinemment : il attendait simplement que le monde dans lequel il vivait en prenne conscience – ce qui avait fini par se produire, à Chicago.”

Les légendes de sorcellerie sont universelles, qu’on les situe dans les Carpates, en Afrique noire, dans un château écossais, dans une région rurale française, au cœur du Tennessee ou ailleurs. D’où venaient les croyances alimentant ces contes maléfiques, ces mystères diaboliques ? Servirent-ils à effrayer les populations crédules, à désigner un fautif quand aucune autre explication ne semblait possible ? Et si, plus simplement, il était dans la nature humaine de s’inventer du danger, des actes intrigants prêtant à une interprétation surnaturelle ? À moins que, depuis des temps immémoriaux, de facétieux fantômes se complaisent à contrarier les vivants, sait-on jamais ? Alors, ils ne seraient malfaisants que par nos exagérations. À travers le monde, quel que soit le terroir, lesdites légendes peuvent s’avérer obsédantes, même pour des gens sains de corps et d’esprit.

Le héros créé ici par William Gay (1941-2012) lui ressemble par certains aspects. Là où l’auteur observe et décrit, son personnage d’écrivain s’implique bien davantage, se laisse influencer par le contexte historique et malsain. Probablement, dans un lointain passé, tel endroit fût-il le théâtre d’une affaire sordide, infiniment glauque. Qu’en reste-t-il ? Est-il pensable que des faits dramatiques se renouvellent périodiquement dans le même lieu ?… La préface de l’écrivain Tom Franklin nous éclaire sur "l’ambition littéraire" de William Gay. Sur le pragmatisme de sa vie en parallèle avec sa passion de l’écriture, en particulier. Si on conseille rarement de s’intéresser aux préfaces, celle-là mérite amplement d’être lue.

La collection "Seuil policiers" fait peau neuve, devenant "Cadre noir". Initiative destinée à élargir l’image d’une littérature qui ne se réduit pas à une seule catégorie de romans. Que l’on aime les enquêtes, les ambiances noires, toute forme de mystère ou de sujet plus sociologique, ce sont des thèmes variés abordés par le biais du suspense. Débuter cette nouvelle présentation avec un écrivain aussi remarquable que William Gay, via une histoire insolite construite et racontée superbement, un signe de bon augure pour "Cadre noir".

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